Marc Coudron : « Marc Lammers n’osait plus se regarder dans la glace »

Marc Coudron (à dr.), le président de l'Association royale belge de hockey, ici avec son neveu Tom Boon, prend sur lui une partie de l'échec des Red Lions à la Coupe du monde. Un échec relatif quand on sait qu'ils ont terminé cinquièmes à La Haye... Photo Belga.

Marc Coudron (à dr.), le président de l’Association royale belge de hockey, ici avec son neveu Tom Boon, prend sur lui une partie de l’échec des Red Lions à la Coupe du monde. Un échec relatif quand on sait qu’ils ont terminé cinquièmes à La Haye… Photo Belga.

Même en hockey, le sport d’équipe qui n’arrête pas de grimper en Belgique, le rôle de président fédéral peut parfois être tout sauf un long fleuve tranquille. Marc Coudron en sait quelque chose. A la mi-juillet, avec le management de l’équipe nationale, il a dû gérer pour la troisième fois en six ans le départ volontaire du coach des Red Lions. Moins de deux ans après sa nomination à la tête de l’équipe nationale hommes, le Néerlandais Marc Lammers, que l’on voyait parti jusqu’aux Jeux de Rio, a, en effet pris tout le monde par surprise en claquant prématurément la porte, comme l’avaient fait avant lui les Australiens Adam Commens, en décembre 2010, et Colin Batch, en septembre 2012.

« Oui, cela a été une surprise, admet Coudron. Avant la Coupe du monde (en juin, aux Pays-Bas), je m’étais fait à l’idée que la Hollande allait lui dérouler le tapis rouge si nous terminions devant elle ; mais comme cela ne s’est pas produit (les Red Lions ont été éliminés en quarts de finale et ont fini 5es), je pensais qu’on était reparti avec Marc jusqu’à Rio… »

Le Néerlandais, on le sait, a prétexté des raisons familiales pour justifier son renoncement. Il a prétendu qu’il avait sous-estimé la charge de travail que représentait la gestion de l’équipe nationale belge et, surtout, les nombreux séjours loin de chez lui et de ses enfants qu’elle impliquait, à la fois en Belgique, pour les doubles week-ends de championnat qu’il devait visionner, et à l’étranger lors des stages et des compétitions de longue haleine.

« Tout cela a joué, admet Coudron. C’était plus que tout ce qu’il avait connu auparavant et c’était très lourd et très prenant. Il était tout le temps avec les internationaux, sauf le vendredi… où il travaillait pour ses activités propres. Poursuivre à ce rythme pendant encore deux ans lui semblait impossible ; il n’avait plus ni l’énergie ni la passion pour le faire. Il m’a dit qu’il demandait plus de 100% d’investissement à son staff et ses joueurs alors qu’il ne pouvait plus le faire lui-même ; il n’osait plus se regarder dans la glace. Cela tenait la route. C’était cohérent et honnête de sa part. »

Certains ont aussi prétendu que le message ne passait plus entre Lammers et ses joueurs.

« Il ne m’a pas parlé de problème de ce genre, rétorque le président de l’ARBH. Son rôle avait évolué au fil des mois. Ces derniers temps, il était un peu plus manager « à l’anglaise » alors que ses adjoints Jeroen Delmée et Philippe Goldberg étaient très forts dans la tactique et la préparation des matchs. Marc était plus dans la gestion de son staff. »

La déception du résultat des Red Lions à La Haye a, selon Marc Coudron, également joué un rôle dans la décision du Hollandais. Pour la première fois depuis 2007, les hockeyeurs belges ont, en effet, obtenu un résultat inférieur à leurs attentes lors de cette Coupe du monde. La défaite en quarts de finale face à l’Angleterre a fait très mal.

« Il y a eu de la déception chez tout le monde qui a débouché sur des remises en question. Je ne pensais pas que la sienne allait aller aussi loin… »

Coudron prend d’ailleurs sur lui une part de responsabilité dans l’échec des Red Lions. Selon lui, il n’aurait jamais dû envoyer l’équipe en stage en Ecosse, avec trois matchs amicaux à la clé, dès le lendemain de l’EHL, où le Dragons, le Racing et le Watducks, les principaux fournisseurs de la sélection, avaient disputé des matchs très lourds.

« Là, on a clairement été les victimes du succès du hockey belge. On n’aurait jamais dû accepter ce tournoi-là, admet-il. Ca, c’est notre erreur. Le problème, c’est qu’on ne pouvait pas l’annuler en dernière minute. Une fois que la Coupe du monde a démarré, il manquait de fraîcheur mentale, même s’il y a eu des soubresauts comme contre l’Espagne. Je ne les ai pas vu jouer de manière consistante et constante. On ne nous y reprendra plus. »

L’échec relatif de La Haye ne remet cependant pas en question les ambitions de médaille des Red Lions pour les Jeux de Rio.

« Le sport, ce n’est pas une longue ligne droite. Il y a de temps en temps un petit arrêt. Le nôtre, on l’a fait en terminant quand même 5es d’une Coupe du monde et en étant 4es au ranking mondial ! On n’a jamais été aussi haut. Une médaille à Rio, cela reste plus que jamais l’objectif ! »

A Jeroen Delmée, désormais, de relever le défi…

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Une réponse à Marc Coudron : « Marc Lammers n’osait plus se regarder dans la glace »

  1. Philippe Hemelsoet dit :

    Enfin un sport d’équipe pas ou peu contaminé par le Dieu argent et qui laisse la part belle au vrai esprit d’équipe et de saine compétition .

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