Ilse Heylen entre à l’« académie »

Ilse Heylen et son mari Olivier Berghmans ont porté la "Ilse Heylen Judo Academy" sur les fonts baptismaux ce vendredi. Photo Belga.

Ilse Heylen et son mari Olivier Berghmans ont porté la “Ilse Heylen Judo Academy” sur les fonts baptismaux ce vendredi. Photo Belga.

Elle n’a pas l’aura des trois grandes championnes – Ingrid Berghmans, Gella Vandecaveye et Ulla Werbrouck – qui ont marqué l’histoire du judo belge pendant plus de vingt ans avec leur prestigieuse collection de titres olympiques, mondiaux et européens, mais il y a deux domaines dans lequel Ilse Heylen restera sans doute longtemps (toujours ?) inégalable : ceux de la longévité et de la régularité au plus haut niveau malgré des blessures et des opérations (7…) qui l’ont souvent freinée. Des qualités qui, avec l’amour de son sport, son éthique de travail et sa simplicité, lui ont permis, au fil des ans, de se bâtir une stature exemplaire et une popularité rarement démentie dans son milieu.

Vendredi soir, dans son fief de Grammont, ils étaient ainsi près de 300 à s’être déplacés pour venir l’honorer lors de la petite fête qu’elle et son mari-entraîneur Olivier Berghmans avaient mise sur pied pour boucler la boucle de son incroyable carrière. Une fête où les hommages, parmi lesquels celui de Marius Vizer, le président de la Fédération internationale de judo (IJF), ont plu dans une salle garnie des 52 médailles individuelles remportées aux quatre coins du monde de 1997 à 2016, un record pour une judoka noir-jaune-rouge.

Le témoignage de Vizer avait quelque chose d’ironique, pour ne pas dire de déplacé quand on sait comment l’amateurisme de l’IJF a ruiné les derniers mois de la carrière de l’Anversoise. Celle-ci n’oubliera sans doute jamais comment, en mai dernier, à une semaine du Masters de Guadalajara, on lui avait fait miroiter la possibilité d’y prendre part et de pouvoir ainsi éventuellement engranger les points qui lui manquaient pour forcer sa qualification olympique… avant de lui faire savoir, un jour plus tard, que, non, finalement, il n’y aurait pas de place pour elle alors qu’elle avait déjà un pied dans l’avion pour le Mexique. Et que dire de cette invitation à participer aux JO de Rio pour y remplacer une absente envoyée… à 72 heures de son éventuelle entrée en lice, invitation qu’elle avait évidemment dû refuser tant elle était improvisée ? « Remuer le couteau dans la plaie une fois ne suffisait pas, il fallait la rouvrir une deuxième fois… », avait regretté Olivier Berghmans à l’époque. Tout le monde avait compati face à ce double scandale.

Ilse Heylen ne s’est pas trop attardée sur ces derniers mois alors qu’elle avait tant rêvé de s’en aller avec une quatrième participation olympique consécutive. Elle a préféré ne retenir que les bons moments et remercier ses fidèles supporters massés devant elle. « Vous êtes toutes les pièces de mon puzzle », a-t-elle joliment dit.

Un puzzle dont on se souvient qu’il avait commencé à se dessiner en 2000 à quelques mois des Jeux de Sydney, où elle s’était inclinée de toute justesse en finale de la catégorie des moins de 48 kg du tournoi de Rotterdam, décisif pour la qualification olympique, face à une autre Belge, Ann Simons. Celle-ci allait, dans la foulée, décrocher une médaille de bronze aux JO, augmentant les regrets de Heylen qui allait toutefois prendre sa revanche quatre ans plus tard à Athènes, en montant, elle-aussi, sur la troisième marche du podium en moins de 52 kg.

« Cette médaille et l’enthousiasme qu’elle a suscité reste évidemment le souvenir le plus fort de ma carrière », a-t-elle rappelé. A partir de là – même si elle avait décroché l’argent lors de l’Euro de Bucarest quelques mois plus tôt -, elle n’allait plus quitter les sommets de sa catégorie. Ce n’est pas pour rien si elle a pris part à 3 Jeux olympiques, 7 championnats du monde (son tournoi maudit…) et 13 championnats d’Europe, se relevant toujours après de nombreux coups du sort.

Près de vingt ans de carrière et 52 médailles individuelles: Ilse Heylen peut s'en aller la tête haute. Photo Belga.

Près de vingt ans de carrière et 52 médailles individuelles: Ilse Heylen peut s’en aller la tête haute. Photo Belga.

A 39 ans, l’heure de la reconversion a sonné pour elle. Inutile de dire qu’elle a eu le temps de la préparer ! Un moment tentée par une aventure à l’étranger, où elle se serait bien vue comme entraîneur, elle a finalement décidé d’ouvrir sa petite entreprise, la « Ilse Heylen Judo Academy » (1).

Outre un travail de coaching individuel auprès de judokas avertis – elle en « conseille » déjà deux – et d’élaboration de programmes de conditionnement physique pour particuliers, Ilse Heylen entend développer des cours d’initiation au judo et de teambuilding pour entreprises au travers de conférences. « Flexibilité, motivation, travail d’équipe, persévérance, concentration, gestion du stress, etc. : les points communs entre le sport de haut niveau et le monde de l’entreprise sont bel et bien là », précise-t-elle dans la plaquette de présentation de son « académie ».

L’Anversoise aimerait également travailler avec des écoles où elle pense que son expérience du monde du judo et de ses codes sur le respect de soi-même et des autres peut aider à combattre le harcèlement qui y sévit encore trop souvent. « Les programmes que nous pouvons offrir sont nombreux », insiste-t-elle.

Il ne reste plus qu’à trouver des candidats !

(1) Renseignements: ilseheylenjudoacademy@gmail.com

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