Maxime Richard, le retour de la pagaie

Maxime Richard a déjà Rio en tête. Avec l'idée d'y arriver en finale. Photo Belga.

Maxime Richard a déjà Rio en tête. Avec l’idée d’y arriver en finale. Photo Belga.

Il avait quitté le plan d’eau des JO de Londres « ni vraiment déçu ni franchement satisfait » après avoir décroché une honnête 13e place lors de l’épreuve de 200 m en kayak en ligne en août dernier. « J’aurais voulu être au maximum de mes capacités et je n’ai pas eu l’impression d’y être arrivé, reconnaît honnêtement Maxime Richard. Sans doute, en partie, à cause du stress mais aussi parce que j’avais, en mai, laissé pas mal d’énergie lors des épreuves de qualification, à Poznan. Je n’ai pas réussi à repasser le cap. »

Cette énergie dépensée, on s’en souvient, avait surtout été mentale. Car pour se qualifier pour les Jeux lors de cette compétition de la dernière chance, le Dinantais avait dû « emprunter », en dernière minute, un kayak de l’organisation. Le sien, son outil de travail qui était adapté à son gabarit, n’avait pas résisté au voyage vers la Pologne après être tombé de la remorque à laquelle il avait été de toute évidence mal arrimé… Boosté en partie par l’adrénaline qui l’avait inondé suite à cette mésaventure, il n’en avait pas moins remporté l’épreuve, lui, le spécialiste de la descente de rivière reconverti !

Aujourd’hui, fort de cette expérience, « Max », 25 ans, est reparti pour une nouvelle olympiade. Comme d’habitude, il l’a fait sans bruit, là-bas, chez lui, en bord de Meuse, accompagné de Marc, son père, avec qui il forme un binôme indestructible, et soutenu par la cellule haut niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nouveau programme, nouveau calendrier de compétition et nouveaux défis. Avec comme premier objectif prioritaire, une qualification directe pour les JO de Rio qu’il décrochera s’il se classe parmi les 8 premiers des Mondiaux 2015. Une échéance encore relativement éloignée mais qu’il faut préparer dès maintenant.

Les premiers résultats – encourageants – sont tombés la semaine dernière à Szeged, lors de le manche hongroise de Coupe du monde, où il a fini 11e sur 200 m et 5e sur 500 m. « J’aurais pu arriver en finale A sur 200 m si je n’étais pas tombé dans la plus relevée des quatre demi-finales, explique-t-il. Les deux hommes qui ont fini devant moi ont terminé 1er et 3e de la finale. » Ce week-end, c’est à Radice, en République tchèque, qu’il tentera de prendre la vague avec plus de percussion encore. « Mais le temps fort de la saison, ce sera les Mondiaux, à Duisbourg, au mois d’août, ajoute-t-il. Où j’aimerais gagner quelques places par rapport aux Jeux en atteignant, si possible, la finale A » (NDLR : qui se dispute avec 8 bateaux).

Pour y arriver, il a mis les bouchées doubles depuis la reprise des entraînements, notamment dans son travail de musculation. Après s’être plaint, à Londres, d’être encore un peu léger pour sa discipline avec ses 74 kg tout mouillé, il en a déjà gagné 3 rien qu’en soulevant plus de fonte. « C’est bien mais pas encore suffisant, assure-t-il. Je dois arriver à 80 kg. Mais j’ai bien progressé en lever de barres. Avant les Jeux, j’étais à 120 kg en développé-couché ; aujourd’hui, j’en suis à 145 kg. »

Pourtant, comme il le souligne malicieusement, Maxime Richard ne fait pas (encore) de bodybuilding – « L’objectif, ce n’est pas de se mettre torse nu sur la plage pour impressionner les filles ! » Le gain de poids, nécessaire pour « en mettre dans la pagaie » doit aller de pair avec un travail technique dans le kayak parce que « le plus dur, c’est de prendre de la masse musculaire tout en gardant sa glisse. »

Formé, on l’a dit, à l’école de la rivière, il prétend se focaliser désormais sur la ligne. Mais il lui arrive encore de retourner à ses premières amours, même si c’est parfois par obligation « quand il y a trop d’eau sur la Meuse ». « Quoi qu’il arrive, c’est toujours un plus parce que le fait de pagayer contre le courant développe la puissance ! » L’hiver dernier, il s’est autorisé quelques compétitions nationales en eau vive. Et n’écarte pas tout à fait la possibilité, cette année, de prendre part aux Mondiaux, en juin, en Slovénie. « D’ici Rio, c’est la seule année où je pourrai me le permettre… »

Parce qu’un différend l’oppose depuis 2010 au coach de la Fédération flamande, Carlos Prendes, qui exigeait qu’il quitte son encadrement et la Fédération francophone et vienne loger et s’entraîner de manière permanente à Hazewinkel s’il voulait continuer à constituer un équipage avec (le Flamand) Olivier Cauwenbergh, Maxime Richard, qui avait refusé de céder à ce chantage, reste isolé en Wallonie. Mais cette situation, assure-t-il, ne lui pèse pas.

« Cela avait été dur la première année, rappelle-t-il, mais aujourd’hui je m’y suis habitué. Je suis persuadé d’avoir trouvé la formule idéale et qu’avec mon père, nous sommes dans le bon. Et puis, si j’ai vraiment envie de trouver d’autres conditions de travail et un groupe qui peut avoir un effet d’entraînement, je sais que je suis toujours le bienvenu en France, à Toulouse ! »

Entre le cassoulet et les carbonnades, il a choisi…

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