Olympien un jour, olympien toujours

Gaston Roelants a reçu le premier exemplaire (surdimensionné et symbolique!) de la "carte d'identité olympique" de l'Association des olympiens belges des mains de Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB. Photo Belga.

Gaston Roelants a reçu le premier exemplaire (surdimensionné et symbolique!) de la “carte d’identité olympique” de l’Association des olympiens belges des mains de Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB. Photo Belga.

Ils étaient une petite centaine, il y a une dizaine de jours, à avoir fait le déplacement jusqu’à l’hippodrome de Boitsfort pour venir encourager l’opération Run to Rio, qui a permis au Comité olympique et interfédéral belge (COIB) de récolter 400.000 euros pour la préparation olympique 2016. Des hommes, des femmes, des jeunes, des anciens (parfois très anciens !) réunis sous la même bannière de l’olympisme, eux qui, au cours de leur vie, ont eu l’honneur (ou réussi l’exploit, c’est selon) de participer un jour aux Jeux. Des olympiens, comme on les appelle officiellement.

A leur tête, Gaston Roelants. Champion olympique du 3.000 m steeple à Tokyo, en 1964, et quintuple participant aux Jeux, de Rome 1960 à Montréal 1976. Un « monstre » du sport belge tatoué aux cinq anneaux et toujours bon pied, bon œil à 78 ans. Depuis 2003, année de sa création, c’est lui qui préside l’Association des olympiens belges (AOB), l’une des 142 branches nationales de la World Olympians Association (WOA), dont le mandat est de « représenter tous les olympiens et de travailler pour eux à tous les stades de leur vie ». Un rôle essentiellement protocolaire, mais qu’il assume avec sérieux et enthousiasme. Et – évidemment – gracieusement !

« Les olympiens ont la capacité unique de se servir de la puissance et de la neutralité du sport pour le bien de la société, exploitant le potentiel unique du sport pour stimuler la cohésion sociale partout où elle est nécessaire, peut-on lire sur le site de la WOA, présidée, elle, par le Français Joël Bouzou, un ex-pentathlonien moderne. Les olympiens personnifient également les valeurs d’excellence, de travail d’équipe et de discipline ; ils peuvent servir d’exemples à suivre pour aider à rassembler les communautés, à travers toutes les divisions ethniques, religieuses et sociales. »

Estimés à près de 100.000 de par le monde, les olympiens sont, au dernier recensement effectué grâce à l’aide du COIB, 906 en Belgique, dont les plus anciens ont participé aux Jeux de Londres 1948. S’il ne les connaît pas tous personnellement, Gaston Roelants possède à tout le moins leur adresse. Et, chaque jour, l’une des premières choses qu’il fait après s’être levé, c’est envoyer une carte de vœux à ceux qui fêtent leur anniversaire. Une manière rafraichissante de garder le contact.

« Les olympiens, ceux d’ici et d’ailleurs, c’est un peu ma deuxième famille, dit l’ancien athlète. Certains ont tendance à l’oublier, mais nous sommes le pilier essentiel du mouvement olympique. Sans nous, il n’y aurait pas de Jeux. Ce sont les athlètes qui font le spectacle et qui se battent pour l’honneur de leur pays et de leur comité national olympique. »

Marisabelle Lomba, médaillée de bronze en judo aux JO d'Atlanta 96, faisait partie de la centaine d'olympiens venus assister au nouveau lancement de l'AOB, à Boitsfort. Photo Belga.

Marisabelle Lomba, médaillée de bronze en judo aux JO d’Atlanta 96, faisait partie de la centaine d’olympiens venus assister au nouveau lancement de l’AOB, à Boitsfort. Photo Belga.

Jusqu’à présent, dans notre pays, selon Roelants, ils souffraient toutefois d’un manque de reconnaissance et leur force de représentation était sous-exploitée. Il a fini par convaincre qu’ils méritaient un meilleur sort. Et les choses ont bougé.

« Nous nous sommes effectivement rendu compte que les olympiens avaient été un peu oubliés, admet Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB. Et nous avons réagi. Notre volonté est clairement de les remettre à l’honneur. »

Comment ? En leur permettant d’abord de s’identifier grâce à une « carte d’identité olympique » qui leur sera exclusivement réservée. Puis, grâce à elle, en les faisant profiter d’un programme « avantage » grâce auquel ils recevront des entrées gratuites pour de nombreux événements sportifs organisés en Belgique mais aussi des réductions sur certains produits ou services fournis par les sponsors du COIB.

« Nous allons également plus les associer à certaines manifestations pour lesquelles nous sommes régulièrement sollicités, dit encore Pierre-Olivier Beckers. Ils peuvent être au cœur d’une mobilisation. Les impliquer dans certains événements peut leur permettre de « prolonger » leur vie olympique. »

Pas question toutefois d’en faire une force de réflexion ou de lobbying. Pour ce volet bien précis, la direction du COIB entend s’appuyer de plus en plus sur la commission des athlètes, dont les élus sont des sportifs encore en activité ou ayant participé à l’une des deux dernières éditions des Jeux olympiques, d’été ou d’hiver.

« Je suis heureux que le COIB se soit « réveillé », conclut Gaston Roelants. J’ai parlé avec de nombreux olympiens à Boitsfort et je peux vous assurer que tout le monde était fier de cette carte d’identité olympique qui nous identifie clairement. Croyez-moi, plus on vieillit, plus on accorde de l’importance à ce genre d’attention ! »

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Une réponse à Olympien un jour, olympien toujours

  1. Lomba Marie-Isabelle dit :

    Très bonne initiative à l’égard des Olympiens. J’ y avais pensé depuis de longues années au fait que notre image pouvait servir à la promotion du sports . Je suis soulagée et très enthousiaste sur ce nouveau défi. Personnellement je serai de la partie pour soutenir le mouvement olympique et aider à promouvoir l’image d’un sport propre, véhiculer la notion du fair play et inciter toutes les personnes ( jeunes, agées, avec un handicap physique ou mental) à faire du sport.

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