Gaëlle Valcke, des Jeux à la réalité

Sur la touche pour le moment à cause d'une opération à la hanche, la hockeyeuse Gaëlle Valcke s'est immergée dans son travail à l'Office des Etrangers. Photo Belga.

“Première sortie sans béquille ;-) pompédup ! ” Sur sa page facebook, ce dimanche, Gaëlle Valcke n’a pas fait mystère sur son état d’esprit après avoir enfin pu se déplacer sans aide un bon mois après avoir été opérée de la hanche. La clé de voûte du Wellington et de l’équipe nationale féminine de hockey, avait dû se résoudre à passer sur le billard fin novembre pour faire extraire quelques morceaux de cartilage qui traînaient depuis trop longtemps à la jonction de son fémur et de son bassin.

« La douleur était lancinante et je ne parvenais plus à tenir physiquement tous les matchs, dit-elle. Surtout après les 18 mois très intensifs qui nous avaient conduites aux Jeux olympiques. Comme il y avait d’autres challenges qui se profilaient, on m’a fait comprendre qu’il valait mieux ne pas traîner avec l’opération. J’espère désormais pouvoir rejouer fin février. »

A près de 27 ans, la Bruxelloise, qui est en rééducation intensive, n’a pas encore envie de remiser le stick. Avec, déjà, les JO de Rio dans un coin de sa tête, elle a, comme les autres joueuses du coach Pascal Kina, commencé par cocher dans son agenda les championnats d’Europe prévus en août prochain à Boom. Mais, parce que le hockey féminin ne nourrit pas (encore ?) sa Red Panther, elle a aussi dû se pencher sur son avenir professionnel. Et celui-ci a pris, depuis septembre, des contours improbables et peu habituels pour une sportive de haut niveau, habituée à vivre dans un cocon.

Licenciée en sciences politiques et détentrice d’un master en relations internationales de l’ULB, Gaëlle Valcke a, en effet, été engagée à l’Office des Etrangers. Sur une liste d’attente depuis plus d’un an (elle n’avait logiquement plus sollicité d’emploi pendant la préparation olympique), elle a d’abord bénéficié d’un CDD de 4 mois, de septembre à décembre, avant de resigner pour une année de plus dans cet organisme qui traite les dossiers relatifs au droit d’asile.

« C’est une thématique qui m’interpelle et me tient à cœur depuis longtemps, avoue-t-elle. A l’université, j’avais notamment remis un travail sur l’immigration dans l’Union européenne. C’est pour cette raison que j’ai postulé pour cette place. D’autre part, je suis désormais dans une réalité à laquelle je n’avais pas accès, j’ai l’impression d’être dans le concret, dans l’actu. Et cela me permet, par ailleurs, d’élargir mes compétences en matière de législation des étrangers. »

Versée dans le département des longues procédures d’asile, elle n’est pas en contact direct avec les demandeurs qui sollicitent le droit de rester en Belgique. « Mon boulot consiste à examiner les dossiers des avocats et les arguments des enquêteurs avant de voir si le requérant entre dans les conditions pour être régularisé. A partir de là, j’élabore un dossier qui est transmis à la ministre (NDLR : Maggie De Block) qui accorde ou pas le droit d’asile. »

Gaëlle Valcke est consciente de l’énorme responsabilité qui est la sienne quand une demande arrive sur son bureau. Sa décision peut avoir un effet direct sur l’avenir d’un sollicitant. « C’est sûr qu’il y a un aspect humain, ajoute-t-elle. Mais je dois aussi veiller à appliquer les lois. Alors, si je suis obligée de mettre mes sentiments de côté, je veille à être extrêmement rigoureuse pour ne pas enlever à quelqu’un une chance d’être régularisé s’il y a droit ou, a contrario, d’en accorder à quelqu’un qui ne serait pas dans les conditions. »

Parallèlement à son activité professionnelle, Gaëlle Valcke pourrait également, à terme, se lancer dans la politique. Elle y a déjà goûté cet automne en se présentant aux élections communales, à Uccle, où, placée 12e (un clin d’œil à son numéro chez les Red Panthers) sur la liste cdH emmenée par Céline Fremault, elle a récolté 262 voix de préférence.

« A cause des Jeux, j’ai manqué de temps pour être présente sur le terrain avant le scrutin mais cela m’a permis de me plonger dans le bain et de vivre une chouette expérience humaine. J’ai envie de remettre ça mais je veux aussi me rendre crédible aux yeux des gens, ajoute-t-elle comme pour brouiller cette image d’ « attrape-voix » qu’on a voulu lui coller et qu’elle récuse. Dans les années à venir, j’aimerais m’associer à certains projets en matière de sport, santé ou jeunesse. »

Un défi citoyen de plus pour une sportive qui a de la matière entre ses deux oreilles.

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