Ces sports d’équipe qui n’en finissent plus de briller

Gert Vande Broek et ses volleyeuses: une nouvelle "success story" pour un sport d'équipe belge. Photo Belga.

Gert Vande Broek et ses volleyeuses: une nouvelle “success story” pour un sport d’équipe belge. Photo Belga.

Les Diables rouges, 6es mondiaux, pratiquement qualifiés pour la Coupe du monde 2014 de football, les Red Lions vice-champions d’Europe de hockey pendant que leurs consoeurs des Red Panthers terminent 4es, les Belgian Lions de basket qui atteignent le deuxième tour de l’Euro et, last but not least, les Yellow Tigers qui terminent sur la 3e marche du podium de l’Euro de volley féminin : les équipes nationales de sports collectifs, longtemps considérées comme les parents pauvres du sport belge au niveau international, n’arrêtent plus de briller depuis quelques semaines!

Dire qu’on n’avait pas vu arriver cette embellie serait pourtant trahir la vérité. Cela fait quelques années, maintenant, que des signes encourageants de montée en puissance étaient apparus ici et là dans plusieurs disciplines, notamment au travers des succès de leurs équipes de jeunes ; même si chaque sport a son histoire, sa spécificité et ses recettes, ce qui est remarquable et surtout frappant, c’est que la plupart des équipes nationales connaissent aujourd’hui le succès au même moment et que la plupart de leurs résultats pourraient être consolidés dans les années à venir.

Le succès le plus visible, sur le plan médiatique, est, bien entendu, celui des Diables rouges, enfin au sommet après plus de dix ans de disette. Il s’explique grandement par l’arrivée à maturité de la plupart des « cadres » du groupe, une génération exceptionnelle dont les éléments jouent (presque) tous dans des grands clubs étrangers, où ils subissent la pression quotidienne du haut niveau, et l’esprit fédérateur de leur coach, Marc Wilmots. Si certains des joueurs, et non des moindres, ont été formés aux Pays-Bas ou en France, la plupart d’entre eux, on aurait tendance à l’oublier, sont passés par des clubs bien de chez nous, où les écoles de jeunes se donnent désormais les moyens de leurs ambitions. Même si les clubs belges restent, hélas !, très fragiles face à la concurrence étrangère et se font régulièrement piller, leurs compétences sont de plus en plus reconnues.

Du noyau actuel, 8 éléments (Ciman, Dembélé, Fellaini, Kompany, Mirallas, Pocognoli, Vermaelen et Vertonghen) faisaient partie de la « génération Pékin » et de cette équipe qui s’était qualifiée pour les JO 2008 à l’instar des Red Lions en hockey, une grande première depuis 1976 et la dernière participation d’un sport d’équipe belge aux Jeux.

Les Jeux, cela reste le Graal absolu pour tout athlète, mais pour les représentants des sports d’équipes, il faut en convenir, c’est une tâche extrêmement ardue tant les places y sont chères puisque, pour des besoins d’universalité, on y limite le nombre de représentants par continent. A titre indicatif, aux derniers Jeux de Londres, voici le nombre d’équipes présentes et le nombre de pays européens qualifiés dans les sports où la Belgique a récemment brillé :

- Basket-ball. Hommes : 12 équipes, 5 européennes ; femmes : 12 équipes, 6 européennes.
- Football. Hommes : 16 équipes, 4 européennes ; femmes : 12 équipes, 3 européennes.
- Hockey. Hommes : 12 équipes, 5 européennes (dont la Belgique) ; femmes : 12 équipes, 4 européennes (dont la Belgique).
- Volley-ball. Hommes : 12 équipes, 7 européennes ; femmes : 12 équipes, 5 européennes.

« Les Jeux de Pékin, cela a été un moment clé, selon Eddy De Smedt, le directeur sportif du Comité olympique et interfédéral belge. Cette double qualification du hockey et du football a provoqué un déclic auprès des autres fédérations qui ont compris, après 32 ans de disette, que c’était possible et qu’avec un investissement bien orienté et une vision partagée, on pouvait y arriver. Et, à partir de là, il y a eu un effet d’entraînement. »

Le hockey, qui était aidé par le COIB depuis une olympiade, est ainsi parvenu à capitaliser sur cette participation olympique (après deux échecs douloureux lors des tournois de qualification pour les Jeux de Sydney et d’Athènes) et à enchaîner sur d’autres succès, qui se sont étendus aux équipes de jeunes avec quatre titres européens pour les U16 (2004), U18 (2009, 2011) et les U21 (2012) chez les garçons, et la qualification des Red Panthers, qui n’ont pas arrêté de progresser depuis. Tout ça grâce à un projet fédéral et fédérateur, auquel ont adhéré les clubs qui ont ensuite été récompensés par l’arrivée massive de nouveaux affiliés.

« L’équipe nationale de hockey (NDLR : dont la plupart des joueurs évoluent en Belgique dans un championnat qui a gagné en qualité) a, en fait, travaillé comme un club, avec l’accord des clubs et le soutien de la fédération, souligne Eddy De Smedt. Cette manière de procéder n’est cependant pas applicable à toutes les disciplines. Mais cela ne veut pas dire que l’une est forcément meilleure que l’autre. »

En basket-ball, par exemple, les Belgian Lions ont dû compter sur une gestion privée dirigée par Jacques Ledure, même si elle a été validée et en partie financée par la fédération, pour avoir la possibilité de fonctionner. Une formule qui commence à porter ses fruits puisque après s’être qualifiée pour l’Euro 2011, l’équipe masculine a remis ça cette année, en sortant, cette fois, de la première phase de poules pour terminer 9e. Côté féminin, une nouvelle génération qui devrait être emmenée par Emma Meesseman (20 ans), partie se faire les dents en WNBA, pourrait, elle aussi, avoir de beaux jours devant elle même si, selon Eddy De Smedt, « les communautés et le COIB n’ont toujours pas trouvé d’accord avec la fédération pour la gestion de l’équipe. »

Le volley, lui, a misé sur un projet piloté par la « topsportschool » de la Ligue flamande, en accord avec les clubs avec, côté féminin, des choix décisifs effectués il y a quatre ans par Gert Vande Broek, le coach des Yellow Tigers, pour composer un groupe jeune (sept de ses membres ont été sacrées championnes d’Europe junior en 2009 et deux d’entre elles, Laura Heyrman et Ilka Van de Vyver faisaient partie de l’équipe qui a décroché une médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2010) et engagé. « On a pris cette direction parce que le volley vit surtout en Flandre, explique Eddy De Smedt. L’aile francophone a fait preuve de compréhension pour ce programme national pour lequel des joueuses du sud du pays, où le potentiel est encore sous-exploité, pourraient entrer un jour en ligne de compte. »

L’équipe féminine de volley a grandi, avec la plupart de ses titulaires évoluant désormais dans des grands championnats étrangers (Pologne, Italie, France), et a accumulé les bons résultats lors de la phase qualificative de l’Euro et en Euro League, jusqu’à décrocher cette improbable médaille de bronze, ce samedi, à l’Euro en battant la Serbie 3 sets à 2 en « petite finale » à Berlin.

Nul doute que les volleyeurs masculins, emmenés par le coach Dominique Baeyens, qui entament leur Euro à partir du 20 septembre en Pologne et au Danemark, auront à cœur de l’imiter…

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4 réponses à Ces sports d’équipe qui n’en finissent plus de briller

  1. TRICOTE Catherine dit :

    Très bel article, merci. Encourageons ces sportifs!

  2. Julien dit :

    Le rugby a bien évolué aussi.

  3. Tchuudi dit :

    … Et toujours pas un seul entrefilet alors qu’après trois jours de coupe d’Europe, l’équipe masculine de volley a battu le Bellarusse, le Danemark et surtout l’Italie, et se hisse directement en quarts de finales sans passer par la case huitièmes de finale. Peut-être aura-t-on droit à une dépêche AFP s’ils gagnent en finale… Il est vrai qu’on doit d’abord nous parler des crachats des footballeurs, des licenciements d’entraîneurs et des tweets des cyclistes frustrés, parce que ça, au moins, c’est du sport…

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