Les belles promesses de René Collin

René Collin a promis un maximum d'efficacité aux fédérations sportives francophones. Photo Sylvain Piraux.

René Collin a promis un maximum d’efficacité aux fédérations sportives francophones. Photo Sylvain Piraux.

Vendredi soir, au WEX de Marche-en -Famenne, René Collin (CDH) jouait à domicile. Le ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles recevait, à quelques kilomètres de chez lui, l’ensemble des fédérations sportives francophones. Au menu, spécialités locales (cochonnailles, fromages et bières artisanales) pour détendre l’atmosphère, avant un discours qu’ils étaient nombreux à attendre un peu nerveusement. La situation financière de la Communauté et les mesures d’économie qu’elle devra forcément prendre pendant cette législature n’auguraient, à vrai dire, rien de bon… Et certaines rumeurs de mesures drastiques pour faire face à cette rigueur exigée étaient arrivées aux oreilles de plusieurs dirigeants. Allaient-ils repartir du Luxembourg avec les ailes légèrement rognées ?

René Collin a vite rassuré tout le monde quand il est monté sur scène. Après avoir caressé ses invités dans le sens du poil en guise d’introduction – « La pérennité du monde sportif francophone, c’est vous ! » – il s’est ingénié à démonter une à une les interrogations de ses invités. Et à les tranquilliser.

« Le sport francophone sera-t-il affecté par les contraintes budgétaires ? Non ! L’enveloppe sportive globale a été consolidée et le budget sera même légèrement augmenté. Les économies porteront essentiellement sur les dépenses en termes d’équipements, qui seront lissées, et sur l’administration, dont les frais de fonctionnement seront réduits de 13% (NDLR : mazette !) », a-t-il lancé en guise de prélude.

Le ministre a également promis un traitement accéléré de l’étude des plans-programme qui, ces dernières années, avait mis plus d’une fédération dans l’embarras. De quoi s’agit-il ? Avant le début de chaque saison, chaque fédération doit estimer ses besoins en matière de programme de développement sportif et le chiffrer jusque dans les moindres détails dans un rapport très détaillé. Un travail titanesque et minutieux dont le résultat est transmis à l’administration qui l’étudie sous tous les angles avant de le valider (ou pas). Ce n’est qu’après avoir donné son feu vert que les fonds qui servent à financer ledit programme sont débloqués.

Au fil des ans, ces dossiers avaient pris de plus en plus de temps à être étudiés. En 2014, il a pratiquement fallu attendre l’été pour que cette validation soit effective. Certaines fédérations ont ainsi vécu pendant 6 mois sur le fil du rasoir, en engageant des frais qu’elles n’étaient pas certaines de voir remboursés. On en connaît d’ailleurs qui, par le passé, faute de fonds de roulement, ont même dû emprunter une partie des montants dont elles avaient besoin, devant assumer des intérêts bancaires qu’elles auraient pu éviter si leur plan-programme avait été entériné plus tôt. C’est l’un des problèmes de la plupart des fédérations francophones : elles dépendent pratiquement essentiellement des fonds publics et ont du mal à assumer des dépenses inattendues.

« Il est difficile de naviguer à vue quand on ne connaît pas les budgets qui nous serons alloués, mais la décision sur les plans-programmes, pour lesquels nous tolérerons plus de souplesse, sera prise pour février au plus tard, a promis René Collin. Et leur budget total sera le même (que l’an dernier) »

Le ministre des Sports a par ailleurs entendu les récriminations de certains qui affirment que le modèle du sport de haut niveau en Fédération Wallonie-Bruxelles ne correspondrait pas aux réalités du terrain. Ces dernières semaines, plusieurs experts ont rejoint son cabinet : Jean-Michel Saive, Thomas Chatelle (football) et Laurent Mars (cyclisme).

« Une commission, dont Jean-Michel Saive assurera la coordination avec André Stein, le président de l’AISF (Association interfédérale du sport francophone), Eddy De Smedt, le directeur sportif du COIB et le futur président de la Direction générale du sport, devra me faire des propositions concrètes », dit-il.

Le ministre des Sports veut que les pratiquants retrouvent le chemin des clubs. Photo Belga.

Le ministre des Sports veut que les pratiquants retrouvent le chemin des clubs. Photo Belga.

Des propositions qui, on l’espère, pourront être appliquées d’urgence. René Collin a beau affirmer que le sport francophone a obtenu des résultats encourageants ces derniers mois, ce qui n’est pas tout à fait faux, quand on se penche sur les résultats obtenus dans les disciplines olympiques, qui permettent d’effectuer un bilan vraiment pertinent de la santé d’un pays, on se rend compte que la Belgique n’a décroché qu’une médaille dans un championnat du monde et quatre dans un championnat d’Europe en 2014. Dont une seule via une athlète du sud du pays – la 3e place de Nafi Thiam en heptathlon à l’Euro d’athlétisme de Zurich. Pour Rio, il va donc falloir souquer ferme !

René Collin pense aussi au travail à long terme. Pour dénicher plus de sportifs de premier plan, il faut élargir la base, « développer le sport au cœur d’un projet de société ».

« Il y a 70% de gens qui pratiquent une activité physique dans notre pays. Il faut essayer de les séduire pour leur permettre de (re)trouver le chemin des clubs. Pour cela, il faut investir les écoles mais aussi créer de nouveaux clubs ».

Avant de conclure.

« Ayez confiance en nos sportifs, en nos clubs et en vous »

Une grande partie de l’assistance est repartie ragaillardie. En se donnant rendez-vous dans un an pour un premier bilan.

Cette entrée a été publiée dans Politique sportive, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Les belles promesses de René Collin

  1. Henrioulle Jacques dit :

    Aurons-nous enfin un ministre qui fait autre chose que des promesses électorales
    pré-élections? L’école EST un lieu où s’inculque et s’apprend le goût de l’effort physique (entre autres). Tout le monde le dit… combien le mettent en application dans leur cours? Pour trop de collègues l’E.P. et le sport sont des cours dont on ne voit pas l’”utllité”. Comment persuader les élèves si on n’est pas soi-même convaincu et si on ne prêche pas par l’exemple? On a la jeunesse sportive qu’on mérite! Réveillons-nous, collègues.
    S.: un ex” prof de coupèrous, comme on dit à Lîtch.

Répondre à Henrioulle Jacques Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>