Yuhan Tan, au nom de tous les joueurs de badminton

L'été dernier, Yuhan Tan avait disputé ses premiers Jeux olympiques. Désormais, le voilà membre de la commission des athlètes de la Fédération mondiale de badminton. Photo Belga.

En badminton, l’absolution peut être aussi rapide que la vitesse que met un volant lorsqu’il vient d’être frappé par une raquette – 300 km/h ! Ce week-end, la plupart des meilleurs joueurs mondiaux élisaient leurs représentants pour quatre ans à la commission des athlètes de leur fédération internationale (BWF). Et, parmi les grands vainqueurs de ce scrutin organisé lors de deux grands tournois du calendrier – le German Open et le All England Open -, on retrouve l’Indonésienne Greysia Polii.

Ce nom ne vous dit rien ? Normal. Il aurait dû tomber dans l’oubli après les Jeux de Londres. Cette joueuse, âgée de 25 ans, faisait, en effet, partie des huit « baddeuses » convaincues d’avoir volontairement laisser filer un match de poule lors du dernier tournoi olympique de badminton pour bénéficier d’un tirage favorable dans le tableau final. Et, comme cela s’était vu et su, elle avait, comme les autres, été exclue des Jeux. L’affaire, à l’époque, avait fait grand bruit. C’était « le » scandale de la quinzaine olympique, une vraie gifle à l’éthique. Une gifle qui n’allait cependant pas faire trop mal à Polii et à son équipière de double puisque la Fédération indonésienne, allait lever leur suspension deux mois plus tard.

Un nouveau pas a donc été franchi ce week-end. Soutenue par sa fédération, Greysia Polii, qui avait décidé de se présenter parce qu’elle estimait qu’elle avait été traitée injustement à Londres, a été élue par ses pairs pour les représenter auprès des plus hautes instances de la BWF avec 129 voix (sur 270 votants), le plus haut score chez les femmes.

« C’est vrai que c’est un résultat étonnant, admet Yuhan Tan. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions péremptoires. Les gens ne l’ont pas élue parce qu’elle a été exclue des JO, mais bien parce qu’on ne pouvait voter que pour une seule femme et que ses deux adversaires, une Ecossaise et une Chinoise, n’étaient pas particulièrement populaires. »

YuhanTan, lui, a, au contraire, pu mesurer combien il était apprécié par les siens. Le gaucher limbourgeois, âgé de 25 ans, présent cet été pour représenter la Belgique à Londres en compagnie de sa sœur, Lianne, (il avait perdu ses deux matchs de poule) s’était laissé convaincre par la Fédération belge de tenter sa chance. Et, après s’être lancé avec passion dans la bagarre à partir du début du mois de janvier « par amour et par intérêt pour mon sport », il a réussi, notamment après un travail de lobbying via les réseaux sociaux, le plus beau score des cinq candidats masculins à ces élections à la commission des athlètes de la BWF : 139 voix !

« Pour moi, c’est une petite surprise, dit-il, un peu gêné. Plus d’un joueur sur deux a voté pour moi ! »

Tan présentait, il est vrai, quelques atouts. D’abord, il provenait d’un « petit » pays et ne faisait de l’ombre à personne. Ensuite, avec ses origines indonésiennes, il savait qu’il pouvait compter à la fois sur des voix européennes et asiatiques, les deux plus gros continents du badminton. La conjonction de tous ces facteurs a été déterminante.

« Cette commission des athlètes existe depuis 2008, explique-t-il, mais, jusqu’à présent, elle est restée très passive. Je veux aider à réveiller les consciences, parce que les joueurs doivent avoir leur mot à dire. J’aimerais améliorer certaines choses spécifiques, notamment sur le plan pratique pour les baddeurs dans les tournois. »

Yuhan Tan n’est pas le premier sportif belge à s’investir pour les siens dans sa discipline. En tennis de table, Jean-Michel Saive fait également partie de la commission des athlètes de sa fédération internationale et, à l’époque où elle était sprinteuse, Kim Gevaert avait été élue à ce poste à l’Association européenne d’athlétisme.

Pour Yuhan Tan, désormais, il faudra juste trouver un peu de temps dans son agenda hyper-chargé. Car depuis qu’il est revenu des Jeux, il a courageusement et brillamment repris ses études de médecine à l’Université de Maastricht. Ce qui ne l’a pas empêché, tout comme sa sœur, étudiante en dentisterie, de rafler, entre un entraînement et un tournoi à l’étranger, le titre national, il y a un mois, un sixième en ce qui le concerne.

Entre les grandes échéances et les grosses responsabilités, il reste quelques petits plaisirs qui ne se refusent pas !

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