Claire Michel, des Jeux si désirés

Claire Michel a deux mois pour être fin prête pour le triathlon olympique. Elle ne compte pas perdre une seconde! Photo Belga.

Claire Michel a deux mois pour être fin prête pour le triathlon olympique. Elle ne compte pas perdre une seconde! Photo Belga.

Une qualification pour les Jeux olympiques, c’est toujours beaucoup de souffrance et inévitablement une joie immense. Pour la triathlète Claire Michel, qui disputera, cet été, ses premiers JO, c’est tout ça, mais au carré. C’est ce qu’elle a raconté, le sourire aux lèvres, ce lundi, lors de la présentation de la sélection olympique belge de sa discipline où elle figurera donc aux côtés de Marten Van Riel, Jelle Geens et Katrien Verstuyft. Depuis que le triathlon a été intégré au programme des Jeux, en 2000, jamais la Belgique n’avait compté autant de représentants au grand rendez-vous quadriennal.

Pour elle, plus que les trois autres, la route vers Rio a été longue et sinueuse, « avec beaucoup de hauts et de bas, tant physiquement que mentalement ». Une route vertigineuse entamée en 2014, avec le circuit des manches de Coupe du monde rapportant… ou pas des points précieux, au cours de laquelle sa fragilité lui a joué pas mal de tours avec une succession de blessures au mollet, au pied et au genou. « Des blessures qui m’ont à la fois freinée et m’ont obligé à prendre sur moi pour chaque fois revenir en forme. » Des coups d’arrêt qui ont nécessité chez elle beaucoup de patience et une bonne dose de sang-froid.

A la mi-mars 2016, en effet, après l’épreuve de Mooloolaba, en Australie, Claire Michel a failli tout perdre à la faveur d’une grosse contre-performance. « Ce jour-là, j’ai “glissé” hors des places qualificatives pour les Jeux (après avoir fini 37e). A l’arrivée, je me suis assise à même le sol, je me suis pris la tête entre les mains et je me suis demandé ce qui m’arrivait… »

Le risque de louper sa sélection était tel qu’elle allait alors décider, en accord avec son staff, d’étoffer son calendrier. Et, à la mi-avril, de se rendre à Chengdu, en Chine, avec tout ce que cela impliquait comme complications logistiques. « Cela a été un vrai cauchemar pour obtenir un visa dans les temps et pour trouver un vol, raconte-t-elle. Finalement, après bien des péripéties, je suis arrivée à la veille de la course, ce qui m’a empêché de participer au briefing, mais je ne l’ai pas regretté. J’ai terminé deuxième de l’épreuve et j’ai sans doute sauvé ma qualification ! Lors de la dernière épreuve, à Yokohama, au Japon, j’ai en effet dû abandonner après la natation tant j’étais vidée de mes forces après une grippe intestinale. Ce jour-là, j’ai filé dans ma chambre d’hôtel et comme elle donnait sur le parcours, j’ai commencé à observer et à pointer mes adversaires à l’aide d’un tableau Excel pour voir où elles en étaient… en espérant que celles qui pouvaient encore me menacer se plantent. Je sais, ce n’est pas très sportif et cela ne me ressemble d’ailleurs pas ; mais bon… »

Claire Michel admet qu’elle a mis un peu de temps avant d’« absorber » sa qualification et de la savourer pleinement. « Peu de temps après avoir reçu l’assurance que je serais bien reprise, mon club a organisé une soirée en mon honneur. En regardant autour de moi dans la salle, ce jour-là, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas une seule personne présente qui, d’une manière ou d’une autre, ne m’avait pas aidée durant ces longs mois. Ce voyage à Rio, ce ne sera pas que le mien ! »

Marten Van Riel, Katrien Verstuyft, Claire Michel et Jelle Geens (de g. à dr.): le quatuor de triathlètes belges sélectionnés pour les Jeux de Rio. Un record. Photo Belga.

Marten Van Riel, Katrien Verstuyft, Claire Michel et Jelle Geens (de g. à dr.): le quatuor de triathlètes belges sélectionnés pour les Jeux de Rio. Un record. Photo Belga.

Si aller aux Jeux lui tenait tant à cœur, c’est aussi parce que Claire Michel voulait absolument suivre les traces de sa mère, l’ancienne nageuse Colette Crabbé, qui avait pris part aux Jeux de Montréal, en 1976 et lui avait inoculé le virus olympique en lui révélant, à 11 ans, le destin qui avait été le sien. « J’ai essayé de faire comme elle, d’abord en natation, puis en athlétisme et, finalement, 15 ans et trois sports plus tard, c’est en triathlon que j’irai aux JO ! Au retour de ma qualification, on a fêté ça ensemble au restaurant, puis on est allé nager et elle m’a mis une raclée dans la piscine. Il faut savoir qu’elle continue à faire des compétitions en masters et qu’elle est loin d’être mauvaise! »

Quand on lui demande quelles ambitions elle aura au Brésil, elle reste prudente. « Une place de top 16, ce serait très bien. J’ai le temps de me préparer, je sais qu’il reste beaucoup à faire, mais je considère que je prendrai un nouveau départ et que je ne devrai pas tenir compte de mes résultats passés. » Elle se réjouit aussi de fréquenter le village olympique – même si elle ne le rejoindra que vers le 15 juillet… après avoir loupé la cérémonie d’ouverture – et de voir ce monde en miniature, « ce rassemblement où tout le monde, du basketteur géant à la petite gymnaste, partage la même ambition, celle d’être le meilleur dans son sport. »

Elle-même ne coupera pas à cet état d’esprit. Parce que poursuivre l’héritage olympique familial devrait, elle le dit en rigolant, lui conférer certaines obligations. « Un de mes cousins m’a déjà dit que je devrais faire honneur à la famille et obtenir un meilleur résultat que ma maman… Or, sur 400 m 4 nages, elle avait terminé 11e en 1976 ; si je n’y arrive pas, je serai obligée de continuer jusqu’aux Jeux de Tokyo 2020 ! »

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Une réponse à Claire Michel, des Jeux si désirés

  1. vanderhaegen dit :

    Bonjour si je peux donner un coup de pouce a cet athtlete via le centre sportif de woluwe st pierre avant les JO c’est avec plaisir
    http://www.stopaustress.be

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