François De Keersmaecker, l’homme qui a toujours la flamme

François De Keersmaecker revient à la charge au COIB et aura le soutien du président Pierre-Olivier Beckers. Photo Belga.

On peut reprocher beaucoup de choses à François De Keersmaecker, le président de l’Union belge de football, mais pas d’être rancunier. Il y a quatre ans, il avait subi un terrible affront lors de l’assemblée générale élective du Comité olympique et interfédéral belge (COIB) en ne récoltant que 30 ridicules petites voix sur un total possible de 95 ; et celui qui, à l’époque, était encore directeur de la plus grosse fédération du pays, Jean-Marie Philips, avait fait encore moins bien avec seulement 27 voix. De toute évidence, les footballeurs n’étaient pas les bienvenus au conseil d’administration du COIB…

Aujourd’hui, à un mois et demi de l’assemblée générale qui désignera le nouveau CA pour l’olympiade qui s’achèvera avec les JO de Rio, l’avocat malinois a pourtant choisi de remettre ça. Le 31 mai, il figurera parmi les 11 candidats du rôle linguistique néerlandophone qui tenteront de décrocher l’un des sept sièges à leur disposition.

« C’est une bonne chose, précise Pierre-Olivier Beckers, le président sortant (et seul candidat pour le poste le plus important) du COIB. Il est très intéressant pour un comité national olympique (CNO) d’avoir à sa table la plus grande fédération de son pays. »

Celui qui, dans le civil, est le patron du Groupe Delhaize, ne fait pas de mystère sur sa volonté de voir revenir le football au sein du CA du COIB, où il n’est plus représenté depuis 2005, après le départ à la retraite de feu François Narmon. Parce qu’une fédération qui « pèse » plus de 420.000 membres, c’est forcément une entité qu’il vaut mieux avoir avec soi que contre soi.

« Dans tous les CNO du monde, le foot a du mal à passer, se rend-il pourtant compte. Il génère, de la part des autres fédérations, une certaine jalousie, parce qu’il a de la visibilité, une omniprésence médiatique, des moyens financiers et une proximité avec le monde politique. Cette attitude est ridicule parce que tous ces éléments-là peuvent être des éléments de force. »

François De Keersmaecker est, lui aussi, conscient du manque de popularité qu’il pourrait susciter auprès de ses collègues. « Quand je lis les journaux et que je vois la place que prend le football dans les pages sportives, je peux très bien me mettre à leur place… » Mais au lieu de faire étalage de sa toute puissance, arguant du fait qu’il vient, lui aussi, d’un petit club – « Le Sporting Tisselt » – il préfère la jouer collectif. « Faire cavalier seul ne m’intéresse pas, assure-t-il. Je préfère que l’on utilise notre popularité pour réaliser quelque chose en commun avec les autres sports. Nous avons la possibilité de mettre tout notre poids dans beaucoup de dossiers. »

Comme Beckers, De Keersmaecker estime qu’il est anormal que la plus grande fédération soit absente du CA du Comité olympique, avec lequel les relations se sont fort détendues ces derniers temps, notamment suite à la création de la Cour belge d’arbitrage pour le sport, nouvel organe indépendant, auquel l’Union belge apporte son soutien financier. De plus, tout comme en 2008, à Pékin, le football a fait de Rio 2016 un véritable objectif pour ses Espoirs et être « dans la place » devrait faciliter bien des choses dans la construction de ce projet.

Le président de l’URBSFA affirme, par ailleurs, avoir retenu les leçons de son échec de 2009. « Nous avions fait une erreur stratégique en présentant deux candidats, un dans chaque rôle linguistique, reconnaît-il. Ce n’était pas malin. On ne le fera plus. » Dans les prochains jours, il enverra une lettre de motivation à toutes les fédérations sportives du pays, celles qui détiendront les clés du vote du 31 mai.

Une chose est cependant certaine. S’il est élu ce jour-là, François De Keersmaecker ne pourra pas remercier de vive voix ceux qui lui auront fait confiance. « Je suis un peu embêté, reconnaît-il. Au même moment se déroule, en effet le congrès de la Fifa, à l’île Maurice et il est impensable que je n’y sois pas… »

Il y a des choix, effectivement, qui ne se discutent pas…

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