Pour Lionel Cox, le règlement n’est plus le règlement

Lionel Cox a dû s'adapter à un nouveau système de compétition depuis sa médaille d'argent des Jeux de Londres. Avec succès. Photo Belga.

Pour apprécier la puissance médiatique des Jeux olympiques, Lionel Cox est sans doute l’homme le mieux placé. Avant ceux de Londres, le tireur liégeois était un parfait inconnu, qui baladait sa carabine de compétition en compétition sans émouvoir grand monde. Il a suffi d’une journée de grâce dans la capitale britannique et d’une médaille d’argent gagnée en tir à la carabine 50 m couché pour en faire un héros national, un rôle qu’il a apprécié et dont il a goulûment profité pendant les six derniers mois de l’année 2012, allant de réception en réception et d’interview en interview avec une rare disponibilité.

Aujourd’hui, les choses sont – presque – revenues à la normale. S’il est encore demandé de temps à autre pour venir raconter son expérience, comme ce samedi à Louvain-la-Neuve, où il s’est exprimé avec d’autres olympiens face à une assemblée de sportifs et d’espoirs sportifs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Cox est, en revanche, beaucoup moins sollicité par les médias. Ainsi, il y a deux semaines, sa 3e place obtenue lors de la manche de Coupe du monde de Changwon, en Corée du Sud, qui constituait son meilleur résultat international depuis les Jeux, est passée pour le moins inaperçue.

« C’est vrai que tout s’est un peu calmé », reconnaît-il sans trop d’amertume.

S’il a l’impression que ses adversaires le considèrent aujourd’hui comme « un concurrent plus sérieux » et que son résultat londonien a éveillé l’attention de distributeurs de matériel dans son sport – « Je vais bientôt signer un contrat avec un nouveau fournisseur de munitions » – le vrai changement, en fait, est survenu dans le règlement de sa discipline que sa Fédération internationale, soucieuse de se remettre en question pour ne pas perdre éventuellement son accréditation olympique, a voulu rendre plus spectaculaire en compliquant (un peu) la vie des tireurs.

« Depuis le 1er janvier 2013, explique-t-il, dans la phase initiale, on compte tous les coups à la décimale alors qu’auparavant, on ne le faisait qu’à partir de la finale. Par ailleurs, après les 60 premiers coups, les huit meilleurs tireurs sont sélectionnés pour la finale… où on remet aujourd’hui les compteurs à zéro et où on procède par tours éliminatoires, en sortant chaque fois le dernier de chaque tour, pour arriver à une finale à deux. »

S’il avait été appliqué aux Jeux de Londres, ce système de compétition aurait été fatal au Belge. Car s’il était arrivé deuxième après les éliminatoires avec un total remarquable de 599 sur 600, dans la finale (où il avait, comme les autres, pu conserver ses points) il avait été nettement moins brillant et n’avait dû son salut qu’à l’excellence de son parcours initial.

« Une compétition n’est pas l’autre, argumente-t-il. A Changwon, j’avais terminé 6e de l’épreuve qualificative et, grâce au nouveau règlement, je suis remonté à la 3e place en finale ; à l’inverse, en mars, au GP du Koweït, j’étais « rentré » 3e et j’ai fini 6e. Mais il est évident que ce système, qui sera d’application aux Jeux de Rio, est beaucoup plus cruel que le précédent. Un tireur qui a fini 1er en qualifications peut très bien être sorti au premier tour de la finale. C’est d’autant plus stressant que l’on a également moins de temps qu’auparavant pour boucler son premier parcours de 60 balles : 50 minutes au lieu de 75… »

Pour appréhender cette nouvelle manière d’exercer sa discipline, Lionel Cox, 2e mondial de sa discipline, affirme ne pas avoir modifié grand-chose dans ses habitudes. « Je bénéficie juste d’un peu plus de dispenses de service chez mon employeur (NDLR : il est inspecteur du travail à la Région bruxelloise) pour aller en compétition mais je n’ai pas de congé supplémentaire ». Une latitude qu’il mettra à profit pour tenter de briller lors des prochaines manches de Coupe du monde à Fort Benning (Etats-Unis), Munich et Grenade et, surtout, aux championnats d’Europe prévus cet été en Croatie, où il doublera 50 et 300 m. Le moins discrètement possible, on l’espère pour lui…

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Une réponse à Pour Lionel Cox, le règlement n’est plus le règlement

  1. leclercq dit :

    Lionel COX a fait 8° de la finale des championnats d’Europe qui se déroulent actuellement. Demain, il tirera le classement pour la finale en 300 m couché après avoir tiré 598/600 aujourd’hui en se classant 2°.
    Jean-Luc LECLERCQ
    Sportif pratiquant commission provinciale de Liège.

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