Deux Belges pour réfléchir à l’avenir du mouvement olympique

Le mouvement olympique va se pencher sur son avenir et établir son "agenda 2020". Un sacré programme. Photo AFP.

Le mouvement olympique va se pencher sur son avenir et établir son “agenda 2020″. Un sacré programme. Photo AFP.

Depuis qu’il a succédé à Jacques Rogge à la présidence du Comité international olympique (CIO), l’Allemand Thomas Bach a pris l’habitude de jouer à la fois les hommes ouverts et pressés. Cette double réputation s’est confirmée en fin de semaine dernière avec la désignation de 14 groupes de travail qui vont l’aider à établir la feuille de route qu’il compte présenter aux membres du CIO lors d’une session extraordinaire à Monaco les 8 et 9 décembre. Un « Agenda 2020 », ainsi qu’il a été baptisé, appelé à dessiner l’avenir du mouvement olympique. Et, sans doute, à profondément le transformer.

Chacun de ces groupes abordera un thème bien précis et devra effectuer un gros travail de défrichement avant de faire rapport ; on y parlera, entre autres, de programme olympique, de l’organisation des Jeux, de leur durabilité, de lutte antidopage, d’éthique, de droits TV, etc. Ils sont composés majoritairement de membres du CIO, des fédérations internationales et des comités nationaux olympiques – les trois mamelles du mouvement olympique – mais aussi d’experts venus de la société civile, histoire, sans doute, de bénéficier de la plus grande ouverture d’esprit possible.

Parmi les personnalités les plus intéressantes qui y figurent, on retrouve l’Américain Eric Schmidt, le patron de Google, dont la fortune est estimée à 6 milliards d’euros, la Fondation Clinton (l’ancien président des Etats-Unis viendra-t-il en personne ?), la Britannique Tessa Jowell, ancienne secrétaire d’Etat aux Jeux de Londres, la violoniste singapourienne Vanessa Mae, qui a représenté son pays en ski alpin aux derniers Jeux de Sotchi , ou l’Irlandaise Patricia O’Brien, qui a travaillé au service juridique des Nations Unies comme sous-secrétaire générale après y avoir été engagée par Ban Ki-moon.

Deux Belges ont également été sollicités (désignés ?) par Thomas Bach. Le premier, Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB, fera partie du groupe de travail n° 11 baptisé « Bonne gouvernance et autonomie », un poste logique pour l’ancien CEO du Groupe Delhaize d’autant que, en tant que membre du CIO, il fait déjà partie de la commissions des finances, de la commission éthique et du comité d’audit (qu’il préside) de l’institution lausannoise. Ce groupe de travail sera présidé par le Britannique Craig Reedie, l’un des quatre vice-présidents du CIO et se réunira le 23 juin… ce qui empêchera Pierre-Olivier Beckers d’assister au match de Coupe du monde Belgique-Russie à Rio, le 22 juin, comme c’était initialement prévu. « Je devais y accompagner le roi Philippe, explique-t-il, mais j’ai dû renoncer. C’est d’autant plus vrai que les rapports sont attendus au début du mois de juillet par le CIO et que le travail sera intensif… »

Le deuxième Belge à avoir été choisi n’est autre que Bob Verbeeck, le patron de l’agence Golazo, n°1 dans le pays en organisations d’événements sportifs et en représentation d’athlètes. Ancien olympien (à Los Angeles, en 1984) et coureur de (demi-)fond, le Limbourgeois a été intégré à titre d’expert dans le groupe de travail n° 3 « Différenciation des Jeux olympiques », dans lequel on va discuter du caractère unique des Jeux par opposition aux autres compétitions sportives et étudier les moyens de le maintenir et de le renforcer. « Même si je fais partie, depuis deux ans, d’une commission du CIO qui s’appelle « Entourage », dans laquelle on donne des lignes de conduite aux athlètes pour s’entourer le mieux possible avec un encadrement performant, je dois avouer que j’ai été un peu surpris d’être désigné », dit Verbeeck.

Le Limbourgeois est pourtant bien décidé à apporter sa pierre à l’édifice quitte à sortir des sentiers balisés qui présideront aux réunions qui s’annoncent. Il faudrait, selon lui, étudier la manière dont le mouvement olympique peut « récupérer » une partie de la population qui fait du sport sans passer par les canaux traditionnels des clubs et des fédérations. « Des études ont démontré qu’il n’y a que 30% des gens qui font du sport en Belgique qui le font de manière organisée, en étant affilié. J’y suis moi-même confronté via mon entreprise, qui organise des épreuves de courses, à pied ou à vélo, et où les participants sont souvent des gens dont les instances n’ont jamais réussi à répondre aux attentes. »

Les rapports des différents groupes passeront plusieurs filtres avant d’être soumis à la session de Monaco. Le CIO du XXIe siècle est bel et bien marche.

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