Le hockey hollandais à la sauce Boon

Jill et Tom Boon sont partis à la conquête des Pays-Bas après l'Euro. Photo Pierre-Yves Thienpont/Le Soir.

Jill et Tom Boon sont partis à la conquête des Pays-Bas après l’Euro. Photo Pierre-Yves Thienpont/Le Soir.

Ni l’un ni l’autre n’a eu beaucoup de temps pour digérer sa (petite) déception de l’Euro. Après quelques jours de repos, à la fin du mois d’août, Tom et Jill Boon, figures emblématiques des Red Lions et des Red Panthers, respectivement 2es et 4es du rendez-vous continental, ont pris la route des Pays-Bas pour y rejoindre, à des endroits opposés, le meilleur championnat de hockey du monde. Lui s’est exilé à Bloemendaal, à l’ouest d’Amsterdam. Elle est partie à Oranje Zwart, à Eindhoven. Sans concertation.

« C’est vrai qu’on n’est pas vraiment dans le même coin, reconnaît Jill. Ceux qui galèrent le plus, ce sont nos parents quand ils viennent nous voir jouer ! »

La Hollande, cela faisait longtemps qu’ils y songeaient. Parce que quand on joue au hockey, le championnat d’outre-Moerdijk, cela reste un must, un peu comme la Premier League en football. « Même si le championnat belge, surtout pour les équipes du top est très bon, le championnat néerlandais reste le meilleur du monde, dit Tom, 23 ans, qui évoluait au Racing depuis quatre saisons. En fait, je rêvais d’y jouer depuis mes débuts en hockey. Après avoir eu des contacts réguliers avec plusieurs clubs ces dernières années, les choses se sont concrétisées avec le HC Bloemendaal à la fin de la saison passée. Ce club, c’est un peu comme le Barça ! Dans le noyau, il n’y a que des internationaux et les entraînements sont d’une très grande intensité. Et, ce qui ne gâte rien, Simon Gougnard (NDLR : son collègue international qui évoluait lui aussi au Racing) a été transféré avec moi. »

Jill, 26 ans, de son côté, admet que son départ « en très bons termes » du Wellington –«le club de mon cœur, où j’ai quand même passé 11 saisons, atteint 7 fois les playoffs, disputé 4 finales et remporté 1 titre»- était lié à un besoin de « changer d’air » et de «relever un nouveau challenge» mais aussi (surtout) pour pouvoir évoluer à un poste d’attaquante qu’elle n’avait pas dans le club ucclois. « Au Well, je jouais au milieu, raconte-t-elle, un autre rôle que celui que me réserve Pascal Kina en équipe nationale, où je joue devant. A 3 ans des Jeux de Rio, j’ai saisi l’opportunité de partir dans un club où j’allais pouvoir occuper cette place et ainsi élever mon niveau de jeu. »

Au contraire de son petit frère, Jill Boon n’en est pas à sa première expérience internationale. En 2005, elle s’était exilée deux ans à Taburiente, aux Canaries, pour évoluer dans le championnat espagnol. Mais, comme elle le souligne, ses motivations d’alors n’étaient pas les mêmes. « A l’époque, c’était plus pour partir à l’étranger et pour apprendre une autre langue ; ici, c’est clairement un choix de carrière sportive. »

Une petite balade sur les sites néerlandais spécialisés suffit pour se rendre compte que Tom Boon était attendu à Bloemendaal avec tous les honneurs dus à sa réputation de « serial buteur » avant les trois coups du championnat. Dans les pronostics d’avant-saison, il était pointé comme le candidat n°1 au titre de meilleur buteur de la compétition. «C’est chouette à lire, admet-il, c’est une forme de reconnaissance et j’espère que je répondrai aux attentes. Mais je ne me suis fixé aucun objectif chiffré, je suis venu avant tout pour jouer du bon hockey.»

Au cours des deux premiers matchs, tous les deux remportés par Bloemendaal, le Bruxellois a chaque fois inscrit un but, dont le premier sur p.c., un début encourageant même s’il a d’emblée reconnu qu’il aurait dû « marquer plus ». « Même si je suis arrivé ici avec l’intention de prester tout de suite, ce n’est pas facile de trouver d’emblée ses marques, ajoute-t-il. Mais je suis confiant : avec mes équipiers, on commence à bien se connaître. »

Les débuts de Jill à Oranje Zwart, eux, ont été un peu moins festifs avec une défaite et un nul pour entamer la saison. « Mais on a joué contre SCHC – où on a mené 2-0 – et Den Bosch, deux des meilleures équipes de la série, tempère-t-elle. Maintenant, nous allons entamer une série de matchs plus abordables que nous devons impérativement gagner. L’objectif est d’atteindre les playoffs, ce qui serait une première dans l’histoire du club. On en a vraiment les moyens car on a un noyau très équilibré avec des internationales hollandaises – seniors et U21 – allemandes et… belges » (NDLR : Charlotte De Vos, la capitaine des Red Panthers, joue également à Oranje Zwart et c’est elle qui a servi d’intermédiaire à l’arrivée de Jill Boon à Eindhoven).

Jouer aux Pays-Bas, pour une fille, permet d’ « arrondir ses fins de mois » mais pas de vivre de son sport. Pour y arriver, Jill Boon doit également compter sur les défraiements qu’elle a avec l’équipe nationale et sur ce qu’elle gagne en dispensant des entraînements aux équipes de jeunes d’Oranje Zwart. Tous les jours, elle fait la navette entre Bruxelles, où elle est restée vivre, et Eindhoven – « Une heure et quart de route et jamais durant les heures de pointe ». « Et en cas de pépin ou de grosse fatigue, si je le souhaite, je peux toujours loger chez Elliot Van Strydonck, qui joue dans l’équipe masculine du club » (tout comme Thomas Briels).

Tom, de son côté, est un vrai pro du stick, l’un des rares dans le hockey belge. Il a emménagé dans un appartement mis à sa disposition par son club à Amsterdam, à une demi-heure de route de Bloemendaal. Mais dès la reprise (imminente) des entraînements avec l’équipe nationale, il rentrera les lundi et mardi au pays pour rejoindre le groupe dirigé par Marc Lammers qui va préparer l’échéance de la Coupe du monde 2014, qui se déroulera à La Haye. Un nouveau rendez-vous d’importance dans la longue marche des Red Lions vers les sommets.

« Immédiatement après la finale perdue de l’Euro, on a tous eu un peu de mal, admet l’attaquant de Bloemendaal. Mais avec le recul, on se rend compte que l’on a vécu une semaine fantastique et que nous faisons désormais partie des meilleures équipes du monde. »

Une équipe qui, comme son homologue féminine, va gagner avec l’exil de l’un de ses meilleurs éléments, une sacrée dose d’expérience. Du pur bénef sur la route de Rio!

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