Bart Swings, un espoir de médaille pour Sotchi

Bart Swings a fait sensation, ce week-end, aux championnats du monde "allround" à Hamar. Photo AFP.

Pour impressionner un Néerlandais, il faut généralement se lever tôt. Surtout quand on parle de sport. Et qui plus est d’une discipline où il estime être seul au monde, ou presque, comme le patinage de vitesse.

Pour réaliser la portée de l’exploit réussi ce week-end à Hamar, en Norvège, par le Belge Bart Swings, médaillé de bronze aux championnats du monde « allround » (où on additionne les résultats enregistrés sur 500, 1.500, 5.000 et 10.000 m), il faut donc jeter un œil sur l’interview réalisée par un journaliste de la NOS, la télé publique hollandaise, littéralement en extase devant cet « ovni » qui venait, sur 10.000 m, de terminer à 5 petits centièmes de Sven Kramer, le héros des plats pays, double médaillé olympique tant à Turin qu’à Vancouver. « J’ai moi-même été surpris », lui a timidement répondu son interlocuteur devant tant d’honneur.

Swings, c’est incontestablement l’homme qui monte en patinage de vitesse. Et, conséquemment, un réel espoir pour la délégation noir-jaune-rouge, l’an prochain aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi. « Au même titre que Seppe Smits, en snowboard, Bart est aujourd’hui un médaillable potentiel », affirme Philippe Préat, membre de la direction sportive du COIB, actuellement en mission à Brasov, en Roumanie, pour le Festival olympique de la jeunesse européenne (FOJE).

Il y a un peu plus de trois ans d’ici, cet athlète originaire de Herent, dans le Brabant flamand, âgé de 22 ans, n’avait sans doute pas imaginé se retrouver dans la position qui est la sienne aujourd’hui. A l’époque, il se consacrait (plutôt bien) essentiellement au patinage en ligne… sur roulettes, sa vraie spécialité, où il a déjà conquis 8 titres mondiaux et 16 titres européens. Mais l’appel des Jeux olympiques, où sa discipline n’est pas reconnue aux Jeux d’été (mais elle figure parmi les 8 sports candidats – pour une place – à faire leur entrée au programme olympique à partir de 2020), étant irrésistible, il s’est mis à patiner sur glace à partir de l’hiver 2010-2011 pour espérer, tant qu’à faire, aller aux Jeux d’hiver.

« Sa réussite a été immédiate, rappelle encore Philippe Préat. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à combiner le patinage de vitesse avec le patinage en ligne (ou skeeler). Lundi prochain, il devrait ainsi être officiellement sélectionné pour les World Games (NDLR : une compétition multisports pour disciplines non-olympiques) de cet été qui auront lieu à Cali, en Colombie. »

Ses deux sports de prédilection présentant de nombreuses similitudes, Swings n’est pas premier patineur en ligne à tenter sa chance sur la glace. L’un de ses plus proéminents prédécesseurs est l’Américain Chad Hedrick qui, avant d’être médaillé d’or sur 5.000 m aux Jeux olympiques de Turin, avait, lui aussi, pratiqué essentiellement le roller. De là à lui prédire le même destin, il y a un pas qu’il est peut-être prématuré de déjà franchir…

En se lançant sur la glace, Bart Swings, étudiant ingénieur civil à la KUL quand il n’est pas sur ses patins, avait surtout misé sur une progression à long terme, censée l’amener au plus haut niveau aux Jeux de PyeongChang, en 2018. Mais il s’est étonné lui-même en accumulant, cet hiver, les bons résultats, dont une première place sur un podium dans une manche de Coupe du monde et une 5e place aux championnats d’Europe allround avant l’apothéose de ce dimanche à Hamar. Une progression qu’il attribue en grande partie au Néerlandais Bart Veldkamp, l’homme qui, à l’époque où il patinait sous pavillon belge, avait décroché une médaille de bronze aux Jeux de Nagano. Depuis cet hiver, c’est lui qui l’accompagne sur le plan technique.

« Je lui dois beaucoup, avoue Swings qui, pour sa préparation physique s’en remet à Jelle Spruyt, l’homme qui le suit également en été. Techniquement, j’ai énormément progressé grâce à lui. »

Swings, qui a emmené dans sa foulée son frère Maarten mais aussi Ferre Spruyt et Wannes Van Praet, d’autres patineurs en ligne qu’il aimerait voir se qualifier avec lui pour l’épreuve de relais olympique, a encore faim de victoires cet hiver. Dans un mois, il s’attaquera aux championnats du monde par distance, son objectif n°1 de la saison. A peine débarqué de Norvège, ce lundi matin, plutôt étonné du retentissement de son résultat, il est vite rentré chez lui pour reprendre les entraînements.

Comme quoi, on peut être performant sans être jamais rassasié !

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