Svetlana Bolshakova à l’heure du choix

Svetlana Bolshakova - Michel Boels, un "couple" qui a explosé mais que le deuxième espère voir se reconstituer. Photo Belga.

Svetlana Bolshakova – Michel Boels, un “couple” qui a explosé mais que le deuxième espère voir se reconstituer. Photo Belga.

Ce sera sans doute son dernier retour. A 29 ans, Svetlana Bolshakova s’apprête à retrouver le chemin des stades, un an et demi après une opération au genou, la quatrième de sa carrière, et cinq mois après la naissance de son fils Alexander. La recordwoman de Belgique du triple saut (14,55 m) va, dans un premier temps, rallier régulièrement le groupe d’entraînement de Rudi Diels, l’ancien coach de Kim Gevaert et Elodie Ouedraogo, à Louvain, pour retravailler sa vitesse. Puis, une fois qu’elle aura apprivoisé ses sensations en course, elle se tournera vers la technique si particulière de cette épreuve qui lui a apporté le succès. Son objectif ultime ? Les JO de Rio, dans moins de deux ans…. si son organisme tient le choc.

« On verra d’abord au jour le jour comment mon corps réagit à la reprise des exercices, précise l’athlète d’origine russe. Je dois prendre le temps de me reconstruire. Je ne sais pas où en est mon genou puisque je suis tombée enceinte peu de temps après mon opération. Je ne veux absolument pas brûler les étapes. J’exclus d’ores et déjà de sauter durant la prochaine saison en salle, par exemple. »

Svetlana Bolshakova ne sait pas encore non plus qui la guidera ces deux prochaines saisons. L’an dernier, peu de temps après sa blessure, elle avait mis un terme à sa collaboration avec Michel Boels, l’entraîneur qui l’avait menée sur la troisième marche du podium lors de l’Euro 2010, à Barcelone. Celui-ci lui avait fait à plusieurs reprises le reproche, les derniers temps, de manquer de discipline et d’être en surpoids, l’une des raisons, selon lui, de son accident au genou. Cette brutale réflexion qui ne lui avait logiquement pas plu.

« Je persiste et signe, affirme pourtant Boels encore aujourd’hui. Le problème, en Belgique, c’est que nos athlètes professionnels se dispersent beaucoup trop pendant pendant leur temps libre. Celui-ci devrait être réservé au repos et à la récupération. Quand on le passe à faire des séances de photo ou des émissions de télé, cela coûte de l’énergie… »

Boels, qui est un vieux de la vieille, n’a jamais eu la réputation d’avoir sa langue en poche. Est-ce pour cela que sa candidature pour le poste de responsable du haut niveau à la Ligue francophone d’athlétisme a été écartée en bout de course, il y a quelques mois ? Qui sait…

« Cette dispersion est, selon moi, une des raisons de la maigre moisson des athlètes belges lors du dernier Euro de Zurich, ajoute-t-il. Mais il y en a d’autres : le manque d’entraîneurs professionnels, l’importance que l’on donne à des championnats de jeunes – juniors, espoirs, Jeux de la jeunesse – où la concurrence n’a rien à voir avec celle que l’on retrouve chez les seniors, et le faible nombre de compétitions auxquelles participent nos meilleurs éléments qui n’arrivent du coup pas à enchaîner deux courses une fois qu’arrivent les grandes échéances. »

Svetlana Bolshakova sait comme personne combien le triple saut peut être traumatisant. Photo Belga.

Svetlana Bolshakova sait comme personne combien le triple saut peut être traumatisant. Photo Belga.

Boels, qui a le mérite d’appeler un chat un chat (même s’il le fait sans mettre de gants…), ne désespère pas de renouer le contact avec Svetlana Bolshakova… tout en rétirant ses critiques à son sujet et le besoin de se reprendre en main. Il affirme, sans peur d’être contredit, être celui qui connaît le mieux ses qualités et ses défauts… ainsi que son lourd passé en termes de blessures ce qui peut lui permettre d’appréhender comme personne ce qu’elle est capable de supporter ou pas.

« Et puis, ajoute-t-il avec une pointe d’immodestie, le nombre d’entraîneurs belges ayant une connaissance du triple saut est limité… »

Svetlana Bolshakova, qui a déjà eu plusieurs entretiens avec la direction, technique de sa fédération, saura, à n’en point douter, faire le bon choix au bon moment. En se disant qu’elle a peut-être un bon coup à jouer dans une discipline qui, en quatre ans, n’a pas beaucoup évolué. Derrière la Colombienne Caterine Ibargüen, qui est, il est vrai, dans une autre galaxie, l’irrégularité règne. Lors de l’Euro de Zurich, la dernière qualifiée pour la finale du concours de triple saut a gagné sa place avec un saut à 13,67 m. Et, trois jours plus tard, la Russe Irina Gumenyuk, est montée sur la troisième marche du podium et décroché le bronze grâce à un bond à 14,46 m.

Neuf centimètres de moins que Svetlana en 2010…

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