Pour François Heersbrandt, la priorité c’est de « se réparer »

A Rio, l'échec de François Heersbrandt était prévisible. Photo Belga.

A Rio, l’échec de François Heersbrandt était prévisible. Photo Belga.

Ce week-end, les meilleurs nageurs belges se retrouveront dans la même piscine à l’occasion du « national » en petit bassin de Bruges. Tous ? Non… On n’y reverra pas ceux qui, depuis les Jeux de Rio, ont décidé de ranger leur maillot au clou à l’instar de Glenn Surgeloose, Dieter Dekoninck ou Emmanuel Vanluchene. Et parmi ceux qui feront l’impasse, il y aura aussi François Heersbrandt, toujours en délicatesse avec ce genou gauche qui le tracasse depuis près d’un an maintenant. Une éternité…

Aux JO, le Wavrien, engagé sur 50 m libre, avait espéré une embellie après avoir passé l’essentiel de son année 2016 à travailler sa rééducation après l’opération qui avait fini par s’imposer le 25 janvier. Mais celle-ci n’est pas venue. Très loin de son record personnel (22.17), il a dû se contenter, dans le bassin olympique, d’une médiocre 38e place en séries avec un chrono de 22.58, le 10e de sa carrière. « Par rapport à ce que j’avais réalisé dans les semaines précédant les Jeux, je m’attendais à mieux, admet-il. Mais je suis malgré tout fier de m’être battu jusqu’au bout, de ne pas avoir lâché pour être présent à mes troisièmes Jeux consécutifs. Si je ne l’avais pas fait, je l’aurais regretté toute ma vie. »

Trois mois plus tard, Heersbrandt est toujours un peu dans le flou. Après avoir pris deux mois de repos, il a dû constater, la mort dans l’âme, que sa blessure continuait à lui causer du souci une fois qu’il se risquait dans l’eau à partir en ondulations.

« Avec mon médecin, on a vu qu’il y avait encore beaucoup de tissus cicatriciels. Et que je devrai veiller avant tout à me réparer, certainement jusque fin janvier. Je dois remuscler toute ma jambe gauche, qui a pas mal fondu. Et je dois essayer de le faire sans aller dans la douleur. L’évolution est très lente et ce n’est pas facile moralement. Mais j’essaie de me focaliser sur le positif en notant les petits progrès que je fais et en me rappelant qu’au départ, je ne parvenais même pas à descendre un escalier… »

Après deux années passées en Italie, dans la structure professionnelle ADN Swim Project basée à Caserte, il est aujourd’hui rentré au pays, « comme c’était prévu initialement ». « De toute façon, ajoute-t-il, ADN a “explosé” après des Jeux qui n’ont pas été une réussite pour la plupart de ses nageurs. » C’est désormais à Louvain-la-Neuve qu’il effectue ses six séances de musculation hebdomadaires et c’est à Woluwe Saint-Pierre qu’il se retrouve quatre fois par semaine dans l’eau « pour garder le contact » avec un programme de planification concocté par un des membres du staff de son groupe italien avec qui il a gardé des liens par-delà les Alpes. « Mais j’ai l’intention de redemander à Rudy (Declercq, son entraîneur précédent, NDLR) de me suivre à nouveau au bord du bassin une fois que cela ira mieux. »

Avant d'être à nouveau compétitif, Frabçois Heersbrandt devra régler son problème de genou. Photo Belga.

Avant d’être à nouveau compétitif, Frabçois Heersbrandt devra régler son problème de genou. Photo Belga.

A 26 ans, François Heersbrandt n’est, dit-il, pas prêt de jeter l’éponge. Il a coché le mois de janvier dans son agenda et espère pouvoir y disputer une première compétition « sans douleur » lors de la Flanders Speedo Cup, à Anvers. Mais c’est en mai 2017, à l’occasion des championnats de Belgique – en bassin de 50 m ceux-là – qu’il veut être de retour à son meilleur niveau pour y forcer sa qualification pour les Mondiaux de Budapest prévus durant l’été.

Il tentera de le faire, faute de temps, sur 50 m libre. Mais il ajoute que s’il repart pour quatre ans jusqu’aux Jeux de Tokyo – ce qu’il espère – il pourrait revenir au 100 m papillon, l’épreuve avec laquelle il a connu ses plus beaux résultats.

En attendant de revenir à ces bonnes dispositions, il devra aussi réussir à convaincre la Fédération Wallonie-Bruxelles, à laquelle il émarge en tant que sportif de haut niveau, de lui offrir un nouveau contrat. Il estime avoir « une bonne excuse » pour justifier son année maudite et espère que celle-ci lui permettra d’avoir au moins « un an de bon » aux yeux de l’administration. « Sans cela, ça va être compliqué… », reconnaît-il.

Sera-t-il entendu?

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