Maryline Troonen, une vie beaucoup trop courte

Depuis trois ans, Maryline Troonen avait retrouvé le chemin des pistes via les compétitions "masters". Un chemin qui s'est brutalement interrompu ce jeudi... Photo D.R./Ocan.

Depuis trois ans, Maryline Troonen avait retrouvé le chemin des pistes via les compétitions “masters”. Un chemin qui s’est brutalement interrompu ce jeudi… Photo D.R./Ocan.

Elle n’était âgée que de 40 ans et, après avoir retrouvé la joie de courir depuis trois saisons en « masters », se réjouissait à l’idée de de prendre part, dans quelques mois, aux championnats du monde de sa nouvelle catégorie d’âge. Maryline Troonen ne pourra, hélas !, jamais s’offrir ce plaisir. A la stupéfaction générale, elle s’est éteinte dans la nuit de mercredi à jeudi, au CHU de Liège, après avoir contracté un virus qui l’a anéantie en trois jours. Une maladie auto-immune extrêmement rare qui ne lui a laissé aucune chance. Il y a une bonne semaine, elle avait encore pris part à une compétition de relais pour le compte de l’OC Andenne. Et le week-end dernier, elle avait assisté fièrement aux performances de son fils Thomas (11 ans) et de sa fille Victoria (9) lors d’un meeting à Nivelles…

« Au club, tout le monde est sous le choc, avoue une maman d’athlètes du cercle namurois où Maryline s’occupait également de l’entraînement des jeunes à la satisfaction générale. Personne ne comprend, on n’arrête pas de pleurer… »

Maryline Troonen, qui avait « appris » l’athlétisme au FC Hannut sous la houlette de Jules Plumier, l’un de ces formateurs que chaque discipline aimerait avoir, avait émergé parmi les meilleures au milieu des années 90 en compagnie de sa sœur Séverine, de deux ans sa cadette. Comme son « modèle », Sylvia Dethier, elle aussi un « produit » de la filière hannutoise qu’elle rêvait d’imiter, elle s’était spécialisée sur le sprint (un peu) et sur les haies hautes (surtout). « Elle était discrète, bien éduquée, travailleuse et bourrée de talent », confirme son premier entraîneur, complètement retourné, comme les autres, par l’horrible nouvelle.

Maryline Troonen (à g.)  aimait particulièrement le 60 m haies et la salle. Photo Belga.

Maryline Troonen (à g.) aimait particulièrement le 60 m haies et la salle. Photo Belga.

A ses plus belles heures sur les obstacles, celle qui avait entre-temps émigré au Sambre-et-Meuse Athlétique Club de Jambes, donnait régulièrement du fil à retordre à Myriam Tschomba et Nadine Grouwels, ses deux principales rivales belges. Et quand, avec elles, elle courait sur 60 m, durant la saison en salle, Maryline Troonen gagnait souvent. « Sur 100 m, j’ai toujours tendance à flancher sur les deux dernières haies. Je dois absolument affiner mes fins de course si je veux progresser », nous avait-elle dit à quelques heures de son départ pour les Mondiaux en salle de Maebashi, au Japon, en 1999. Une déclaration empreinte d’une modestie dont elle ne se départait jamais, souvent au grand désespoir d’Eric Florkin, son futur époux, toujours aux premières loges pour l’encourager à plus croire en ses possibilités !

Cette compétition au pays du Soleil levant, c’est l’un des quatre grands championnats auxquels elle a eu l’occasion de prendre part avec les Mondiaux indoor de Paris et les Jeux de la Francophonie, en 1997, et l’Euro en salle de Gand, en 2000. Alors que la plupart des athlètes belges avaient volontairement choisi de snober ce lointain déplacement pour lequel la Fédération internationale avait adressé deux invitations à la LRBA, elle avait saisi l’opportunité à deux mains après avoir, cet hiver-là, fixé un nouveau record personnel sur 60 m haies à 8.25 (qui est toujours la 7e performance belge de l’histoire sur la distance).

« Cela fait 15 ans que je fais de l’athlétisme et il me semble qu’un Mondial est une belle finalité », avait-elle précisé à l’époque avec une logique implacable. Pour pouvoir s’y rendre, elle avait du coup pris un congé sans solde d’une semaine alors qu’elle venait à peine de commencer sa carrière de professeur de langues qui allait la mener, quinze ans plus tard, à enseigner dans huit écoles de la région d’Andenne…

Après avoir loupé sa sélection tant espérée pour les Jeux olympiques de Sydney, régulièrement tenaillée par des douleurs aux tendons d’Achille, Maryline Troonen allait mettre un terme à sa carrière en 2002 pour entamer une nouvelle vie. Une vie qui s’est brutalement achevée jeudi et qui laisse aujourd’hui le monde de l’athlétisme francophone sans voix.

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5 réponses à Maryline Troonen, une vie beaucoup trop courte

  1. Famille Lombart Luc dit :

    Triste injustice ,condoléance à la famille ,au club et à toutes ses amies et amis ,nous devons essayer d’êtres fort pour elle et ses proche au revoir Maryline

  2. Noël Levêque dit :

    C’est avec une énorme émotion que j’ai appris la triste nouvelle. J’avais encore parlé avec elle au critérium de Belgique à Nivelles le samedi avant. J’avais beaucoup côtoyé Maryline et son papa lors des compétitions de haies puisque j’entraînais à l’époque Myriam Tschomba. Sylvia et Françoise Dethier ont été évidemment retournées en apprenant la nouvelle. Je présente mes sincères condoléances à tous les proches et amis de Maryline.

  3. vidhya pirard dit :

    Eric, vivi et tom je pense tres fort a vous de tout coeur votre petite maman va bcp nous manquer. Gros bisous a vous trois ♡ vidhya

  4. loze dit :

    Nous remettons nos sincères condoléances a toutes la famille de Maryline, pour ma fille elle était un professeur en or et toujours souriante, elle va nous manquer a nous et a ses élèves . Repose en paix Maryline

  5. janet cardenas dit :

    No tengo palabras es algo demasiado triste …..mis condolencia a toda la familia

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