Arnaud Dubois s’en va, le BMX perd sa figure de proue

L'une des plus grandes fiertés d'Arnaud Dubois: avoir été le premier coureur belge de BMX à aller aux Jeux olympiques. Photo Belga.

L’une des plus grandes fiertés d’Arnaud Dubois: avoir été le premier coureur belge de BMX à aller aux Jeux olympiques. Photo Belga.

A 27 ans… et on n’oserait plus dire toutes ses dents si l’on se réfère aux blessures qui ont jalonné sa carrière, Arnaud Dubois a décidé, la semaine dernière, de mettre un terme à sa carrière de coureur de BMX. Le Theutois, personnalité « solaire » à la gueule carrée et au physique de déménageur, qui était pourtant, en Belgique, « le » visage de son sport, avait, depuis quelque temps, des problèmes de motivation, liés en grande partie au manque de retombées financières de sa participation aux Jeux de Londres, en 2012. Même la perspective des Jeux de Rio, en 2016, et des Mondiaux de Zolder, en 2015, n’a pas réussi à le retenir.

« J’espérais que les JO allaient me lancer, dit-il, mais je constate, un peu plus d’un an plus tard, que je suis toujours en train de courir pour trouver de l’argent pour financer mes stages et mes compétitions à l’étranger et que je suis toujours aussi seul à me battre pour qu’il y ait des pistes de BMX dignes de ce nom. Ca bouge… mais c’est lent.»

Plus lent, c’est sûr, que cette discipline spectaculaire, que le CIO a ajouté au programme olympique depuis 2008 dans un souci de rajeunir son public. Un sport extrême, sorte de motocross sans moteur, où on s’élance sur un vélo miniature du haut d’une rampe de laquelle on dévale à près de 60 km/h à l’assaut d’un circuit de 300 à 500 m où il faut dompter les bosses et aller plus vite que ses concurrents. Outre la montée en flèche des pulsations cardiaques, la décharge d’adrénaline est, paraît-il, garantie pendant les 40 secondes de course !

Ablation de la rate, ligaments des genoux déchirés, multiples fractures : Arnaud Dubois a connu pas mal de coups d’arrêt depuis ses débuts sur sa machine, à 6 ans, après avoir assisté « par hasard » à une compétition à Soumagne. Mais aucun d’entre eux n’a réussi à le détourner d’un sport qui était et restera toujours chez lui « un art de vivre ». « J’arrête le haut niveau mais mon vélo restera toujours dans ma voiture, où que j’aille, affirme-t-il. J’essaierai de passer un maximum de temps dessus ! »

Un sport où il est fier d’avoir conquis 18 titres nationaux et, surtout, d’avoir été le premier (et jusqu’ici seul) Belge à participer aux Jeux olympiques, « une référence qu’on ne pourra jamais m’enlever ». Un exploit pour lequel, il a dû se battre au cours d’une année 2012 au début de laquelle, alors qu’il venait tout juste de dompter une sciatique, il s’était gravement blessé au genou. « J’ai dû contourner pas mal d’obstacles, reconnaît-il. J’espère que ce sera plus facile pour ceux qui me succéderont. »

Si « Dubs » lâche les pédales, il refuse cependant de baisser les bras. Partant du principe – logique – que si l’Adeps a investi pendant de nombreuses années sur lui via un contrat d’élite sportif ce n’est pas pour oublier le BMX dès l’heure de sa retraite, il a présenté son projet de reconversion lors de sa dernière évaluation devant ses « patrons ». Ses objectifs ? Assurer encre plus la promotion de sa discipline que quand il était coureur, une gageure quand on sait que le nombre de licenciés a plus que triplé entre 2008, année où il a loupé de peu sa sélection pour les Jeux de Pékin, et 2012, année où il est arrivé aux porte des demi-finales de ceux de Londres. Et développer de nouveaux circuits en Wallonie, qui en manque cruellement.

« J’aimerais me concentrer sur ce type de deuxième carrière, assure-t-il. Je ne me vois pas comme coach alors que je viens d’arrêter pour un peu me poser, chez moi, à Pepinster ; je n’ai pas (encore) envie de repartir sur les routes, de voyager, de dormir « à l’arrache » comme je l’ai fait pendant tant d’années. C’était génial mais il y a un temps pour tout ! »

Cette entrée a été publiée dans Cyclisme, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Arnaud Dubois s’en va, le BMX perd sa figure de proue

  1. Ping : Elke Vanhoof, l’Europe du BMX à ses pieds | Y a pas que le foot dans la vie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>