Sofie Gierts, une revanche douce-amère

Sofie Gierts est la meilleure joueuse belge de la saison. Une maigre consolation... Photo Belga.

On n’est pas en Belgique pour rien… Dimanche soir, le surréalisme était au rendez-vous lors de la remise des Sticks d’or, l’annuelle cérémonie qui consacre les meilleurs joueurs de hockey de la saison. Le trophée féminin est, en effet, allé pour la 6e fois – un record – à Sofie Gierts, 33 ans, qui, après avoir hésité à se déplacer jusqu’à Bruxelles, est bien venu chercher sa récompense. En souriant. « Parce que je voulais apporter ma pierre à la promotion de mon sport », a-t-elle dit.

Il y a six mois d’ici, l’Anversoise, on s’en souvient, avait été écartée de l’équipe nationale dans un grand fracas médiatique. Le staff des Red Panthers, le coach Pascal Kina en tête, soutenu par la fédération, avait prétexté une incapacité à se fondre dans le collectif et un comportement erratique de la part de la meilleure joueuse belge de l’histoire pour se justifier. Un vrai drame pour elle à quelques semaines des Jeux de Londres, surtout après avoir été l’une des principales artisanes de la qualification lors du tournoi préolympique de Kontich.

Pendant plusieurs semaines, Sofie Gierts, qui était devenue une vraie pestiférée, a contesté cette décision et réclamé sa justification qu’elle estime toujours n’avoir pas reçue. Mais rien n’y a fait. L’équipe nationale féminine a poursuivi sa préparation pour les JO et terminé 11e à Londres sans elle. On ne saura donc jamais si son apport aurait pu ou non lui faire gagner quelques places au classement…

A la vue du résultat du scrutin, il semble toutefois que le monde du hockey en soit persuadé et, même si elle s’en est élégamment défendue, le goût de la revanche a dû être savoureux pour elle. Car même si la joueuse de l’Antwerp a bénéficié d’une belle mobilisation de la part de ses plus chauds partisans (le Stick d’or est également désigné en partie par le grand public, mais son apport de voix est pondéré pour éviter les votes «dirigés»), elle ne l’aurait pas emporté si d’autres votants (dirigeants, capitaines, arbitres, journalistes, grands « anciens »…) ne lui avaient pas également témoigné de leur soutien. « Ils continuent à me surprendre ! », a-t-elle ajouté, le sourire (ironique) aux lèvres.

Ce Stick d’or, qu’elle a dédié à ses équipières de club, ne changera pas la vie de Sofie Gierts et ne lui fera pas oublier son grand chagrin de l’été – « Pas un jour ne passe sans qu’on me parle de ces Jeux manqués ». Mais quand on lui a demandé si elle pourrait un jour passer l’éponge et pardonner, elle n’a pas dit non. Tout en précisant que « pour que cela se fasse, il faudrait que l’on se parle ».

Sofie Gierts sait tout faire avec un stick. A commencer par renvoyer la balle dans le camp adverse !

Cette entrée a été publiée dans Hockey, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Sofie Gierts, une revanche douce-amère

  1. Tech dit :

    Belle analyse vue de l’extérieur. Mais quand on commence à connaître l’intérieur, on ne peut que ‘indigner par rapport à la gestion de l’affaire “Gierts” de la part de la fédé de hockey (ARBH)…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>