Hanna Mariën à la recherche de bobbeuses francophones

Un nouveau sponsor et un nouveau bobsleigh: Hanna Mariën est une présidente de fédération heureuse. Photo Karel Uyttendaele.

Un nouveau sponsor et un nouveau bobsleigh: Hanna Mariën est une présidente de fédération heureuse. Photo Karel Uyttendaele.

Hanna Mariën respire. L’ancienne sprinteuse, médaillée d’argent avec le 4 x 100 m aux JO de Pékin, et bobbeuse, 6e aux JO d’hiver de Sotchi, élue présidente de la Fédération belge de bobsleigh et de skeleton (FBBS) il y a un peu moins d’un an, ne devra pas régner sur un empire désargenté. Ce risque réel a été écarté la semaine dernière avec l’arrivée d’un nouveau sponsor principal qui permettra aux « Belgian Bullets » de non seulement disputer l’intégralité de la saison à venir, qui démarre le 27 novembre, mais aussi et surtout d’être assurées de continuer à dévaler les pistes jusqu’aux Jeux de Pyeongchang, en Corée, en 2018.

« Cela faisait quelque temps que je ne dormais plus à l’idée de devoir revoir notre programme et nos ambitions à la baisse, dit l’Anversoise. Elfje Willemsen, notre pilote n° 1, avait également fait part de son inquiétude dans certains médias, laissant entendre qu’elle pourrait mettre un terme à sa carrière si on ne trouvait pas de nouveaux moyens financiers. Son appel à l’aide a porté ses fruits puisque la banque ABK (NDLR : dont les agences sont localisées dans la province d’Anvers) s’en est émue et a pris contact avec nous. Nous nous sommes rapidement entendus ! »

Si elle ne regrette pas d’avoir pris ses responsabilités en acceptant – bénévolement – la présidence de la FBSS en décembre 2014, Hanna Mariën reconnaît aujourd’hui avoir sous-estimé le boulot que cela impliquerait. « Comme je suis impulsive, j’ai dit oui tout de suite, explique-t-elle. Je me suis retrouvée fort seule au début de mon mandat. Heureusement, j’ai pu rassembler au fil du temps une nouvelle équipe autour de moi et l’idée est d’encore l’agrandir. Notre objectif, c’est de continuer à professionnaliser notre fédération pour la faire évoluer. »

L’arrivée d’un nouveau partenaire va permettre à la FBBS de boucler son budget, par ailleurs complété par d’autres co-sponsors mais aussi par la Communauté flamande, via le Bloso, et le COIB. Une saison de « bob », en effet, c’est 300.000 euros, une somme qu’on ne trouve pas forcément sous un patin, surtout en période de crise où chacun, dans le sport belge et ailleurs, doit se battre pour grappiller sa part de gâteau.

« Cet apport d’argent nous offre, c’est vrai, une belle bouffée d’oxygène, admet Mariën. Il nous apporte aussi les moyens de gagner en stabilité. On a également pu acquérir un tout nouveau « bob », mis au point par notre coach, (le Letton) Janis Skrastins. Vu l’adaptation des règlements, c’était nécessaire ; il est 15 kg plus léger que le précédent. »

Hanna Mariën lance un appel aux sportives du sud du pays. Sera-t-elle entendue? Photo Karel Uyttendaele.

Hanna Mariën lance un appel aux sportives du sud du pays. Sera-t-elle entendue? Photo Karel Uyttendaele.

Dans ce terrible engin, Elje Willemsen, considérée comme l’une des meilleures du circuit à son poste, continuera à jouer au pilote de l’équipage « A ». « Elle va devoir s’habituer à ce nouveau matériel, indique la présidente de la FBBS. Je sais qu’elle a eu du mal à se séparer de « Spanky », le bobsleigh précédent, parce que c’est avec lui que nous avions obtenu nos meilleurs résultats; il existe toujours une part de superstition chez un sportif. Mais les premiers tests que nous avons effectués en octobre ont été très bons. » Comme « pousseuse-freineuse », en revanche, Annelies Holthof, la réserviste des JO de Sotchi qui avait pris la place d’Hanna Mariën, a été remplacée par Sophie Vercruyssen, une ancienne basketteuse de 24 ans très explosive. Dans le deuxième « bob », c’est Ann Vannieuwenhuyse, médaillée de bronze aux derniers Mondiaux juniors, qui sera à la manœuvre ; trois autres filles alterneront au fil des manches de Coupe du monde pour la place de derrière.

« Nous avons élargi l’équipe au printemps dernier à la suite d’un appel lancé partout dans le pays, raconte Hanna Mariën. Au départ, nous avions même réussi à convaincre deux francophones provenant de l’athlétisme, la sprinteuse Alison Diwani et l’heptathlonienne Chloé Laurant. Malheureusement, elles ont abandonné en cours de route. Du coup, nous sommes toujours à la recherche d’athlètes puissantes, rapides et explosives n’ayant pas froid aux yeux. Et cela ne serait pas pour me déplaire si elles venaient de Bruxelles ou de Wallonie pour un peu plus valider le concept national de notre projet. Après tout, nous sommes les « Belgian Bullets » ! Les filles intéressées peuvent toujours me contacter par mail » (1).

Outre des qualités physiques et mentales, les éventuelles candidates ont également intérêt à ne pas manquer d’ambition. Après avoir terminé 14es aux Jeux de Vancouver, en 2010, et 6es à ceux de Sotchi, en 2014, les « Belgian Bullets » ont, en effet, bien l’intention de poursuivre leur marche vers les sommets à Pyeongchang, en 2018.

« Nous ne viserons rien d’autre que le top !», conclut Hanna Mariën.

Que les amatrices lèvent le doigt !

(1) hanna@bobskeleton.be

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