Sami Chouchi en a fini avec les maux du poids

Sami Chouchi (à g.) a compris les arguments du staff technique de sa fédération. Rester en moins de 73 kg n'était plus raisonnable... Photo Carlos Ferreira.

Sami Chouchi (à g.) a compris les arguments du staff technique de sa fédération. Rester en moins de 73 kg n’était plus raisonnable… Photo Carlos Ferreira.

Il y a des rêves qui vous tendent les bras et d’autres qui s’évaporent. Pour Sami Chouchi, c’est, hélas, la deuxième version qui est d’actualité depuis quelques semaines et cette opération à l’épaule gauche, la deuxième en deux ans, qui a brutalement brisé son élan vers Rio. Même s’il a, entre-temps, repris les entraînements de musculation, le judoka bruxellois de 23 ans, considéré comme l’une des plus belles promesses de la Fédération francophone (FFBJ) à l’instar de son pote Toma Nikiforov, devra attendre quatre ans de plus et les JO de Tokyo 2020 avant de découvrir les tapis olympiques.

L’accident qui a tout ruiné s’est produit au début du mois de février, au Grand Chelem de Paris. Lors de son premier combat, en voulant rentrer un mouvement en même temps que son adversaire, il a senti que son épaule se démettait. Une douleur insupportable plus loin et le verdict – impitoyable – tombait : il était bon pour repasser sur le billard avec cette nouvelle luxation.

« Cela a été un moment très dur à encaisser, avoue-t-il. Une terrible désillusion. Pour moi, la route était tracée. J’allais faire une médaille aux championnats d’Europe et me qualifier pour les Jeux. J’y croyais dur comme fer. Et là, tout s’est effondré… »

Ni lui ni son entourage n’ont mis longtemps à comprendre le pourquoi cette blessure. Cela faisait un petit temps que Sami Chouchi, qui avait pris de la masse musculaire à force de travail, éprouvait de plus en plus de mal à faire le poids dans sa catégorie des moins de 73 kg, un supplice qu’endurent bon nombre de sportifs qui pratiquent une discipline où la première victoire à remporter est celle contre la balance. Et, pour pouvoir « tirer » à Paris, il avait sollicité son organisme à l’extrême, l’affaiblissant au-delà du raisonnable.

« J’avais dû faire un régime express et perdre… 9 kilos la dernière semaine, reconnaît-il. Ne me demandez pas comment j’ai fait, je ne sais plus… J’ai été vraiment c… en n’en parlant pas autour de moi. C’était d’autant plus absurde et malsain que, en tant qu’étudiant en éducation physique, je savais ce que je risquais. Mais j’étais aveuglé par mon ambition, mon envie de réussir. Je m’étais même déjà projeté vers les Jeux suivants… dans la même catégorie.”

L’envie de s’accrocher était, dit-il, d’autant plus grande qu’il avait réussi à s’« installer » en moins de 73 kg, qu’il connaissait la plupart de ses adversaires potentiels et qu’il avait l’impression de pouvoir y battre tout le monde, y compris Dirk Van Tichelt, dont il était bien décidé à contester la place aux Jeux jusqu’au bout. « J’aurais pu passer devant lui! », insiste-t-il.

Loin de la lumière des grandes compétitions, Chouchi s'est remis au travail. Objectif: être prêt à l'automne. Photo D.R.

Loin de la lumière des grandes compétitions, Chouchi s’est remis au travail. Objectif: être prêt à l’automne. Photo D.R.

On ne saura jamais si tel aurait été le cas, cette année ou plus tard. En concertation avec le staff sportif de la FFBJ, conscient du problème et soucieux de le protéger contre lui-même et d’éviter d’autres accidents, Sami Chouchi a admis, chiffres à l’appui, qu’il était temps de monter de catégorie et de concourir désormais en moins de 81 kg, même si cela nécessitera un temps d’adaptation qui risque d’énerver cet éternel impatient. « Ce n’est pas comme si je recommençais le judo… mais presque. Je vais devoir m’habituer à de nouveaux adversaires, à une nouvelle manière de travailler en compétition. C’est un vrai défi mais je le prends plutôt bien. De toute façon, j’ai une entière confiance en mes entraîneurs et je le leur ai d’ailleurs dit. Ils sont les mieux placés pour savoir où est mon intérêt. »

Sami Chouchi pense qu’il ne sera pas trop dépaysé car, comme il dit, « je m’entraînais déjà régulièrement avec des judokas plus lourds. » Il devrait disputer sa première compétition dans sa nouvelle catégorie de poids, la même que Joachim Bottieau, à l’automne, en septembre ou en octobre, en commençant par des épreuves de niveau moyen pour se tester avant de passer à plus sérieux et plus copieux.

En attendant, il va privilégier ses études universitaires et soigner sa session de juin. Puis, parce qu’il n’est pas maso, passera une bonne partie de l’été en famille, loin, très loin du brouhaha olympique. « Je regarderai sans doute la compétition de Toma, mais pour le reste, j’éviterai. Je ne veux pas me faire du mal inutilement. »

Cette entrée a été publiée dans Judo, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>