Evi Van Acker, un dernier coup de Laser

Evi Van Acker a déjà le bronze olympique mais pense pouvoir décrocher un autre métal à Rio. Photo Belga.

Evi Van Acker a déjà le bronze olympique mais pense pouvoir faire mieux. Photo Belga.

Elle est encore un peu dans son décalage horaire… et dans la reconstruction de sa flore intestinale. « Comme chaque fois que je vais en Chine, j’ai eu des petits soucis avec la nourriture ! », s’amuse Evi Van Acker.

A 28 ans, après deux campagnes olympiques ponctuées par une médaille de bronze en voile aux JO de Londres, elle aurait pu se ranger des bateaux et penser, comme la plupart de ses amies « qui se marient et ont des enfants », à passer à autre chose. Pourtant, la Gantoise a décidé de repartir pour un tour. Et l’étape qu’elle vient de franchir lors des Mondiaux de Rizhao, où elle a fini 8e en classe Laser Radial un mois après s’être classée 4e à l’Euro de Dublin, constitue un signe encourageant de la pertinence de son choix.

« J’ai été très heureuse, aux Jeux, de remporter cette médaille de bronze – qui brille aujourd’hui dans ma chambre et dont je suis fière même si elle ne m’a rendue ni meilleure ni différente – après avoir longtemps occupé la 4e place pendant la course, dit-elle quand on lui demande ce qui a déterminé sa décision. Mais je me dis aussi que si j’avais mieux exécuté le plan qui avait été mis au point avec mon équipe, j’aurais pu décrocher l’or. Après une longue réflexion, c’est ce qui m’a finalement convaincue de remettre ça. Une dernière fois. Les Jeux de Rio, ce sera ma destination finale. »

Si Evi Van Acker a pris le temps pour se déterminer (en mars), c’est à la fois parce qu’il fallait digérer l’après-Londres et aussi parce qu’elle souhaitait boucler une bonne fois pour toutes ses études universitaires de bio-ingénieur qu’elle tirait par le force des choses en longueur depuis de nombreuses années. « Je voulais avoir tout ça derrière moi, c’est fait et je suis très contente. Il ne me reste plus qu’à rendre ma thèse ! »

La reprise s’est faite en douceur, sans trop de difficultés. « J’avais gardé une bonne condition physique générale en continuant à faire du sport cinq fois par semaine, de la course, du vélo et de la musculation ». Et elle est repartie avec la même équipe, dirigée par son coach néerlandais Wil van Bladel. Avec, dès cet été, une première reconnaissance sur le site des futurs Jeux, dans la baie de Rio, « un chouette endroit pour la voile ».

« Encore plus qu’à Weymouth (NDLR : le site de JO de Londres), il y a plusieurs parcours avec des conditions de vents et de courants très différentes et variées sur une mer malheureusement très sale, dit-elle. Il y avait des jours où il faisait 15°, d’autres où il en faisait 30. Il faudra être prêt à s’adapter à toutes les circonstances. »

En Angleterre, elle s’était, chez un habitant de l’endroit, confectionné un « chez elle », un vrai camp de base qui lui permettait de retrouver rapidement ses repères chaque fois qu’elle allait s’y entraîner. « J’espère que l’on pourra recréer le même type d’endroit à Rio, explique-t-elle. Cet été, nous logions dans un B & B tenu par un professeur d’anglais où nous nous sentions comme à la maison. Je pense que Wil réglera le problème ! »

L’Euro et les Mondiaux l’ont rassurée sur son niveau général… même si elle n’était pas trop inquiète au départ. « J’ai le sentiment de ne pas avoir trop perdu pendant mon long break et qu’il ne me faudra pas grand-chose pour revenir au top, assure-t-elle. J’ai fait quelques bonnes et quelques moins bonnes régates, ce qui était normal avec le peu d’entraînement spécifique que j’avais derrière moi. Mon prochain gros objectif, ce sera les Mondiaux de l’an prochain, en septembre, à Santander. »

Une compétition où, comme cette année, elle ne sera sans doute pas la seule Belge en classe Laser Radial puisqu’elle doit désormais affronter la concurrence de la jeune et prometteuse Ostendaise Emma Plasschaert, 19 ans, vice-championne d’Europe U21 en titre, qui a terminé 10e, donc sur ses talons, à Rizhao. Une « adversaire » qui est aussi une très bonne amie et qu’elle connaît par cœur puisqu’elle fait partie du même groupe d’entraînement de la Fédération flamande de yachting qu’elle.

« Pendant des années, je me suis plaint de devoir m’entraîner toute seule, raconte Evi, et je ne vais donc pas regretter d’avoir désormais à mes côtés une compagne d’entraînement de niveau. Le fait de s’entraîner ensemble va forcément nous permettre de devenir toutes les deux meilleures et c’est une très bonne chose. »

Une très bonne chose qui, au bout du compte, se terminera cependant en crève-cœur puisque la compétition olympique ne tolère qu’un seul bateau par classe par pays et que l’une des deux filles restera forcément à quai au moment du départ pour Rio 2016.

« Ce ne sera pas facile, mais on n’en est pas encore là, conclut Evi Van Acker. Pour l’instant, je me concentre sur mon parcours et on verra. De toute façon, je me dis que si je ne parviens pas à être la meilleure Belge dans ma catégorie, je n’aurai rien à faire aux Jeux… »

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