Gentges, avec « G » comme gymnastique

Maxime Gentges a assurément de la souplesse à revendre! Photo FFG.

Maxime Gentges a assurément de la souplesse à revendre! Photo FFG.

Il y a, dans la vie d’une fédération sportive, des étapes qui marquent, et pour celle (francophone) de gymnastique (FFG), un moment important s’est produit la semaine dernière. Pour la première fois depuis l’ouverture de son centre d’entraînement de haut niveau de Mons, il y a 6 ans, l’un de ses résidents a disputé la finale d’un grand championnat, celle « all-around » du concours masculin de l’Euro de Montpellier, dont il était, à 20 ans, le plus jeune participant. Qu’il le veuille ou non, Maxime Gentges, l’auteur de cet «exploit», devra désormais vivre avec ce particularisme, qui n’est, il faut le dire, pas trop dérangeant !

Originaire de Malmédy, « Max » avait pourtant mis du temps à se décider à rejoindre le Hainaut en 2009. A l’époque, à 14 ans, il avait hésité à quitter son environnement et ses habitudes, à sortir de l’ « ambiance club » pour celle – plus ardue – d’une structure «haut niveau» avec toutes les exigences que celle-ci requérait. « Je n’étais pas sûr de moi, reconnaît-il. C’est la raison pour laquelle, je ne suis pas arrivé en septembre, comme les autres, mais quatre mois tard, en janvier, après un stage effectué de Noël qui m’a convaincu. Tous les autres avaient l’air tellement heureux et épanouis… »

Depuis ce jour, il a appris à dompter des horaires impitoyables qui lui imposent d’être sur le praticable 6 heures par jour, 5 jours sur 7, sous la direction de l’entraîneur en chef de l’équipe masculine, l’Ukraino-Polonais Andrei Levit. Trente heures… et tout le reste pendant lesquelles aucun relâchement n’est toléré.

« Il faut accepter une discipline de tous les instants, admet-il. Heureusement, nous sommes très bien encadrés, tant sur le plan technique que médical. J’ai de la chance d’avoir un corps qui résiste bien aux charges, mais on ne va jamais au-delà de ce qui est raisonnable. »

Considéré comme un gymnaste très complet par sa direction technique, il avoue avoir une petite préférence pour le cheval d’arçons et la barre fixe parmi les six agrès qu’il doit maîtriser. “Nous sommes en train de préparer des grosses séries sur ces deux éléments-là.”

S’il ne fait, à 20 ans, qu’arriver à sa maturité sportive, cela fait quelque temps que Maxime Gentges est considéré comme la plus belle promesse de la gymnastique francophone actuelle, ce qui lui a d’ailleurs valu, depuis l’an dernier, de bénéficier d’un contrat de sportif d’élite de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Comme le souligne Valérie Van Avermaet, la directrice technique de la FFG, « il a un énorme potentiel. Il a une coordination hyper naturelle ; il est fort mais souple. Il a aussi un niveau corporel très équilibré, ce qui lui permet de ne pas beaucoup se blesser. Enfin, mentalement, il est impressionnant ; dans sa tête, tout est clair, il a une motivation maximale. »

Une motivation qui lui a permis, lors des qualifications à l’Euro de se hisser à la 13e place, un exploit dont la hauteur n’était pas forcément attendue ; et s’il a fini 21e de la finale du concours général (ou « all around »), notamment à cause d’une chute très spectaculaire à la barre fixe, ce qui lui a procuré une frustration bien légitime, il est rapidement passé « au-dessus », non sans en tirer les conclusions qui s’imposent.

« D’habitude, il y a un jour de repos entre les qualifications et la finale, mais ce n’était pas le cas ici. Je n’avais pas suffisamment récupéré (NDLR : d’autant que, dans l’excitation du moment, il n’avait pas réussi à s’endormir avant 3 h du matin et ne s’était pas suffisamment alimenté). C’est une info à prendre en compte pour l’avenir. »

Un raisonnement cartésien pour ce futur ingénieur de gestion qui en est à sa deuxième année à l’Université de Mons où il se rend aux cours quand il peut. « J’étudie beaucoup par moi-même, ajoute-t-il. Et ma copine, qui suit les mêmes études que moi, me file régulièrement ses notes. Ca aide ! »

Maxime (à g.) et Gilles Gentges: les deux font la paire. Photo FFG.

Maxime (à g.) et Gilles Gentges: les deux font la paire. Photo FFG.

Dans son entourage immédiat, Maxime Gentges peut aussi compter sur son grand frère gymnaste, Gilles, 25 ans, dont il partage l’appartement « parce que c’est plus facile à deux ». Celui-ci, qui bouclera en septembre son cursus d’ingénieur en construction, également à Mons, a rejoint le centre de haut niveau de la FFG en août 2013, après une première « vie » dans son équivalent flamand, à Gand.

« A l’époque, j’étais parti du côté néerlandophone parce qu’il n’y avait pas encore de centre en Wallonie à l’époque, rappelle-t-il. J’y ai beaucoup appris, je m’y suis fait des amis dans le groupe des élites de la fédération flamande et j’y suis devenu bilingue » (après avoir notamment entamé des études d’architecture à l’Université de Gand).

Après avoir mis un premier terme à sa carrière en 2010 après les Mondiaux de Rotterdam « parce que je devais me faire opérer du genou, parce que nous venions de louper notre qualification olympique par équipes pour les JO de Londres, parce que je sentais qu’en individuel, on allait y envoyer un plus jeune que moi et parce que je voulais me concentrer sur mes études », Gilles Gentges n’a, dit-il, pas eu trop de mal à reprendre le collier après trois ans de chômage gymnique. « Cela m’a un peu surpris, mais tant sur le plan physique que technique, je suis vite revenu, affirme-t-il. Il y a juste mes tendons qui ont mis un peu de temps à retrouver la norme d’avant. Mais aujourd’hui, ça va. »

S’il a décidé de s’y remettre, c’est, dit-il, « pour aider mon frère, qui a besoin de moi pour évoluer. Je lui apporte mon expérience et mon recul. On se complète bien, on a la même méthode de travail, on est consciencieux, on a la même hygiène de vie, les mêmes amis. »

Des « faux jumeaux », en quelque sorte, qui rêvent de partager leur ambition olympique en 2016, à Rio. Pour cela, il faudra impérativement que la sélection belge décroche son billet pour l’inter-pays, l’objectif avoué de la fédération, même si cela passera vraisemblablement par une longue route.

« En octobre, aux Mondiaux par équipes de Glasgow, il faudra impérativement terminer parmi les 16 premières nations, explique Valérie Van Avermaet. Les 8 premières – dont nous ne ferons pas partie, il ne faut pas rêver ! – seront automatiquement qualifiées pour Rio, les 8 suivantes seront sélectionnées pour l’épreuve de qualification olympique prévue début 2016, où il faudra finir parmi les 4 premières. Lors des derniers championnats du monde, en 2014, nous avions terminé 19es avec une équipe très jeune. Nous avons donc, pour commencer, trois places à gagner… »

En attendant le rendez-vous écossais, Maxime et Gilles Gentges iront se faire les dents – et surtout les bras… – à l’Universiade de Gwangju, en juillet. Une grande première «commune» pour les deux frangins à un niveau international, qu’ils sauront apprécier à sa juste mesure. A voir maintenant qui « emmènera » l’autre !

Cette entrée a été publiée dans Gymnastique, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>