Borlée – Ligue francophone : tous perdants

Jacques Borlée a effectué une violente sortie contre sa fédération, vendredi, au Mémorial Van Damme. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Photo Belga.

Jacques Borlée a effectué une violente sortie contre sa fédération, vendredi, au Mémorial Van Damme. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? Photo Belga.

La sortie de Jacques Borlée contre sa fédération (LBFA), vendredi soir, à l’issue du Mémorial Van Damme a relancé une guerre de tranchées et d’egos qui n’en finit plus de s’éterniser depuis des mois, voire des années entre l’entraîneur bruxellois et ses dirigeants. Outre le fait qu’elle aurait pu être effectuée à un autre endroit et à un autre moment (on suppose que les organisateurs du meeting de la Diamond League n’avaient pas imaginé que celui-ci puisse servir de tribune à un règlement de comptes d’une portée très locale…), elle risque bien de laisser des traces indélébiles et de déboucher sur ce divorce agité comme une menace par l’un et – presque – souhaité par les autres…

Qui a tort ? Qui a raison ? Dans cette affaire, où les protagonistes balancent leurs arguments sans aucune retenue, il est difficile de faire sereinement le tri des infos et de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. La seule chose qui semble claire, c’est que l’incompatibilité entre les deux camps est devenue totale, chacun s’arc-boutant sur ses arguments en ignorant ceux des autres.

Commençons par Jacques Borlée. Si (presque) personne ne conteste ses compétences ni la valeur des résultats qu’il a obtenus depuis une petite dizaine d’années, si on ne peut nier sa volonté de toujours vouloir le meilleur pour ses athlètes, pour lesquels ce meneur d’hommes se remet constamment en question avec l’équipe qui l’entoure pour trouver les méthodes d’entraînement les plus performantes, ses exigences sans cesse plus élevées commencent, elles, à poser problème. Jacques Borlée, que ce soit volontaire ou non, donne l’impression de n’être jamais content, de chercher constamment le conflit, et on peut se demander dans quelle mesure les tensions permanentes qui existent entre la LBFA et lui ne rejaillissent pas sur le moral de ses troupes.

Après avoir obtenu une indépendance totale sur son mode de fonctionnement avec ses enfants et la permission de gérer comme il l’entend son budget (dans les limites de l’enveloppe qui lui est allouée par la Fédération Wallonie-Bruxelles s’entend), ce qui est un « cadeau » dont il ne se rend pas compte de la valeur, il entend désormais déterminer la manière dont sera choisi le prochain responsable du haut niveau, ce « pare-chocs » entre la direction technique et les athlètes d’élite francophones. En clair, outre quelqu’un de compétent, il souhaite quelqu’un qui lui sied. Il se plaint, par ailleurs, de ne plus avoir été payé depuis le début de l’année, ce qui est exact… mais de sa faute. Si la convention qu’il devait signer avec la LBFA ne l’a toujours pas été, c’est parce que la proposition qu’il devait rédiger avec son avocate n’est parvenue au président de la LBFA que jeudi dernier. L’affaire allait être réglée sous peu. Son éclat de vendredi va sans doute encore retarder les choses…

Poursuivons par la fédération. Son incapacité à gérer son entraîneur le plus performant est pour le moins troublante. Alors qu’il devrait y avoir une volonté de collaboration efficace avec Jacques Borlée, elle semble en avoir peur, l’ayant même accusé de « débauchage » et de « tentative de déstabilisation de la direction technique » quand un des meilleurs athlètes du sud du pays, Adrien Deghelt en l’occurrence, a rejoint son groupe d’entraînement. Plutôt que de se demander pourquoi le coureur de 110 m haies a effectué ce choix et d’éventuellement se remettre en question, la LBFA continue de contester ce « transfert » en arguant du fait que Jacques Borlée n’est pas un entraîneur spécialisé en haies, et bloque les remboursements de frais auxquels Deghelt a droit comme n’importe quel autre athlète qui a une bourse de fonctionnement de la Communauté française, sous prétexte que celle-ci est liée à la convention que doit encore signer son coach. En agissant ainsi, alors que l’argent (qui n’est pas le sien) est là, la LBFA se met clairement en faute et rend la vie impossible à un athlète qui ne demande qu’à performer et, en l’occurrence, à se soigner (il a besoin de l’argent de sa bourse pour des soins).

Le départ avec athlètes et bagages de Jacques Borlée vers la Ligue flamande (VAL), comme il l’a une nouvelle fois évoqué, est-il sérieusement envisageable ? La menace a déjà été proférée plusieurs fois mais il semble certain que si tel devait être le cas, il ne bénéficierait plus des mêmes libertés qui lui ont été accordées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas sûr que cela lui convienne…

Pas sûr, non plus, que cela convienne à André Antoine (CDH), le ministre des Sports francophone. A quelques mois des élections régionales, voir s’en aller au nord du pays la famille sportive la plus emblématique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour laquelle il s’est personnellement mouillé à plusieurs reprises au cours de son mandat, et qui avait constitué l’un de ses arguments pour faire construire la future salle d’athlétisme à Louvain-la-Neuve plutôt qu’ailleurs, serait tout sauf un cadeau. Sauf pour ses adversaires politiques…

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4 réponses à Borlée – Ligue francophone : tous perdants

  1. Chachacha dit :

    Que les Borlée rentrent chez eux. Ils font beaucoup trop de bruit, sans jamais rien gagner. De toute façon on s’en fout de l’athlétisme en compétition, c’est chiant.
    C’est aberrant les sommes publiques investies pour cette famille arrogante et nombriliste. Avec cet argent, on aurait pu payer des stages de n’importe quel sport à combien de centaines d’enfants ?

    • Kent dit :

      Mais quel commentaire ridicule!! Du jamais vu!

      Les Borlées réussissent au niveau international, courent parmis les meilleures et sans doute avec des budgets bien inférieurs que ceux de leurs concurrents!! Si ils réussissent, c’est de par leur engagement, et leur volonté malgré les batons que la Fédé leur mets dans les pattes alors qu’ils représentent, à l’instar des Diables rouges, notre pays de la plus belle des manière à l’étranger!

      Votre commentaire est d’un déplacé, ridicule et montre encore qu’il est si facile de critiquer à partir de son fauteuil, sans rien faire.. déroutant comment certaines personnes sont tellement aigries par leur vie qu’ils arrivent à critiquer ceux qui en ont une belle et dont la réussite ne dépend pas des autres!

  2. Eric dit :

    au fait, quel est le budget accordé par la FWB à ce team pour pouvoir courir en rond? est-ce que les primes et gains permettent de rembourser d’une manière ou autre ce “sponsor” actionnaire?

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