Frédéric Xhonneux : « Je suis un serviteur de l’athlétisme »

Frédéric Xhonneux, lors du concours de hauteur du décathlon des JO de Pékin, où il s'est blessé au quadriceps avant de devoir abandonner... Photo Belga.

Frédéric Xhonneux, lors du concours de hauteur du décathlon des JO de Pékin, où il s’est blessé au quadriceps avant de devoir abandonner… Photo Belga.

Ce sont deux anecdotes, mais elles sont révélatrices du personnage.

En 2005, aux Mondiaux d’Helsinki, dans des conditions climatiques dantesques, Frédéric Xhonneux prend résolument la tête du 1.500 m, la dernière épreuve du décathlon, mais en garde volontairement sous la semelle quitte à perdre dans l’aventure des points précieux, avant de s’imposer avec 6 secondes d’avance sur son plus proche poursuivant. « J’avoue que j’aurais pu aller plus vite, mais je ne me suis pas donné à 100 % parce que cela n’aurait rien changé et que je voulais savourer ces 500 derniers mètres et les encouragements du public ! », dit-il à la fin de l’épreuve où il termine 14e.

Trois ans plus tard, aux Jeux de Pékin, il se blesse lors du concours de hauteur, l’avant-dernière épreuve du premier jour de compétition. Une élongation au quadriceps, qui ne lui laisse aucune chance de poursuivre sa route. Pourtant, à l’heure du 400 m, il arrive dans son couloir, chaussures de jogging aux pieds. Au coup de pistolet du starter, il se relève plutôt que de prendre le départ et repart dans les entrailles du Nid d’oiseau. « J’ai tout essayé à l’échauffement, mais le risque que je me “pète” était trop grand, précise-t-il dans la zone d’interview. Mais je voulais monter une dernière fois sur la piste pour tous ceux qui m’ont aidé… »

C’est cet homme fondamentalement épris de son sport, celui aussi qui, en compagnie de François Gourmet a relancé le décathlon en Belgique, qui, à partir de cet été, prendra la succession de Noël Levêque comme consultant athlétisme à la RTBF. Un héritage lourd à porter tant celui qui dirige également le CA Brabant wallon, avait fait de sa voix et de ses connaissances un double outil de référence aux côtés de Vincent Langendries. Pourtant, le choix effectué par la chaîne publique risque de faire assez rapidement la même unanimité.

« C’est une proposition sympa qui était difficilement refusable quand, comme moi, on aime l’athlétisme et qu’on veut faire partager sa passion, dit le décathlonien bruxellois, qui s’était fait les dents en tant que consultant depuis trois ans sur Be TV aux côtés du journaliste Patrick Stein lors des meetings de la Diamond League. Il me faudra sans doute un peu de temps pour trouver de nouveaux automatismes mais je suis ravi. »

Là où il l’est un peu moins, c’est que cette nouvelle activité, même si elle ne sera qu’épisodique, va forcément empiéter sur son programme athlétique. A seulement 31 ans (32 en mai), « Fred » est encore loin d’être rassasié, même s’il sait qu’il ne vivra plus les mêmes émotions des grandes compétitions passées. On l’a encore vu cet hiver, lors de la saison indoor, où il a pris part aux championnats francophones (au poids) et aux championnats de Belgique (au triple saut).

« Je fais encore de l’athlé juste pour le plaisir, précise-t-il. Je me suis mis en tête de faire encore un décathlon cette année. Malheureusement, ce ne sera pas aux championnats de Belgique : ils ont lieu en même temps que les Mondiaux de Pékin… »

Frédérix Xhonneux (à dr.) avec Hans Van Alphen, son compagnon d'infortune qui avait aussi dû abandonner à Pékin. Photo Belga.

Frédérix Xhonneux (à dr.) avec Hans Van Alphen, son compagnon d’infortune qui avait aussi dû abandonner à Pékin. Photo Belga.

Xhonneux, heureusement pour lui, a le chic pour trouver d’autres dérivatifs. Des épreuves improbables qu’il tente pour le fun comme ce décathlon en une heure qu’il va disputer le 29 mars à Forest. Ou cet icosathlon, un « double décathlon » de 20 épreuves, auquel il a pris part à Delft en septembre dernier. Ou encore cette course contre le métro bruxellois accomplie entre les stations Porte de Namur et Louise en octobre 2014. Tant que l’on peut courir, sauter ou lancer, ce supporter inconditionnel du FC Malines – « A cause du KV de la grande époque, avec Michel Preud’homme ! » – est partant !

Régent en éducation physique, employé par Brussels Athletics, un organisme qui s’occupe de la promotion de l’athlétisme dans la capitale, administrateur et entraîneur à l’Excelsior de Bruxelles, son club de toujours, le voici prêt à rajouter une nouvelle casquette à sa collection.

« J’essaierai de faire ça avec passion et professionnalisme, conclut celui qui dit aimer beaucoup la manière dont Cédric Vasseur travaille en cyclisme. Pouvoir aller sur les plus grandes compétitions, essayer d’attirer et de fidéliser le public pour mon sport, voire les inciter à en faire, c’est vraiment le nec plus ultra pour quelqu’un qui, comme moi, s’est toujours considéré comme un serviteur de l’athlétisme ! »

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Une réponse à Frédéric Xhonneux : « Je suis un serviteur de l’athlétisme »

  1. Billet plus que concis , je dirais parfait

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