Emmanuel Vanluchene : « Battre Pieter Timmers, ça fait du bien et ça donne confiance ! »

Après les Jeux de Rio, Vanluchene avait fait mine de tout plaquer. Aujourd'hui, il est bel et bien de retour. Photo Peter De Voecht/Photo News.

Après les Jeux de Rio, Vanluchene avait fait mine de tout plaquer. Aujourd’hui, il est bel et bien de retour. Photo Peter De Voecht/Photo News.

Quatre titres nationaux sur 50 et 100 m libre, 100 m papillon et 100 m 4 nages : Emmanuel Vanluchene ne s’est pas déplacé pour rien, ce week-end, à Gand, théâtre des championnats de Belgique en bassin de 25 m. Le nageur ouest-flandrien, avec son petit gabarit et son excellente technique de virage, aime, on le sait, plus que les autres, les piscines coupées en deux, où il peut s’en donner à cœur joie. Il ne s’est donc pas privé de se sublimer, surtout en crawl, où, sur 50 m, il a approché son record personnel de 3 centièmes avec un temps de 21.78 et, sur 100 m, où il l’a carrément battu en terminant en 47.21, le 8e chrono européen de la saison.

« C’est vrai que j’aime bien les épreuves en petit bassin, mais je me suis malgré tout un peu surpris avec ces bons chronos parce que je sais que j’ai encore commis quelques erreurs techniques, avoue-t-il. Je dois encore être plus agressif dès le départ, prendre plus d’eau. Mais c’est prometteur en vue de l’Euro de Copenhague (NDLR : 13-17 décembre). »

Un Euro où, collision d’épreuves oblige, il laissera tomber le 100 m libre pour le 100 m papillon, épreuve à laquelle il ajoutera le 50 m libre, le 100 m 4 nages et deux relais dont le 4 x 50 m 4 nages mixte, une première pour une équipe belge dans un grand championnat.

Si Vanluchene, 25 ans le mois prochain, a marqué les esprits lors du « national », c’est aussi parce que tant sur 50 que sur 100 m libre, il a battu Pieter Timmers, la star de la natation noir-jaune-rouge. Même si ce dernier était loin d’être à son top à cette époque de l’année, devancer un vice-champion olympique du 100 m libre n’est jamais une chose banale.

« C’est vrai, admet « Manu ». Quelque part, j’avais espéré cette issue ; j’avais travaillé ces derniers temps pour y arriver. Si quelqu’un peut lui mettre un petit coup, pourquoi pas ? Battre Pieter, ça fait du bien et ça donne confiance ! J’aime quand il y a de l’opposition car cela me rend plus fort et j’imagine que c’est la même chose pour lui. Mais il ne faut pas non plus en faire tout un plat… »

Cela faisait quelques mois qu’on n’avait plus vu Vanluchene à pareille fête. Au lendemain des Jeux de Rio dont il était revenu avec une 6e place sur 4 x 100 m libre et une 8e sur 4 x 200 m libre, épuisé tant physiquement que mentalement, notamment par le « soap » qui avait pollué la participation du 4 x 200 m, il avait, dans la foulée de ses équipiers Glenn Surgeloose et Dieter Dekoninck, plus ou moins annoncé son départ à la retraite sportive.

« A l’époque, j’en avais un peu marre, explique-t-il. J’étais fatigué de la vie que je menais et je voulais récupérer des ennuis de santé que j’avais connus les mois précédents (des problèmes au tube digestif). J’avais besoin de décompresser, de tourner le bouton. J’ai senti que je devais m’arrêter pour ne pas m’enfoncer dans une spirale négative et être complètement dégoûté de la natation. »

Aerents, Vanluchene, Surgeloose (en haut, de g. à dr.) et Timmers (dans l'eau) avaient terminé à une belle 6e place sur 4 x 100 m libre aux JO. Photo Eric Lalmand/Belga.

Aerents, Vanluchene, Surgeloose (en haut, de g. à dr.) et Timmers (dans l’eau) avaient terminé à une belle 6e place sur 4 x 100 m libre aux JO. Photo Eric Lalmand/Belga.

Vanluchene raconte que, pendant près de six mois, de septembre 2016 à février 2017, il a délaissé les bassins « tout en restant actif ». Etudiant en éducation physique dans une haute école de Gand, où il va boucler son 3e bac en juin prochain, il a notamment continué à courir, à faire du vélo et de l’escalade. « Ma condition est restée très bonne durant toute cette période », insiste-t-il. Et quand il a enfin décidé de se remettre à nager sous la direction de ses deux entraîneurs, Rik Valcke et Wauter Derycke, il a vu que ses sensations dans l’eau n’avaient pas complètement disparu. « Tout le travail effectué pendant des années était encore bien présent dans mon corps. »

Il lui a toutefois fallu du temps pour se remettre à niveau. On n’arrête pas impunément le sport d’élite pendant une si longue période. Les Mondiaux de Budapest, l’été dernier, sont ainsi arrivés un peu trop tôt pour lui et il a dû assister, impuissant, à la non-sélection d’un relais pour ce grand rendez-vous pour lequel seuls Pieter Timmers, Louis Croenen, Kimberly Buys et Logan Vanhuys (en eau libre) ont été repris individuellement.

« Ne pas envoyer de relais a sans doute été une décision décevante de la fédération, lance-t-il. Mais d’un autre côté, cela a aussi constitué un signal vers les nageurs à qui on a fait comprendre qu’on ne va pas comme ça à des championnats du monde. Il faut travailler pour mériter sa place. »

Le retour aux affaires de Vanluchene devrait faciliter les choses pour les prochaines échéances, et ce jusqu’aux Jeux de Tokyo, en 2020, où ce véritable « allrounder » – « J’ai eu des records de Belgique dans toutes les disciplines sauf en brasse ! » – mettra un terme, définitif celui-là, à sa carrière.

« On a perdu Glenn et Dieter depuis Rio et il faut trouver de nouveaux talents. Une fois qu’ils seront là, ce sera à nous, les “anciens”, de les guider et de transmettre. »

Une belle profession de foi.

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