Hans Van Alphen, le retour de Superman

Hans Van Alphen s'entraîne à nouveau sans la moindre retenue, y compris à la perche. Photo Philippe Crochet/Photo News.

Hans Van Alphen s’entraîne à nouveau sans la moindre retenue, y compris à la perche. Photo Philippe Crochet/Photo News.

Il est en partance pour l’Afrique du Sud, où il restera en stage jusqu’au 23 décembre. Un deuxième déplacement de longue durée en très peu de temps, pour préparer la saison qui arrive, après les deux semaines passées à Lanzarote, à la mi-novembre, sous l’égide du COIB. Même s’il avoue que sa famille lui manquera forcément durant ce nouvel exil, Hans Van Alphen ne se plaint pas. Cela fait trop longtemps, en effet, qu’il attendait ces moments où il a de nouveau l’impression d’être un athlète, où il peut s’entraîner sans appréhension et où il peut se projeter vers les compétitions futures sans crainte d’être déçu à l’arrivée.

L’homme qui avait tenu tout le pays en haleine pendant deux jours durant le décathlon des Jeux de Londres, où il avait finalement terminé 4e , avait un peu disparu des radars depuis le début de l’année 2013. A la suite d’une mauvaise réception lors d’un entraînement de perche, en mars de l’année post-olympique, il s’était déchiré le tendon de la cheville droite et abîmé le cartilage. Le début d’un long calvaire pour le Campinois qui, malgré une opération réparatrice, allait souffrir pendant plus d’un an.

« J’ai parfois douté, admet-il. Au fil des mois, j’ai sans cesse dû reporter une rentrée que j’avais programmée dans ma tête : les Mondiaux de Moscou 2013, le meeting de Götzis puis l’Euro de Zurich 2014. C’est d’autant plus dur que, en décathlon, les compétitions sont rares. Et ce sont elles qui nous motivent à continuer. Heureusement, pendant tous ces mois, j’ai senti le soutien des gens que j’avais fait vibrer à Londres et qui trouvaient dommage que je ne puisse plus défendre mes chances. »

Il a fini par entrevoir la lumière en septembre dernier. Pour la première fois depuis deux ans, au même endroit qui plus est, Van Alphen a bouclé un décathlon. A Talence, dans la banlieue de Bordeaux. Son total de 7.498 pts, il le reconnaît lui-même, s’est révélé anecdotique, à plus de 1.000 pts de son record de Belgique établi à Götzis, en 2012, avec 8.519 pts. L’essentiel, pour lui, était ailleurs.

« J’étais surtout content d’être là, parmi les miens, en fin de saison, dans une ambiance très décontractée, explique-t-il. Je n’aurais jamais repris dans un concours plus relevé. Ma préparation avait été chahutée, je n’avais que quatre semaines d’entraînement “normal” dans les jambes et je savais que je ne devais pas attendre grand-chose. Sur les 10 épreuves du décathlon, il n’y en avait que quatre que j’avais pratiquées en compétition au cours des deux dernières années : le poids, le disque, la perche et la longueur (NDLR : dans le cadre de concours individuels ou de triathlons). Je manquais donc un peu de repères. »

Le « Superman » d’Alken dit avoir savouré l’instant, d’autant qu’il est reparti de France sans la moindre douleur. « Cela faisait si longtemps… »

A Londres, Van Alphen avait été l'in des premiers à féliciter l'Américain Ashton Eaton après sa victoire en décathlon. Photo Dirk Waem/Belga.

A Londres, Van Alphen avait été l’in des premiers à féliciter l’Américain Ashton Eaton après sa victoire en décathlon. Photo Dirk Waem/Belga.

A moins de deux ans des Jeux de Rio, il a donc repris espoir. La préparation à laquelle il est en train de s’astreindre pourrait le mener, cet hiver, à l’Euro indoor de Prague – « Encore que je ne suis pas vraiment un heptathlonien (NDLR : en salle, les épreuves lancers, où il est généralement très performant, sont réduites au seul poids et le 1.500 m, l’un de ses autres points forts, est raboté pour en faire un 1.000 m) ; si j’y vais, ce sera pour retrouver le rythme de la compétition » -, et, plus probablement vers le triptyque Götzis – Mondiaux (à Pékin) – Talence cet été.

« J’aimerais pouvoir, dès cette année, réussir les critères pour les Jeux de Rio, lance-t-il. Je ne pense pas qu’ils seront aussi exigeants qu’il y a quatre ans. Je ne m’attends pas à être déjà au niveau de mon record. J’avance pas à pas. En 2016, j’espère que je serai à mon top. Je pense que je peux encore progresser, notamment sur les haies et à la perche. »

Ces JO 2016, ses troisièmes, seront forcément ses derniers. Il le dit aujourd’hui, il y a 90% de chances que l’année olympique soit sa dernière. « Il faut être raisonnable, j’aurai 34 ans… » Le bel âge pour céder définitivement le flambeau à la génération suivante, symbolisée par Thomas Van der Plaetsen, malgré le drame qui vient de frapper ce dernier.

Comme l’ensemble du monde de l’athlétisme belge, Hans Van Alphen a été profondément choqué par l’annonce du cancer du jeune Flandrien et, surtout, par la manière dont il a été rendu public, après un contrôle antidopage positif… qui aura finalement été le révélateur de sa maladie.

« C’est grave que son nom ait ainsi été lié au dopage alors qu’il n’en était rien, dit-il. On aurait dû le protéger. Aujourd’hui, je pense très fort à lui et lui souhaite le meilleur pour un rapide rétablissement. Je lui ai récemment envoyé un message vidéo pour l’encourager dans ces moments difficiles. Tout ce que j’espère, c’est qu’il revienne très vite au plus haut niveau. »

Pour reformer un sacré duo au sommet du décathlon mondial.

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