« Je veux renforcer la collaboration avec le judo francophone »

Olivier Berghmans, le nouveau directeur technique  de la Fédération flamande de judo, a coaché son épouse Ilse Heylen jusqu'à la fin de sa carrière. Photo Eric Lalmand/Belga.

Olivier Berghmans, le nouveau directeur technique de la Fédération flamande de judo, a coaché son épouse Ilse Heylen jusqu’à la fin de sa carrière. Photo Eric Lalmand/Belga.

C’est une interminable période de flou qui s’est achevée pour la Fédération flamande de judo (VJF) cette semaine. Près de six mois après le départ de son principal responsable sportif, qui n’avait pas survécu à des accusations de harcèlement, son successeur a enfin été désigné en cette veille de Noël, à l’issue d’une longue procédure. Et cet homme, que ses dirigeants espèrent providentiel, n’est autre qu’Olivier Berghmans, le mari (et ex-coach) d’Ilse Heylen. A 49 ans, celui qui avait déjà lorgné le poste à deux occasions, a décroché cette position à haute responsabilité pour laquelle s’étaient présentés une demi-douzaine de candidats.

« Je ne veux pas juger mon prédécesseur, parce que je ne connais pas les dessous de cette affaire, dit le nouveau « directeur technique pour le haut niveau » de la VJF. C’est à la fédération de gérer ce dossier et je pense qu’elle le fait bien. Tout ce que je peux dire, c’est que quand on exerce un boulot d’entraîneur, surtout dans un sport de contact, et que l’on s’occupe de (très) jeunes sportifs, on se doit d’être irréprochable. Même si, malheureusement, ce type de scandale n’est pas limité à notre sport, cette histoire a fait beaucoup du tort au judo, lui a donné une mauvaise image. J’espère pouvoir faire en sorte qu’il redore rapidement son blason. »

Il n’y a pas que sur le plan extra-sportif que le judo flamand a pris des coups ces derniers temps. Alors qu’il était clairement en pointe durant les années 90, à l’époque où il était dirigé par l’omnipotent Jean-Marie Dedecker, il a lentement mais sûrement dégringolé au tournant des années 2000, même si Ilse Heylen et Dirk Van Tichelt, tous les deux médaillés de bronze olympiques, ont fait bien mieux qu’entretenir l’illusion en squattant les podiums et… en masquant un manque de profondeur. Tout cela alors que, de l’autre côté de la frontière linguistique, la Fédération francophone se réorganisait autour de Cédric Taymans, son directeur sportif, et, tirant parti d’une très belle génération emmenée par Charline Van Snick et Toma Nikiforov et d’une centralisation de ses élites, multipliait les médailles en tournois et championnats, tant chez les jeunes que les seniors.

« J’ai dit plus d’une fois combien je trouvais que l’on travaillait bien au sud du pays, confirme Olivier Berghmans. La Fédération francophone a très bien su profiter d’un très bon groupe d’athlètes. Sans aller jusqu’à la copier à 100 %, je pense qu’il y a moyen de prendre exemple sur elle. Je veux d’ailleurs aussi renforcer la collaboration entre les deux cellules sportives. Cédric Taymans, avec qui je m’entends très bien, est l’une des premières personnes que je veux rencontrer dès que je serai entré officiellement en fonction. »

Berghmans entend bien regrouper les forces vives du judo flamand au centre de haut niveau de Wilrijk, « en tout cas les juniors et les seniors. Pour les plus jeunes, je serais plutôt favorable à des entraînements en commun dans nos différentes provinces pour ne pas leur imposer de trop longs déplacements. » Dans ses plans, il compte aussi, pour autant que les moyens financiers nécessaires lui soient alloués, nommer un entraîneur responsable hommes et un entraîneur responsable femmes. Avec, pour cette dernière fonction, une préférence pour… son épouse. Ne risque-t-il pas, du coup, d’être taxé de népotisme ?

« Outre le fait que ma candidature était liée à celle d’Ilse, il est évident, avec son expérience, qu’elle serait la personne idéale pour le poste, affirme-t-il. Mais il y aura une procédure de sélection avec des règles bien établies et c’est à l’issue de celle-ci que le choix sera fait. Il est clair que je ne vais pas décider seul ; ce serait du suicide ! »

Le nouveau directeur technique flamand, qui, dans un premier temps, combinera sa fonction avec celle qu’il occupe actuellement dans une société qui fait de la sous-traitance pour un grand constructeur automobile basé à Forest –« J’y travaille depuis 16 ans, j’aurai logiquement un préavis à prester » -, se donne 100 jours pour bien évaluer la situation et mettre un plan en place.

L'Anversois Matthias Casse, le champion du monde junior des moins de 81 kg, est le grand espoir du judo flamand. Photo Eric Lalmand/Belga.

L’Anversois Matthias Casse, le champion du monde junior des moins de 81 kg, est le grand espoir du judo flamand. Photo Eric Lalmand/Belga.

« Je ne pars pas sans rien, insiste-t-il. Dirk Van Tichelt reste un formidable chef de file et il y a des entraîneurs de jeunes qui ont fait de l’excellent boulot pour amener au sommet Matthias Casse (NDLR : or en -81 kg) et Mina Libeer (bronze en -57 kg) aux Mondiaux et Jorre Verstraeten (argent en -60 kg) à l’Euro junior. Il faut donner à ces jeunes le moyen de percer. Même si nous n’irons pas à 10 – il faut rester réaliste… -, j’espère que nous aurons plusieurs représentants aux Jeux de Tokyo, en 2020. »

Des Jeux pour lesquels la campagne de qualification démarrera en mai 2018 avec les premiers points attribués lors des différents tournois internationaux et qui iront crescendo dans les deux années à venir. Une bonne raison de plus pour Olivier Berghmans de se mettre rapidement au travail !

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Une réponse à « Je veux renforcer la collaboration avec le judo francophone »

  1. Samson robert dit :

    Bonjour ,je vous félicite pour votre promotion et des initiatives que vous allez prendre,je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d année.

    Robert Samson

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