François Heersbrandt, seul contre (presque) tous

François Heersbrandt est toujours en pole position pour Rio sur 50 m libre. Il espère qu'il en sera encore ainsi à l'issue de ce week-end. Photo Belga.

François Heersbrandt est toujours en pole position pour Rio sur 50 m libre. Il espère qu’il en sera encore ainsi à l’issue de ce week-end. Photo Belga.

Depuis le mois de décembre dernier et la 4e place décrochée sur 4 x 50 m libre avec Pieter Timmers, Jasper Aerents et Emmanuel Vanluchene à l’Euro en petit bassin de Netanya, il avait disparu des radars. En pétard avec son genou gauche depuis une séance de musculation un peu trop appuyée, François Heersbrandt avait dû se résoudre, fin janvier, à passer sur la table d’opération de Johan Bellemans, le médecin chef du COIB, pour faire extraire quelques résidus de cartilage et « arranger deux autres petits problèmes ». Et, après un début de rééducation en Belgique, le nageur du CNSW était reparti à Caserte, en Italie, pour se préparer pour les JO dans le plus grand calme, dans le groupe professionnel ADN Swimming dirigé par Andrea Di Nino, qui est devenu son biotope il y a deux ans d’ici.

Ce week-end, il va enfin cesser de ronger son frein et pouvoir se rappeler au bon souvenir de tous. Aux championnats de Belgique, à Anvers, « parce qu’il fallait bien reprendre à un moment donné quelque part », le Wavrien, qui revient de très loin, se lancera à l’eau sur 50 m libre (samedi) et 50 m dos (dimanche). Quatre courses, séries et finales, en deux jours, c’est déjà un menu copieux pour lui. « On va voir comment j’arrive à enchaîner ». Parce que, il l’avoue, si « tout va bien », il n’est « pas encore à 100 % » en précisant que «descendre une volée d’escaliers, par exemple, reste encore compliqué. »

« J’ai une très bonne base foncière, mais on va seulement commencer le travail spécifique, explique-t-il. Mes temps à l’entraînement sont bons, aussi rapides qu’avant. J’ai juste encore un petit déficit dans les 15 premiers mètres et sur la toute fin de course. Disons qu’il me manque encore 30 centièmes. Je dois aussi trouver la bonne ondulation parce que je mets encore trop de pression dans mon mouvement. Mais il me reste deux mois et demi pour peaufiner tout ça. »

Même s’il reste très calme par rapport à l’enjeu qui va se présenter à lui à la piscine du Wezenberg, il sait que certains l’y attendront le couteau entre les dents. Sélectionné depuis le 16 mai 2015 pour les Jeux de Rio sur 50 m libre grâce à un chrono de 22.17 réussi à Anvers qui en fait le sprinter le plus rapide du pays sur la distance à l’heure actuelle (NDLR : le record de Belgique est toujours détenu par Yoris Grandjean depuis 2009 en 22.13), il doit absolument éviter que deux autres nageurs ne réalisent un meilleur chrono. Sans cela, il se verrait obligé de « chasser » à son tour pour tenter d’en déloger au moins un avant le 3 juillet, date finale pour la réalisation des critères. Car il n’y aura qu’un maximum de deux places disponibles par épreuve pour Rio.

« Je ne suis pas autrement stressé que ça, assure-t-il pourtant… en ajoutant qu’il préférait quand même continuer sa préparation en tant que qualifié assuré plutôt que de devoir repartir en campagne de qualification après les championnats. Après l’Euro de la semaine dernière, je vois mal deux nageurs belges réussir à aller plus vite que 22.17. »

Heersbrandt est le plus rapide du moment sur 50 m libre, Grandjean détient le record de Belgique, et Timmers et Aerents aimeraient bien prendre leur place. Faites vos jeux! Photo AFP.

Heersbrandt est le plus rapide du moment sur 50 m libre, Grandjean détient le record de Belgique, et Timmers et Aerents aimeraient bien prendre leur place. Faites vos jeux! Photo AFP.

Dans la capitale anglaise, il est vrai, la course à la sélection olympique belge sur 50 m libre avait tourné court, très court même. Jasper Aerents, peu dans son assiette durant toute la compétition, s’était contenté d’un médiocre 22.87 en séries, très loin de son chrono de 22.19 qui le qualifie actuellement pour les JO… derrière Heersbrandt. Quant à Pieter Timmers et Glenn Surgeloose, initialement inscrits dans cette épreuve pour travailler leur vitesse, paraît-il, ils avaient finalement renoncé pour privilégier le 4 x 200 m libre dont les séries et la finale se disputaient le même jour. Un choix judicieux puisqu’il s’était soldé par la conquête d’une médaille d’argent pour l’équipe de relais.

Cette fois, il n’y aura pas d’autres impératifs dans le chemin. Et la course la plus courte et la plus rapide du programme des championnats de Belgique promet d’être la plus passionnante du week-end. Contrairement à d’autres épreuves, délaissées par certains, le 50 m libre sera terriblement achalandé à Anvers avec, à côté de Heersbrandt, entre autres, Timmers, Dekoninck, Aerents et Surgeloose. Autant dire qu’i y aura de l’écume sur les bords du bassin !

François Heersbrandt ne se présentera pas sur le plot en victime expiatoire. « Tout dépendra comment revient mon genou », précise-t-il. En n’oubliant pas d’ajouter qu’il a « énormément progressé » en musculation.

Jusqu’à rivaliser en la matière avec le Français Florent Manaudou, le champion olympique, du monde et d’Europe en titre, dont le torse a presque la largeur d’un couloir ? « Aaaaaah, je n’en suis pas loin !, s’amuse-t-il. La seule différence, c’est que je suis juste un peu plus petit que lui ! »

Cette entrée a été publiée dans Natation, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>