Myriam Tschomba, la coureuse de haies devenue G.O. des Borlée

Myriam Tschomba devance Elodie Ouedraogo (à g.) et Elisabeth Davin en finale du 60 m haies des championnats de Belgique en salle 2003. Onze ans plus tard, elle est de l'autre côté de l'Atlantique! Photo Belga.

Myriam Tschomba devance Elodie Ouedraogo (à g.) et Elisabeth Davin en finale du 60 m haies des championnats de Belgique en salle 2003. Onze ans plus tard, elle est de l’autre côté de l’Atlantique! Photo Belga.

Avec 13 sec 24, elle possède toujours la 6e performance belge sur 100 m haies et sans de récurrents problèmes de sinusite qui entamaient son système immunitaire et qui ont fini par avoir raison de sa patience, en 2005, il y a fort à parier qu’elle aurait gravi quelques échelons supplémentaires. «A un moment, je me suis dit que j’avais assez donné et qu’il était temps de passer à autre chose, résume Myriam Tschomba. Quelque part, ça m’a laissé un petit goût amer, mais je ne regrette rien : j’ai vécu de merveilleux moments grâce à l’athlétisme ! Il m’arrive d’ailleurs encore de consulter de temps en temps mon press book avec tous les articles qui m’ont été consacrés il y a quelques années ! »

A 37 ans, l’ancienne coureuse du CABW n’est pourtant pas nostalgique. Elle coule aujourd’hui des jours heureux avec son compagnon et son fils de 5 mois à Saint-Martin, dans les Caraïbes, un endroit paradisiaque qu’elle a découvert peu après avoir mis fin à sa carrière.

« A l’époque, je vivais à Rotterdam, où je m’étais exilée en 2001, explique-t-elle. J’avais rejoint les Pays-Bas parce que je me sentais un peu seule en Belgique, où je n’avais pas vraiment de partenaire d’entraînement. Peu de temps avant, lors de l’Universiade de Pékin, je m’étais lié d’amitié avec la coureuse de haies néerlandaise Judith Vis, qui avait le même problème que moi et m’avait suggéré de la rejoindre dans son groupe, dirigé par l’ancienne coureuse Marjan Olyslager. Parallèlement, j’avais trouvé un boulot de comptable… et rencontré un Néerlandais. Quand celui-ci a reçu une proposition pour un job à Saint-Martin (NDLR : l’île est composée d’une partie française et d’une partie néerlandaise), comme mes meilleures années d’athlète étaient derrière moi, je l’ai suivi et j’ai entamé une nouvelle vie. »

Myriam Tschomba, née d’un père congolais et d’une mère belge, a toujours eu la bougeotte. Une fois ses études secondaires terminées dans son Brabant wallon natal, en 1996, elle s’était déjà exilée pendant quatre ans à Los Angeles, à l’Université de Californie du Sud (USC), à la fois pour y boucler des études de communication et faire connaissance avec le système sportif universitaire US, la célèbre NCAA. Une expérience partagée avec les frères Mambo (dont Djeke, le futur époux de Kim Gevaert, sa meilleure amie de l’époque), qui s’était toutefois mal terminée à la suite d’un changement de coach au beau milieu de son cursus. « A mon arrivée, avec (le médaillé de bronze sur 110 m haies des JO de Séoul) Tonie Campbell, tout s’était merveilleusement passé et j’avais d’emblée battu mes records ; lors de ma deuxième saison à USC, il a été remplacé et je n’ai plus jamais retrouvé la même complicité avec ses successeurs. »

A Saint-Martin, elle a trouvé un port d’attache qu’elle a décidé de ne plus quitter. « La dernière fois que je suis rentrée en Belgique, c’était il y a trois ans et c’est là que j’ai compris que ma vie était ici. J’ai trop besoin de soleil. Désormais, quand elle veut me voir, c’est ma famille qui se déplace jusqu’ici ! » Basée dans la partie française de l’île et donc résidente de… l’Hexagone, elle travaille dans un hôtel de luxe de Grand Case, où elle est responsable du département réservations. Et, en dehors de ses heures, elle fait également un peu de graphisme.

L’éloignement ne l’a cependant jamais empêché d’entretenir ses anciennes amitiés athlétiques ni de se tenir au courant des résultats de ceux et celles qui lui ont succédé. «Ce week-end encore, je me suis surprise à aller consulter ceux des championnats francophones en salle… » C’est même grâce au maintien de ces contacts, favorisés par les réseaux sociaux, qu’elle accueillera sur « son » île, dans un peu plus de deux mois, tout le groupe Borlée, qui a décidé d’y établir son camp d’entraînement printanier.
« Cela fait plusieurs années que je me suis liée d’amitié avec Olivia, dit-elle. J’ai dix ans de plus qu’elle, mais nous avions fait connaissance à la fin de ma carrière… qui correspondait au début de la sienne. Elle est déjà venue en vacances ici et c’est sans doute de là qu’est née l’idée de venir en stage. »

Sollicitée il y a quelques semaines par le manager de la famille Borlée, Myriam Tschomba, qui n’en demandait pas tant, s’est rapidement mise en quête d’une piste pour accueillir, à partir du 1er avril, le groupe dirigée par Jacques. Elle a vite fait main basse sur le stade de Philipsburg, dans la ville la plus importante de la partie néerlandaise de Saint-Martin (ou, en l’occurence, Sint-Maarten).

« Il vient d’ouvrir, précise-t-elle. La piste, en Mondo, est entièrement neuve. De plus, juste en face, il y a une superbe salle de musculation que tous les athlètes pourront utiliser. Et, à proximité, je leur ai déniché une villa pouvant accueillir 10 personnes. Ils travailleront dans des conditions idéales. »

S’ils performent cette année, les Borlée pourront à coup sûr remercier «G.O. Myriam»!

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