Karen Persyn, un adieu en ligne droite

Karen Persyn dit adieu à la compétition mais restera une fervente skieuse. Photo Belga.

Karen Persyn dit adieu à la compétition mais restera une fervente skieuse. Photo Belga.

Pour une fois, comme elle aimait le faire, elle n’a pas slalomé entre les portes. A 32 ans, Karen Persyn, la meilleure skieuse belge de la dernière décennie avec plus de 40 titres nationaux au compteur, a été droit au but ce lundi en annonçant qu’elle mettait un terme à sa carrière. Une carrière longue de 25 ans puisque c’est à 7 ans, « après avoir chaussé des skis à 18 mois, juste après avoir appris à marcher », que l’Anversoise avait disputé sa première compétition, fascinée par les exploits de l’Italien Alberto Tomba et du Luxembourgeois Marc Girardelli qu’elle suivait toute la saison durant à la télévision!

« Même si j’ai encore été skier en Afrique du Sud cet été, j’y pensais depuis la fin de la saison dernière, dit-elle. Mon contrat avec l’Adeps (NDLR : qui la soutenait depuis 2009) n’avait pas été renouvelé en janvier 2015, on se dirigeait vers une année sans grand rendez-vous puisqu’il n’y aura ni JO ni Mondiaux en 2016, mon corps –principalement mes genoux- criait grâce de plus en plus souvent et il y avait mon âge… J’ai mis un peu de temps à me décider mais je me suis finalement dit qu’il valait mieux le faire avant ma première compétition, la Lowlanders Cup, programmée en indoor aux Pays-Bas la semaine prochaine. »

Karen Persyn dit « être fière » de la carrière qu’elle a menée même si elle regrettera toujours n’avoir pris part qu’à une seule édition des Jeux olympiques, à Vancouver en 2010, alors qu’elle aurait dû, selon elle, être sélectionnée également pour ceux de Turin, en 2006, et de Sotchi, en 2014. « Les deux fois, j’ai été refusée parce que je n’avais pas réussi les critères du COIB qui étaient terriblement sévères, rappelle celle qui fait désormais partie de la commission des athlètes du Comité olympique et interfédéral belge. Je suis d’autant plus amère que, désormais, ce sont uniquement les critères internationaux qui comptent. J’aurais évidemment pu tenter d’aller à Pyeongchang, en 2018. Mais, quand on a déjà 32 ans, 2018, c’est loin. Archi-loin ! »

N'avoir été qu'une seule fois aux Jeux d'hiver, en 2010 à Vancouver, est l'un des gros regrets de Karen Persyn. Photo Belga.

N’avoir été qu’une seule fois aux Jeux d’hiver, en 2010 à Vancouver, est l’un des gros regrets de Karen Persyn. Photo Belga.

Dans sa boîte à souvenirs, elle en a plusieurs qui compensent un peu ce manque. Sur le plan de l’expérience, il y a Vancouver où elle dit avoir vécu « deux semaines magnifiques » même si elles se sont soldées par une modeste 27e place en slalom. Sur le plan des résultats, elle retient prioritairement son titre de championne d’Autriche 2006 « dans ce pays où il n’y a que le ski qui existe ! », ses 10 participations aux championnats du monde, dont la dernière, l’hiver dernier, à Vail (Colorado) où elle a fini 31e en slalom, ses 33 victoires en courses FIS, mais aussi sa 16e place à Maribor, lors de la saison de Coupe du monde 2009, « alors que j’étais partie avec le dossard 79 et que personne n’avait cru que je serais capable d’obtenir un tel résultat. »

Par rapport à ses adversaires, Karen Persyn partait, il est vrai, avec un handicap difficile à combler, celui d’un (gros) manque initial de jours de ski. Quand on veut se lancer dans cette discipline en tant que Belge qui n’est pas née au pied des montagnes, il faut s’accrocher et se débrouiller. « Jeune, j’ai beaucoup skié en indoor, à Anvers, et je n’allais sur les vraies pistes que durant les congés scolaires. Heureusement, la situation est en train de changer ; aujourd’hui, on part beaucoup plus souvent. » Mais sa nationalité, elle le reconnaît, l’a aussi avantagée. « Dans les grands pays de ski, si on ne fait pas partie du top mondial à 18 ans, on est éjecté sans ménagement. Moi, j’ai pu prendre mon temps et j’ai été skier partout dans le monde au gré des diverses compétitions. Je le reconnais, j’ai eu une vie magnifique, en grande partie grâce à mes parents, qui m’ont toujours soutenue, et à la Communauté française qui m’a permis de vivre de ma passion grâce au contrat de sportive de haut niveau qu’elle m’a accordée pendant six ans après que la Communauté flamande a refusé de me subsidier. Sans cela, j’aurais sans doute dû tout arrêter beaucoup plus tôt. »

Son avenir, elle l’avoue, est encore un peu brumeux – « C’est normal, je viens tout juste de prendre ma décision ! » Mais elle se reconvertirait bien dans le coaching personnalisé, en ski ou dans le conditionnement physique.

« J’aime encore le ski, cela reste ma passion, mais il n’y avait pas que ça, il y avait tout ce qu’il a autour, tout ce que ça nécessite en termes financiers et organisationnels. Aujourd’hui, je pense que j’ai pris une bonne décision. C’est bien comme ça ! »

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