C’est Evi “fluctuat nec mergitur” Van Acker!

Aujourd'hui l'une des plus expérimentées du circuit de voile, Evi Van Acker retire les fruits d'années d'investissement et de travail. Photo D.R.

Aujourd’hui l’une des plus expérimentées du circuit de voile, Evi Van Acker récolte les fruits d’années d’investissement et de travail. Photo D.R.

Cela ne marche pas trop mal, en ce moment, pour les médaillés belges des derniers JO de Londres. En judo, Charline Van Snick a réintégré le top 10 mondial de sa catégorie des moins de 48 kg après avoir terminé 3e au Grand Chelem de Bakou alors qu’en tir, Lionel Cox vient de décrocher une médaille d’argent à Hanovre. Mais c’est surtout Evi Van Acker, 3e en voile en classe Laser Radial aux Jeux, qui est en train de casser la baraque. Il n’y a pas une sportive belge, à l’heure actuelle, qui domine autant sa discipline qu’elle. Depuis le début de l’année, la Gantoise marche littéralement sur l’eau puisqu’à l’exception d’une… 2e place à la manche de Coupe du monde de Miami, en janvier, elle a remporté toutes les compétitions auxquelles elle a participé, dans l’ordre, la Semaine andalouse, à Cadiz (début mars), le Trophée Princesa Sofia, à Majorque(début avril), la manche de Coupe du monde de Hyères (fin avril) et l’Eurosaf du lac de Garde (début mai). Battue par les flots, elle ne sombre pas !

« La différence fondamentale par rapport aux années précédentes, c’est que je suis beaucoup plus régulière lors des régates qualificatives, explique-t-elle modestement. Du coup, je me retrouve toujours en bien meilleure position au moment de la « medal race » en fin de semaine et c’est plus facile de remporter la victoire finale. J’ai juste encore un problème avec la première course lors de mes compétitions ; j’ai toujours un peu de mal à me mettre « dedans ». C’est un problème qu’il faudra travailler ces prochains mois. »

Assez curieusement, tous ces succès n’ont pas encore permis à la Belge de se hisser à la première place du ranking mondial. Celle-ci est toujours occupée par la Britannique Alison Young, Evi devant se « contenter » de la deuxième place. « C’est dû au fait que Young a disputé – et remporté – la manche de Coupe du monde de Melbourne, à la fin de l’an dernier, où elle n’avait pas beaucoup de concurrence. Elle y a pris beaucoup de points. Ce résultat fausse un peu le classement. Après la Coupe du monde de Weymouth (du 8 au 14 juin), tout le monde sera remis au même niveau. »

Et Van Acker devrait s’emparer de la première place…

Ses exploits à répétition sont d’autant plus impressionnants que le niveau de sa discipline, comme souvent quand les JO se pointent à l’horizon, ne cesse de monter depuis quelques mois. Les manches de Coupe du monde, par exemple, autrefois ouvertes à tout le monde, sont désormais limitées à 40 skippeuses – une de plus qu’aux Jeux, ce qui a resserré la qualité des concurrentes. La création d’une finale de Coupe du monde, en fin de saison, à Abu Dhabi, a également ajouté à un calendrier déjà bien chargé une épreuve de premier plan. Une épreuve pour laquelle elle est d’ores et déjà qualifiée cette année suite à sa victoire à Hyères (tous les vainqueurs de manches de Coupe du monde sont automatiquement sélectionnés).

Evi Van Acker (au centre), entourée de ses équipiers de la Fédération flamande Sam Vandormael et Emma Plasschaert, sa concurrente et amie. Photo D.R.

Evi Van Acker (au centre), entourée de ses équipiers de la Fédération flamande Sam Vandormael et Emma Plasschaert, sa concurrente et amie. Photo D.R.

Pour expliquer son incroyable niveau, qui devrait faire d’elle l’une des (très) grosses chances de médaille à Rio, Evi Van Acker avance son âge (29 ans) et sa longue expérience (déjà deux JO à son actif), deux facteurs essentiels en voile. Mais elle n’oublie pas de mentionner la présence constante à ses côtés, tant à l’entraînement qu’en compétition, de sa concurrente et néanmoins amie Emma Plasschaert. La jeune Ostendaise de 21 ans, qui sera appelée à terme, à prendre la relève belge en Laser Radial occupe, en effet, la 9e place au ranking mondial, un niveau qui, dans n’importe quel autre pays, en ferait d’ores et déjà une qualifiée pour Rio en puissance…

« Notre situation est assez unique, confirme Evi Van Acker. Il n’y a pas un pays qui possède deux filles aussi bien classées qu’Emma et moi et cela en rend plus d’un jaloux! Nous nous entendons super bien, nous nous entraînons constamment ensemble (en partageant le même coach, le Néerlandais Wil van Bladel) et nous nous tirons vers le haut. Je ne vois que du win-win dans ce système. »

Alors qu’on en connaît dans d’autres sports qui, s’ils étaient dans la même situation qu’elle, vivraient assez mal cette concurrence et demanderaient des garanties olympiques, Evi Van Acker a choisi de jouer le jeu à fond. Et a accepté que la sélectionnée pour Rio ne soit désignée qu’en dernière minute, l’an prochain. Un jeu risqué quand on voit le niveau qui est le sien aujourd’hui.

« Je n’ai pas cet état d’esprit et je suis effectivement à fond derrière notre système, assure-t-elle. Avec Emma, nous avons envie de rester l’équipe la plus compétitive encore pendant plusieurs mois, et certainement jusqu’à Rio. Si on devait décider aujourd’hui du nom de la sélectionnée et que celle-ci venait à se blesser à l’approche des Jeux, ce serait une très mauvaise chose pour toutes les deux… »

Rio, elle affirme ne pas encore (trop) y penser. Une bonne chose finalement quand on lit les bulletins alarmants qui continuent de tomber sur l’état lamentable des eaux de la baie de la “cité merveilleuse”, où se déversent les eaux usées de la ville et qui, pour certains, s’assimile à un véritable dépotoir.

« La dernière fois que nous y sommes allés, en décembre, tout était encore très sale, reconnaît Evi Van Acker. Une ampoule que je m’étais occasionnée s’était d’ailleurs infectée sans doute à cause de la mauvaise qualité de l’eau. Nous y retournons à la fin du mois de juillet pour deux mois d’entraînement. En croisant les doigts pour que la situation s’améliore d’ici là. »

D’ici là, avant les régates de Weymouth, où elle retrouvera les flots sur lesquels elle avait vogué vers la médaille de bronze, aux JO 2012, elle tentera de poursuivre sur sa lancée actuelle lors de la manche Eurosaf de Medemblik, aux Pays-Bas, du 26 au 30 mai. Quand on a pris la bonne vague, autant rester dessus…

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