Critères olympiques : Collin approuve, Muyters comprend

La délégation olympique belge sera-t-elle beaucoup plus étoffée à Rio quà Londres? Photo Belga.

La délégation olympique belge sera-t-elle beaucoup plus étoffée à Rio quà Londres? Photo Belga.

En annonçant, cette semaine, qu’il abandonnait ses propres critères et qu’il se référera désormais à ceux établis par les fédérations internationales pour déterminer sa sélection pour les Jeux, le Comité olympique et interfédéral belge (COIB) a incontestablement ravi ses athlètes. Les actuels, ce qui est logique. Et les anciens, ce qui est plus étonnant.

« Enfin !, a ainsi avoué l’ex-escrimeur Cédric Gohy sur les réseaux sociaux. L’ancien système de sélection m’a coûté les Jeux d’Atlanta ; j’avais réussi les critères de ma fédération internationale mais pas ceux du COIB. Quatre ans plus tard, pour Sydney, cela a été le contraire : j’avais fait deux ou trois fois les critères belges mais pas ceux de la FIE. Heureusement que je suis allé à Athènes, en 2004, sans quoi cela aurait été une frustration énorme pour moi. » « Plus cohérent, plus juste et plus motivant, a précisé, de son côté, l’ex-athlète Jean-Paul Bruwier, présent aux JO d’Atlanta. Cela pourrait devenir la nouvelle devise du COIB! »

Pour les pouvoirs publics, aussi, qui sont concernés au premier chef par cette mesure puisque ce sont eux qui financent en grande partie l’envoi de la délégation olympique aux Jeux, cette décision est relativement bien passée. Les ministres des Sports francophone (René Collin, CDH) et flamand (Philippe Muyters, N-VA) avaient, il est vrai, été tenus au courant de l’annonce qu’allait faire le COIB et l’avaient validée.

« Nous n’en connaissions pas le timing mais nous savions que l’info allait tomber, avoue Thomas Pollet, porte-parole de Philippe Muyters. Dès l’instant où elle permettra d’éviter des actions juridiques, nous la comprenons. »

Au cabinet Collin, on va plus loin en « se réjouissant sportivement » de l’abandon de l’une des principales prérogatives du COIB. « Cela amènera plus de clarté, soutient Eric Etienne, porte-parole de René Collin. Cela enlèvera aussi pas mal de stress à ceux qui comptaient sur un éventuel repêchage, voire une action en justice pour forcer la porte des Jeux. Au total, ce sera bénéfique pour tout le monde. C’est une décision qui a du sens. »

Une décision qui aura cependant un impact budgétaire pour les communautés, puisque ce sont elles qui financent en grande partie l’envoi de leurs athlètes aux Jeux. Le prix d’un séjour varie forcément en fonction de l’endroit où ils ont lieu. A titre d’exemple, le COIB avait budgété (à la grosse louche) un montant de 12.000 euros par personne pour les Jeux de Londres, « mais la réalité des comptes avec les communautés est bien plus complexe que cela », selon Luc Rampaer, porte-parole du COIB.

Celles-ci ne participent pas de la même manière au financement de l’envoi de leurs troupes. La Fédération Wallonie-Bruxelles finance au prorata de ses représentants, la Flandre de manière forfaitaire.

René Collin, le ministre des Sports francophone, se réjouit de la décision du COIB. Photo Sylvain Piraux.

René Collin, le ministre des Sports francophone, se réjouit de la décision du COIB. Photo Sylvain Piraux.

« Même s’il est impossible de prédire à quel niveau, il devrait logiquement y avoir un impact financier à la décision du COIB, admet Eric Etienne. Comme il y aura plus d’athlètes susceptibles de réussir les critères, on part sur une estimation d’une augmentation de frais de l’ordre de 10%, ce qui nous semble tout à fait supportable. S’il y a un surcoût, nous assumerons. Il ne faut pas oublier la valeur d’exemple que représente une participation aux Jeux et ce qu’elle peut générer comme bonnes retombées en cas de succès. »

« Cela ne devrait pas représenter une augmentation de budget gigantesque », affirme-t-on, par ailleurs, au cabinet Muyters.

Selon les calculs effectués par le COIB, la simple application des critères internationaux aurait permis à 5 athlètes de plus d’aller aux JO de Londres, soit une augmentation de 4% des 120 sélectionnés présents ; mais elle aurait également permis à 5 athlètes supplémentaires d’aller aux Jeux d’hiver de Sotchi, en février dernier, soit une augmentation de… 62,5 % par rapport aux 8 sportifs repris. Avec, il faut l’admettre, aucune chance de médaille, voire de top 8…

De quoi se demander si, en cas d’augmentation autre que marginale, la responsabilité d’un éventuel surcoût ne devrait pas incomber au COIB plutôt qu’aux communautés. Car, comme l’indique un observateur sous le couvert de l’anonymat, « il faut avoir le courage de sa politique »

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