Laurence Rase, une ambition sportive

Laurence Rase a arrêté la compétition en 2009. Mais elle reste très présente dans les arcanes du taekwondo et du sport belges. Photo Belga.

Laurence Rase a arrêté la compétition en 2009. Mais elle reste très présente dans les arcanes du taekwondo et du sport belges. Photo Belga.

Pour bon nombre de sportifs de haut niveau, quand arrive l’heure de la «deuxième vie», le « trou noir » n’est jamais très loin. Après des années d’excitation et d’exposition, pendant lesquelles ils ont souvent vécu à cent à l’heure, arriver à se poser sans casse et trouver du sens à une nouvelle occupation est un défi extrêmement délicat à relever.

Pour Laurence Rase, la question du reclassement ne s’est posée que pendant très peu de temps lorsqu’elle a décidé, en 2009, d’arrêter le taekwondo, sport dont elle était, en Belgique, la figure emblématique depuis une dizaine d’années. Elle avait 32 ans à l’époque, une longue et belle carrière derrière elle, marquée notamment par un quart de finale aux JO 2004, deux médailles mondiales et deux autres européennes (dont une en or en 2006) et, avec ce CV sportif, doublé d’un brillant parcours académique – une licence en sciences politiques de l’Université d’Anvers et une autre, en droit, de l’Université de Liège – elle avait, il est vrai, peu de soucis à se faire…

« Pour moi, il était évident, à l’époque, qu’il était temps d’arrêter, évoque-t-elle. J’ai peut-être même fait une année de trop… Je sentais que j’avais mal partout, que je manquais de plus en plus de souplesse. A 30 ans, on commence aussi à réfléchir aux risques que l’on inflige à son corps. C’est pour ça que, par ailleurs, j’ai refusé d’intégrer le projet de l’équipe de bobsleigh féminin pour lequel j’avais été approchée ; j’avais le profil, j’étais explosive et assez lourde, mais je m’estimais trop abîmée. Et puis, j’avais aussi envie d’un enfant ! »

Un vœu qui allait se réaliser en décembre 2010 avec la naissance d’Arthur.

Entre-temps, après avoir passé les indispensables diplômes d’entraîneur du Bloso, Laurence Rase, aujourd’hui établie à Bavegem, en Flandre orientale, avec son compagnon Stijn Morand, entraîneur de l’équipe féminine de volley-ball VDK Gand, qui vient d’être sacrée championne de Belgique, est devenue responsable du haut niveau à la Ligue flamande de taekwondo (VTB). Un poste qu’elle occupe toujours et où elle commence à recueillir les premiers fruits de sa politique puisque 8 athlètes ont désormais intégré le sport-études à Anvers. Parmi eux, Achab Jaouad, néo-Belge de 20 ans (il a obtenu sa naturalisation cette année), un petit gabarit (moins de 63 kg) d’origine marocaine qu’elle verrait bien aller aux Jeux de Rio, en 2016.

« Il en a tout à fait les moyens, assure-t-elle. Cette année, il a remporté les opens d’Allemagne et d’Espagne et pourrait surprendre, dans un mois, aux Mondiaux, à Puebla, au Mexique. C’est un garçon qui a faim d’apprendre. Moi, j’aime ça. Je suis là pour transmettre. »

En opposition au système francophone, plutôt basé, selon elle, « sur des opportunités », Laurence Rase a opté, au nord du pays, pour un système centralisé. Elle s’est entourée d’un entraîneur et d’un préparateur physique qui s’occupent du « day to day » des élites et se rend, en moyenne, deux fois par semaine aux entraînements fédéraux parce qu’elle entend rester en contact avec le terrain.

« Ce job me comble, même s’il me procure beaucoup de stress. Je veux prouver ce que je vaux, même si c’est à un micro-niveau ; j’ai, pour mes athlètes, des ambitions de médailles d’or. Nos entraînements sont de très bonne qualité ; il y a désormais des grosses nations qui viennent y participer. »

Même si elle, par ailleurs, aidé à mettre de l’ordre et de la structure dans le salmigondis que représente le taekwondo en Belgique, Laurence Rase, 36 ans, n’est pas active que dans son milieu naturel. Pendant 8 ans, avec un engagement sans faille, elle a occupé un siège à la Commission des athlètes du COIB, poste qu’elle devra désormais abandonner car elle n’entre plus dans les critères – « C’est d’autant plus normal que je réfléchis désormais plus en tant qu’entraîneur qu’en tant qu’athlète » – mais qui lui a ouvert d’autres portes comme celles de la Commission de sélection du COIB et de la Cour belge d’arbitrage pour le sport, où elle est secrétaire générale.

« Des expériences qui ont toutes valu le coup », dit la Montoise d’origine, qui n’hésite pas à décliner d’autres ambitions qu’elle pourrait avoir à terme au vu de ses références. « Le COIB, bien sûr, quand j’aurai une fédération sérieuse derrière moi, mais aussi, pourquoi pas ?, le Bloso ou l’Adeps ou un cabinet ministériel » (NDLR : elle a déjà travaillé auprès de Claude Eerdekens quand il était ministre des Sports de la Communauté française).

Une chose semble certaine : le sport belge n’a pas encore fini d’entendre parler de Laurence Rase.

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