Pour les Panthères, il n’a manqué qu’un coup de griffe

Après un match exemplaire, Anouk Raes vient de louper à son tour son shoot-out. La gardienne allemande jubile après avoir tant tremblé. Photo Belga.

Après un match exemplaire, Anouk Raes vient de louper à son tour son shoot-out. La gardienne allemande jubile après avoir tant tremblé. Photo Belga.

On connaissait déjà les larmes de crocodile. Ce jeudi soir, on a découvert ce qu’étaient les larmes de panthère. Elles ont été nombreuses, en effet, les joueuses de l’équipe nationale belge de hockey à en déverser après le résultat sans doute le plus frustrant de leur carrière. Une élimination en demi-finale de « leur » Euro face à l’Allemagne après l’impitoyable exercice des shoot-out, où le contrôle des nerfs est aussi important que celui de la technique. Et comme, pour la plupart d’entre elles, les nerfs avaient lâché deux minutes plus tôt, lorsque les Allemandes avaient égalisé tout en bout de rencontre, cela n’a été, pour ces dernières, qu’une simple formalité.

L’injustice, en sport, est une donnée inévitable ; c’est ce qui le rend souvent palpitant et provoque des émotions que l’on rencontre dans peu d’autres domaines. Les Red Panthers de l’entraîneur Pascal Kina méritaient mille fois la qualification pour la finale. Elles l’ont eue à plusieurs reprises au bout de leur stick, surtout en deuxième période où elles n’ont pas lâché un pouce de terrain, ont étouffé leurs adversaires et ont inquiété à plus d’une reprise la gardienne allemande. Jill Boon et Charlotte De Vos ont chacune inscrit un but après l’auto-goal malheureux d’Anne-Sophie De Scheemaekere et on a longtemps cru qu’un troisième allait tomber tant la domination belge était totale. Mais le coup de griffe fatal n’est jamais venu. Et à deux minutes de la fin, il y a donc eu ce penalty corner, le premier et dernier du match, qui a permis aux Allemandes d’égaliser. Avant l’issue que l’on sait.

Ce ne sera sans doute pour elles qu’une maigre consolation, mais on reste subjugué par le niveau que ces filles ont réussi à atteindre en très peu de temps. En novembre 2010, lors de leur premier stage préolympique, à Lanzarote, rien ne laissait présager, en effet, qu’elles réussiraient à se hisser à la hauteur de ce qui est exigé pour jouer un rôle en vue au niveau international. La volonté était bien là, l’envie et l’émerveillement de la découverte d’un monde qu’elles ne connaissaient pas, aussi, mais, dans les faits, on voyait que le travail à fournir était énorme. Même avec l’exemple de leurs collègues masculins, qui étaient déjà quelques étapes plus loin, cela ressemblait à une montagne bien compliquée à escalader.

L’arrivée de Pascal Kina à la tête du groupe et la mise en place d’une structure aussi professionnelle que celle des Red Lions a tout changé. Les exigences se sont intensifiées avec, parfois, comme conséquences, des clashs mémorables. Une 5e place à l’Euro 2011 à Mönchengladbach puis, surtout, cette qualification inattendue mais méritée pour les JO de Londres lors de l’inoubliable tournoi de Kontich, en mars 2012, ont servi d’accélérateurs. Et la 11e place (sur 12) aux Jeux, a aiguisé les appétits.

Des résultats qui sont le fruit d’une vision. Celle de l’Association royale belge de hockey (et de son directeur technique Bert Wentink) qui, grâce à ses partenaires financiers et au COIB, a su dégager des moyens pour mettre en place sa politique à tous les échelons, des jeunes aux seniors, tant chez les hommes que chez les femmes… au risque de ne plus pouvoir, aujourd’hui, répondre aux demandes d’affiliation parce que les infrastructures demandent grâce !

Pour en revenir aux Red Panthers, les chiffres ne mentent pas. Lors de l’introduction du ranking mondial, en 2003, elles pointaient en 28e position et étaient 12es en Europe ; lors du dernier classement, il y a deux mois, elles étaient 13es mondiales et 4e européennes.

Leur jeu, on l’a dit, a gagné en intensité, en volume, en qualité technique depuis Londres. Leur condition physique s’est encore améliorée. S’il reste des leaders, elles ne sont plus inamovibles car le niveau général du groupe, qui n’a jamais semblé aussi soudé, s’est élevé grâce à l’apport de jeunes arrivées sans complexe dans un groupe qu’elles ont forcément bonifié. Et dire que leur moyenne d’âge est inférieure à 23 ans…

Tout cela suffira-t-il pour battre les championnes olympiques néerlandaises, ce samedi, dans le match pour la 3e place ? On n’oserait le jurer mais sur ce que l’on a vu jusqu’ici, ce ne serait sans doute que partie remise.

Et si elles devaient y arriver, leur médaille de bronze aurait une petite teinte dorée.

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Une réponse à Pour les Panthères, il n’a manqué qu’un coup de griffe

  1. llobet Sophie dit :

    Félicitation à cette équipe ( joueuses et Staff ) qui depuis 2003 ne cesse de progresser.. bravo et bonne chance pour la demi finale.
    Sophie llobet
    Entraineur Equipe de France feminine de Hockey

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