Adrien Deghelt veut venir à bout des obstacles

Adrien Deghelt est à l'aube d'une saison capitale. Il l'a entamée il y a près de deux mois à Lanzarote, lors du stage du COIB. Photo Belga.

Adrien Deghelt est à l’aube d’une saison capitale. Il l’a entamée il y a près de deux mois à Lanzarote, lors du stage du COIB. Photo Belga.

Il est à nouveau hurdler depuis qu’il a repris, début novembre, le chemin de l’entraînement. Mais il lui a fallu de la patience – «Quasiment trois mois…» – pour évacuer la douleur qui l’avait obligé à renoncer, la mort dans l’âme, à courir le 110 m haies des Mondiaux de Moscou, cet été. Un tendon à l’insertion de ses abdominaux à la limite du point de rupture. Sur le moment, Adrien Deghelt en avait pleuré. De rage. De désespoir. Un coup dur de plus dans une carrière minée par les pépins physiques. « Je ne pense pas avoir disputé un seul grand championnat en pleine possession de mes moyens ou sans avoir été perturbé dans ma préparation, explique le Namurois. Dans ce cas-ci, c’était d’autant plus râlant que j’avais retrouvé une certaine régularité dans mes performances et que j’étais persuadé que j’allais enfin descendre sous les 13.40… »

Cette blessure, pour ne rien arranger, était survenue après une année délicate, marquée par des problèmes d’ordre privé et, surtout, un conflit avec la Ligue francophone (LBFA), provoqué par son passage, à l’automne 2012, dans le groupe d’entraînement de Jacques Borlée. Un changement que la direction technique n’a jamais cautionné sous prétexte que le coach bruxellois n’était pas un spécialiste des haies ; du coup elle s’est retenue de verser à Deghelt l’argent de sa bourse, pourtant nécessaire pour payer stages et encadrement technique et médical. Aux dernières nouvelles, le conflit serait en voie de résolution, Borlée ayant accepté pour le bien de son athlète de céder au Français Vincent Clarico, qui travaille avec lui, le titre d’ «entraîneur référent» de Deghelt. « Les choses se (re)mettent en place, confirme ce dernier. J’espère que ça se passera bien. On a tous envie qu’on nous lâche un peu… »

« Tous », c’est l’ensemble du « team Borlée » où le coureur de 110 m haies a rapidement trouvé sa place. Il affirme s’y être senti constamment « soutenu » dans les moments difficiles, tant moralement que financièrement car « si Jacques n’avait pas réglé mes frais de stage, je n’aurais pas pu y aller ». « Tout cela m’a permis de continuer sans penser à tout le reste… »

Sur le plan des méthodes de travail, le coureur du Sambre-et-Meuse Athlétique Club pense également avoir trouvé ce qu’il lui fallait, dans un environnement hyper-professionnel. « L’approche de l’entraînement est tout à fait différente de ce que j’ai connu auparavant. Je travaille par exemple la musculation avec des charges moins lourdes. On essaie de me faire gagner en souplesse car au fil des ans, j’étais devenu de plus en plus raide ! Sur le plan technique, je bénéficie de l’expertise de Vincent (Clarico) et de son travail « à la française ». Je m’en vais d’ailleurs ce samedi à Paris pour un stage de quatre jours à l’Insep. Début janvier, j’irai rejoindre les autres membres du groupe en Afrique du Sud. »

A 28 ans, Adrien Deghelt sait qu’il n’a plus beaucoup de temps à perdre et que 2014 sera, pour lui, une année charnière. Avec l’Euro de Zurich en point de mire, c’est cette saison qu’il doit faire preuve d’ambition et tenter de frapper un grand coup, lui qui, jusqu’à présent, n’a toujours disputé qu’un seul championnat d’Europe, en 2012, à Helsinki. « La finale sera un must, dit-il comme une évidence après avoir réussi, avec ses 13.43, le 9e temps européen sur 110 m haies en 2013. Je veux aussi descendre enfin sous les 13.40, largement si possible. Le record de Belgique de Jonathan Nsenga (13.25) ? Pourquoi pas, si tout se passe bien ? Il est proche et loin à la fois. »

A son retour d’Afrique du Sud, fin janvier, il compte aligner quelques 60 m haies en salle pour retrouver le goût de cette compétition qui lui manque depuis trop longtemps. Il sera de la partie au meeting de Gand, le 9 février, et, sans doute, aux championnats de Belgique le week-end suivant. Mais pour les Mondiaux indoor de Sopot, début mars, il devrait passer son tour « sauf si je descends sous les 7.60 et que je tourne vraiment fort. »

La saison estivale, il ira la préparer à partir du mois d’avril aux Etats-Unis, où il retrouvera sa compagne, Anne Zagré, en partance imminente pour six mois à la Florida State University, à Tallahassee. « On se pousse mutuellement, dit-il de la recordwoman de Belgique du 100 m haies. On vit la même chose. C’est chouette. »

De là à partager un podium à Zurich, il n’y a que dix haies à franchir…

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