Londres, son stade Olympique fantôme…

Usain Bolt et les autres ne fouleront plus la piste du stade Olympique de Londres avant 2016. Au moins... Photo AP.

Défense de rire… Le stade Olympique de Londres, celui-là même où, il y a un peu plus de trois mois, Usain Bolt confirmait ses trois titres de 2008 en sprint, David Rudisha améliorait tout seul le record du monde du 800 m, Mo Farah doublait allégrement 5.000 et 10.000 m et Hans Van Alphen terminait 4e du décathlon, ne devrait plus accueillir de compétitions d’athlétisme – ni d’autres épreuves sportives d’ailleurs – avant… 2016 !

Fermée, cadenassée depuis la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques (tout comme l’ensemble du parc olympique, d’ailleurs, et ce jusqu’à la fin juillet 2013), la superbe enceinte de Stratford, dont la construction avait coûté la bagatelle de 468 millions de £ (580 millions d’euros) est appelée à subir des transformations lourdes qui devraient se monter à 180 autres millions de £ (223 millions d’euros). L’objectif est d’y ajouter des tribunes rétractables de manière à les rapprocher de la pelouse en empiétant sur les cinq premiers couloirs de la piste d’athlétisme, d’allonger le toit qui ceinture le stade et de construire des loges d’affaires pour permettre aux supporters d’un club de football locataire, West Ham en principe, d’être le plus près possible de l’action.

Ces aménagements architecturaux, qui ne devraient pas démarrer avant l’été 2013, auraient pu être réalisés d’entrée, lors de la construction du stade comme cela a été fait au Stade de France, à Paris-Saint-Denis , me direz-vous… Certes. Mais l’enveloppe budgétaire avec laquelle devaient se débattre les promoteurs de la candidature londonienne n’était pas assez épaisse à l’époque. On a donc préféré travailler en deux temps, quitte à ce que le stade soit complètement inutile et inutilisable pendant une nouvelle olympiade !

En attendant que West Ham se mette d’accord avec la « London Legacy Development Corporation » (chargée de la gestion post-olympique des installations) pour se répartir les frais de transformation des lieux, certains commencent à s’énerver. Ed Warner, le président la Fédération britannique d’athlétisme, frustré de voir ce superbe outil désespérément vide, a ainsi qualifié de « farce » la gestion de ce dossier.

« Quelle que soit l’option choisie, que l’on prenne une décision et que l’on avance !, a-t-il clamé. Nous avions un programme d’occupation du stade que nous souhaitions entamer dès 2014. Nous voulions y organiser une manche de la Diamond League, nos championnats nationaux, des compétitions pour enfants. Ce que nous voulons éviter, c’est que le stade Olympique de Londres ne rouvre après la cérémonie d’ouverture… des Jeux de Rio ! »

Boris Johnson, le maire de Londres, estime qu’il y a peu de chances que ce scénario se produise. Les plans actuels prévoient la fin des travaux à l’issue de l’été 2015. Mais des retards ne peuvent jamais être écartés. Et quand on sait que Londres doit organiser les Mondiaux d’athlétisme en 2017, on se dit que chaque mois de perdu sera un clou de plus dans le cercueil de Sebastian Coe, l’un des candidats putatifs à la succession de Lamine Diack, le président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qui joue sa crédibilité sur ce dossier… dont il n’est pas responsable.

Défense de rire, disait-on. Mais autorisation de pleurer!

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