Yves Kieffer : « La gymnastique belge peut créer la surprise aux Jeux »

Yves Kieffer entend bien terminer son mandat à la tête de l'équipe féminine belge en beauté. Photo D.R.

Yves Kieffer entend bien terminer son mandat à la tête de l’équipe féminine belge en beauté. Photo Mathias Hikketik

Il est en train de vivre ses derniers mois à la tête de l’équipe féminine de la Fédération flamande de gymnastique et, par extension, de la sélection belge. Arrivé à Gand en janvier 2009 pour prendre en charge un collectif qui n’était plus qu’ « un champ de ruines » à l’époque, l’entraîneur français Yves Kieffer ne dit pas encore qu’il quittera la Belgique du jour au lendemain après les Jeux de Rio, parce qu’il pourrait prolonger un peu pour « assurer la transition avec le futur nouveau staff » mais, quoi qu’il arrive, il renoncera à son poste. Avec le sentiment du devoir accompli

Il le sera encore plus si, comme il l’espère, « ses » filles parviennent à se qualifier en équipe pour les prochains JO. Un rêve qui, il y a quelques années, semblait encore inaccessible mais qui, selon, lui, est doucement en train de prendre forme. Un rêve dont la première étape est programmée à partir de ce vendredi à Glasgow, théâtre des championnats du monde.

L’objectif ? Terminer parmi les 16 premières nations au concours par équipes pour rester dans la course ; celles qui se classeront de 1 à 8 seront automatiquement qualifiées pour les Jeux, celles qui finiront aux places 9 à 16 auront le droit de disputer, au début de l’an prochain, le « test event » à Rio, à l’issue duquel les quatre premières seront, elles aussi qualifiées pour les JO. Il y a quatre ans, les Belges y avaient terminé cinquièmes…

« Notre équipe a énormément progressé depuis 2012, soutient Kieffer. Dans le concert international, nous sommes incontestablement l’un des pays qui montent. Mais, comme notre réservoir de filles est très réduit, nous avons besoin de toutes nos forces pour être performants. Ici, Julie Croket, l’une de nos chefs de file, a eu la malchance de se blesser à la cheville en septembre, ce qui va diminuer notre potentiel de départ, d’autant qu’elle s’est à nouveau fait mal cette semaine à l’entraînement alors qu’elle était rétablie. Du coup, elle ne pourra être alignée qu’à la poutre… »

Ce n’est pas la première fois que Julie Croket joue de malchance. En 2012, alors qu’elle était qualifiée pour le concours individuel des JO de Londres, la gymnaste de Termonde s’était déchiré les ligaments du genou à quelques semaines du départ. Et un an plus tard, elle avait dû renoncer aux Mondiaux d‘Anvers en raison d’une blessure au coude. « Malgré tout, j’ai toujours essayé de rester positive, dit-elle. La passion pour mon sport m’a aidé à continuer. Après l’avoir manqué en 2012, j’ai toujours ce rêve olympique en moi. Un rêve que j’aimerais partager avec les autres filles. Aller aux Jeux en équipe, ce serait, pour moi, la cerise sur le gâteau ! »

Yves Kieffer donne ses dernières instructions à Laura Waem aux Mondiaux d'Anvers, en 2013. Photo Belga.

Yves Kieffer donne ses dernières instructions à Laura Waem aux Mondiaux d’Anvers, en 2013. Photo Belga.

Avec elle en pleine possession de ses moyens, Kieffer est persuadé que la Belgique aurait pu jouer le top 12, voire se battre pour la 8e place à Glasgow, ce qui lui aurait évité une course à la sélection stressante. Aujourd’hui, il a limité ses ambitions à viser la qualification pour le « test event ». Avec une idée derrière la tête.

« L’équipe que nous y aurons sera beaucoup plus forte que celle de Glasgow, explique-t-il. Nous avons actuellement deux juniores, Axelle Klinkaert et Nina Derwael, des filles très douées, qui figurent parmi les meilleures en Europe mais que nous ne pouvons pas encore aligner parce qu’elles sont trop jeunes (NDLR : selon les règlements de la FIG, il faut avoir 16 ans dans l’année pour prendre part à une compétition senior chez les femmes). L’an prochain, en revanche, elles seront sélectionnables. Cela changera beaucoup de choses. »

L’homme qui a amené la Française Emilie Le Pennec vers la médaille d’or aux barres asymétriques aux Jeux d’Athènes, en 2004, ne cache pas qu’une qualification de l’équipe féminine belge pour Rio serait, à son palmarès, un exploit tout aussi extraordinaire, vu les circonstances, que la breloque de son ancienne protégée. Les réductions budgétaires auxquelles il dit avoir dû faire face durant cette olympiade n’ont, en effet, rien fait pour faciliter les choses.

« Cela a toujours été notre point faible, explique-t-il. On est dans la demande permanente d’économies. Alors que l’on avait déjà un budget limite au départ, il a encore été diminué par rapport à l’olympiade précédente. Du coup, nos conditions de préparation ne sont pas en rapport avec nos ambitions. On a dû renoncer à des stages, on attend un investissement matériel dans notre salle de Gand, on aimerait que notre cabinet médical ne se limite pas à deux tables de massage et une machine à glace vieille de 15 ans… »

Et pourtant, malgré ces contretemps, Yves Kieffer y croit. Au-delà de la qualification, il pense qu’ « une place de top 8 est possible aux Jeux parce qu’on n’arrête pas d’avancer ». « Je suis sûr que si nous allons à Rio, on créera la surprise ! »

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