Lionel Cox, un DT bien armé et très décidé

Lionel Cox veut transmettre son expérience de médaillé olympique à la future génération de tireurs. Photo News.

Lionel Cox veut transmettre son expérience de médaillé olympique à la future génération de tireurs. Photo News.

La place était vacante depuis plus d’un an. Et, sans en faire trop de publicité, il y pensait depuis quelque temps. Alors, à la dernière assemblée générale de la Fédération francophone de tir (URSTBf), Lionel Cox s’est présenté et a été élu au poste de directeur technique avec une confortable majorité de 54 voix sur 64. Un triomphe logique pour celui qui, en Belgique, est, depuis sa médaille d’argent des JO de Londres en tir à la carabine couché 50 m, le porte-drapeau de sa discipline. Un sport qu’il continuera à pratiquer, à l’instar de Jean-Michel Saive, quand il avait accepté le poste de DT de la Fédération francophone de tennis de table.

« Je suis toujours dans l’attente d’une wild card pour les Jeux de Rio, explique le Liégeois, qui n’a pas réussi les critères de qualification imposés par sa fédération internationale (ISSF). Il n’y a plus qu’elle qui peut me sauver… Je serai fixé à la fin du mois d’avril ou au début du mois de mai, après le calcul des places restantes. En principe, mes chances d’en décrocher une sont minces. Il faudra voir si les autres pays qui en souhaitent une ont déjà un tireur qualifié ou non (NDLR : la Belgique a déjà une place assurée avec Maxime Mottet, en tir aux clays). Si je devais passer à côté, ce serait une désillusion, bien sûr, mais la vie continuerait. Je me dis que ce que j’ai fait à Londres est déjà exceptionnel… »

Une non-qualification pourrait par ailleurs précipiter les choses pour lui si, en vue de la prochaine olympiade, l’ISSF, sous la pression du Comité international olympique (CIO), décidait d’adapter son programme pour Tokyo 2020 en remplaçant certaines disciplines par d’autres. « On ne sait pas ce qu’ils mijotent, regrette-t-il. Tout se jouera à l’assemblée générale de l’ISSF au mois de juillet. Je me suis laissé dire que le CIO n’était plus trop favorable à la présence d’armes à feu aux Jeux olympiques. On a déjà évoqué leur remplacement par des armes laser. Je ne comprendrais pas que l’on en arrive à une telle extrémité : pour moi, ce ne serait plus du tir. »

Le poste de DT qu’il a décroché pour les cinq prochaines années a beau être bénévole, Lionel Cox n’entend pas l’aborder à la légère. D’autant que, selon lui, « le chantier est très vaste ». Le plus important sera, affirme-t-il, de « mettre des structures en place » surtout en matière de détection et d’accompagnement des élites. « Moi-même, je suis sorti du lot sans aucune aide, rappelle-t-il. Ce n’est pas normal. Il faut être plus proactif dans ce domaine. »

Selon lui, le problème principal vient des clubs qui, dans leur coin, agissent par protectionnisme, déclenchant ainsi « des petites guerres internes ». « Chacun d’entre eux veut garder ses prébendes et couver ses tireurs. On a un entraîneur principal à qui on donne ce qu’on trouve. Il n’y a pas de « pompe à eau » qui permet de faire progresser les jeunes. »

Dix ans d'expérience au plus haut niveau en tir font de Lionel Cox un directeur technique qui sait de quoi il parle. Photo Belga.

Dix ans d’expérience au plus haut niveau en tir font de Lionel Cox un directeur technique qui sait de quoi il parle. Photo Belga.

Toujours sur le plan de l’organisation générale, il entend « harmoniser » la politique sportive en tir sur cible et en tir aux clays. « On a refusionné les deux fédérations, mais chacune d’entre elles a gardé sa propre gestion administrative. Du coup, il y a deux courants différents. Là aussi, il faut déminer. »

Cox, que l’on ne peut pas accuser de manier la langue de bois, compte s’attaquer en priorité au développement d’un nouveau plan programme qu’il soumettra à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son credo ? Professionnaliser les entraînements et la manière dont les tireurs abordent les compétitions.

Il aimerait aussi, à l’instar d’autres disciplines, bénéficier d’installations fédérales dignes de ce nom. Il rêve d’un grand stand régional francophone (voire national) de pointe plutôt que de devoir compter sur les petits actuels, « souvent mal équipés ». Le problème, jusqu’à présent, a été de dénicher l’endroit où le bâtir puis d’obtenir les autorisations pour sa construction « car nous avons un trésor de guerre qui nous le permettrait. » « Nous sommes un sport « délicat », ajoute-t-il. Nous avons besoin d’autorisations, d’agréments, nous devons faire face à un cahier de charges compliqué. Partout où nous avons des velléités, nous avons immédiatement les riverains sur le dos… »

A côté de ses talents pédagogiques, Lionel Cox risque bien de devoir aussi développer un certain sens de la diplomatie et de la négociation !

Cette entrée a été publiée dans Tir, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>