Guido De Bondt, ou le départ d’un grand commis du sport belge

Guido De Bondt (à dr.), un expert écouté par tous, notamment par Serguei Bubka, ici lors des JO d'hiver de Vancouver en 2010. Photo Belga.

Guido De Bondt (à dr.), un expert écouté par tous, notamment par Serguei Bubka, ici lors des JO d’hiver de Vancouver en 2010. Photo Belga.

C’est l’heure de la relève de la garde au Comité olympique et interfédéral belge (COIB). Six mois après le directeur marketing Piet Moons, c’est le secrétaire général Guido De Bondt qui, ce lundi 31 mars, a tiré sa révérence après être arrivé à l’âge de la retraite. Tout comme son ex-collègue, il sera remplacé par Philippe Vander Putten, le nouveau CEO arrivé à l’automne, et qui avait, de fait, repris ses fonctions le 1er janvier dernier.

Son départ, paraît-il, s’est passé dans la plus grande normalité, fidèle à l’image austère de cet homme de l’ombre mais à l’influence jamais démentie. Après un au revoir poli à tous les employés de la maison, il s’en est allé sans se retourner, mettant un terme à 38 ans au service des cinq anneaux sans émotion particulière apparente. S’il a versé une larme, Guido De Bondt l’aura sans doute fait à l’abri des regards indiscrets, dans sa voiture qui le ramenait à son domicile de Londerzeel.

Avec sa sortie, c’est une nouvelle page d’histoire qui se tourne à l’avenue de Bouchout. Au COIB, le secrétaire général était le dernier des « Mollet Boys » encore en activité. C’est ainsi que l’on avait surnommé, à la fin des années 70, la bande de jeunes dirigeants recrutés par feu Raoul Mollet, le légendaire et génial président de l’institution de l’époque. Celui-ci avait hérité d’un comité olympique poussiéreux et exsangue, dont la quasi seule activité était de sélectionner les athlètes belges pour les Jeux tous les quatre ans. Immense visionnaire, il s’était rapidement mis en tête de le moderniser et de lui assurer une assise financière en s’entourant de personnes compétentes. Outre De Bondt et Moons, il avait également été chercher Jacques Rogge, Adrien Vanden Eede et François Narmon, certains pour faire partie du staff, d’autres pour le rejoindre au conseil d’administration. Les trois derniers allaient, quelques années plus tard, lui succéder tour à tour à la présidence.

Avec Pierre-Olivier Beckers, élu fin 2004, Guido De Bondt, qui était arrivé en 1976 au COIB, aura donc connu cinq présidents. L’entente ne fut pas cordiale avec chacun d’entre eux, mais la loyauté de ce grand commis du sport belge envers l’institution qu’il dirigeait avec fermeté n’a jamais été prise en défaut. Tatoué aux cinq anneaux, il mangeait, buvait et respirait COIB et tolérait difficilement que l’on s’y attaque ou qu’on le critique. Quand cela se produisait, il pouvait alors être sec et cassant.

Au fil des ans, ce licencié en éducation physique de la KUL s’était aussi érigé en véritable expert du sport belge, dont il avait vécu, depuis le premier rang, toutes les évolutions politiques majeures, depuis la scission des fédérations jusqu’à la prise de contrôle du haut niveau par les communautés. Il connaissait tout et (presque) tout le monde dans le milieu, des dirigeants de ligues aux ministres, en passant par les responsables des différentes administrations et ce know how était terriblement précieux pour le COIB.

S’il a été d’une fidélité sans faille à son employeur, Guido De Bondt l’a aussi à Jacques Rogge, l’homme dont il a été, de tous temps, le plus proche et auquel il a toujours voué une véritable dévotion. En 1991, c’est lui qui mit sur pied la première édition des Journées olympiques de la jeunesse européenne (aujourd’hui rebaptisées Festival olympique de la jeunesse européenne), concrétisant ainsi une idée émise par Rogge qui était devenu entre-temps président des Comités olympiques européens (COE) et, près de vingt ans plus tard, c’est l’organisation des premiers Jeux olympiques de la jeunesse, l’un des autres « bébés » de « son » patron, qu’il supervisa via sa commission de coordination.

Son dévouement pour le chirurgien gantois était tel qu’après l’élection de celui-ci à la présidence du CIO, en 2001, on crut qu’il le rejoindrait à Lausanne, comme secrétaire particulier ou chef de cabinet, mais il n’en fut rien et c’est un autre Belge, Christophe De Kepper, qui eut cet honneur.

Ces dernières années, Guido De Bondt avait pris de plus en plus de responsabilités au sein des COE, où il fit longtemps partie de la commission exécutive et où il préside toujours le Comité du Festival olympique de la jeunesse européenne. Dans le futur, il continuera à s’impliquer pour cette association continentale qui, l’an prochain, organisera, à Bakou, les premiers Jeux européens. De quoi justifier un peu plus l’Ordre olympique, la plus haute distinction décernée par le CIO, qu’il recevra officiellement en juillet pour services rendus pour le Mouvement olympique. Sans doute la récompense dont il est aujourd’hui le plus fier.

PS : Puisque l’on est dans les milieux de l’olympisme, restons-y. Thomas Bach, le président du CIO, a annoncé, ce mardi, la nouvelle composition des différentes commissions qui apportent un soutien au CIO. Il y a quelques mois, Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB (et membre du CIO) avait annoncé qu’il était intéressé par la direction de l’importante Commission des finances. S’il y a bien été intégré, c’est toutefois au titre de membre, comme l’Américaine Anita DeFrantz et le Néerlandais Camiel Eulings, la présidence ayant été attribuée au Singapourien Ser Miang Ng. Ce dernier, qui faisait partie des candidats à la succession de Jacques Rogge en septembre 2013, avait accepté, depuis lors de diriger temporairement cette commission depuis la démission du Portoricain Richard Carrion ; à l’heure des nominations définitives, il était sans doute délicat de ne pas le confirmer. Pierre-Olivier Beckers a toutefois été désigné président du Comité d’audit du CIO.

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