Herman Düne comme à la parade

Groupe culte dans la galaxie indie, le groupe franco-américain est en tournée permanente. Mi-octobre, le groupe faisait un détour par la Belgique, à l’occasion du festival du film de Gand. C’est là qu’on les a cueillis pour une session acoustique.

Sur Myspace, Herman Düne compte ses amis : ils sont à l’heure actuelle 14219 à avoir ajouté le grope à leur profil. Sur Youtube, le clip drôlissime de « I Wish That I Could See You Soon » a quant à lui été visionné à 155414 reprises. Il y a donc sur internet une justice, qui rende au groupe la notoriété qui lui est due. Présent depuis plus d’une dizaine d’années sur les routes et sur disque, les frères d’origine franco-suédoise ont à leur actif une demi-douzaine de disques ; on leur prête surtout d’avoir composé près de 400 chansons d’inspiration pop-folk, publiées pour certaines sous de multiples pseudonymes et exclusivement sur CD-R.
Herman Düne, sous toutes ses formes, inspire le respect : le songwriting est brillant, et la luxuriance de certains morceaux de leur dernier disque « Giant » fait de plus en plus oublier l’étiquette « lo-fi » volontiers accolée au groupe.
On ne se lasse d’ailleurs pas de la beauté spontanée de morceaux tels que « Nickel Chrome » ou « When The Water Gets Cold and Freezes on the Lake », merveilles folk qui sont d’autant plus précieuses sur disques que l’un des frères Düne, André, a déserté le projet, laissant à David-Ivar le soin de les défendre sur scène. Un lieu où, encore, le groupe apparaît encore à dimensions très variables, avec ou sans choeur, avec le musicien américain Turner Cody, The Baby Skins, Julie Doiron…
Au Vooruit à Gand, c’était Turner Cody qu’on a aperçus à leur côté, pour un show plutôt court (une heure), qui s’intégrait dans la programmation parallèle du festival du film de Gand. La récompense, on l’avait eu avant ce concert, dans les loges du groupe ; depuis leur passage au Botanique en mai, on cherchait le moyen de les attirer dans nos filets. Sans y parvenir, parce qu’HD cultive sans doute comme aucun autre son goût de la liberté, et à beaucoup mieux à faire qu’à s’encombrer du service après-vente de ses morceaux, qui se défendent très bien tout seul, merci pour eux.
La reprise que I’m From Barcelona donnait, dix jours plus tôt, de leur « Monkey Song », à Gand aussi, rendait pourtant la chose inéluctable, autant que la superbe mélodie au ukulélé de « Bristol ».
Dans leur loge, aucun instrument de musique – ils sont tous sur scène, mais en bonne place, une collection de flacons de bourbon, qui laisse supposer la teneur haute en couleurs de l’après-concert. Tandis que Turner Cody se vautre sur l’unique divan du lieu, David-Ivar et Neman ont déjà pris position. Sans tralala, comme si on les avait cueillis en plein échauffement vocal. Et une fois la machine mise en route, en vrai diesel, difficile de l’arrêter. « Suburbs with you » et « You Don’t Know Where I’Ve Been » accomplis, c’est David-Ivar qui poursuit, seul, pour se frotter à notre ukulélé, là où il avait joué avec le sien, jusque là. La caméra est déjà éteinte et on assiste à une deuxième session, plus improvisée encore que la première, qui se prolonge durant la micro-séance photos à laquelle le groupe se prête, un peu malgré lui.
Herman Düne est passionnant, insaisissable aussi. Aussi envoûtant qu’une lampée de whisky, vers laquelle on ne peut s’empêcher de revenir, avec un étonnement sans cesse garanti.
C.Pt


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6 commentaires

  1. me

    9 novembre 2007 à 15 h 01 min

    quelle belle voix…quelle facilité et quelle spontanéité….c’est de ça que je parlais , M Coljon, quand je parlais du côté trop produit d’un Babyshambles. Ceci respire tellement le talent.

  2. DirtyPrettyJohn

    9 novembre 2007 à 15 h 32 min

    Ce qui est se conçoit bien s’énnonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. Remplacer “mots” par “musique” et vous avez une belle définition d’Herman Düne.

  3. The Mole

    12 novembre 2007 à 9 h 28 min

    Gosh, les frères en session!… J’hallucine. Plutôt flatteur pour un groupe auquel “Le Soir” n’a jamais consacré le moindre papier (juste une review de l’album “Giant”, en avril). Reste à obtenir une session de Zombie Zombie. Sauf qu’Etienne “theremin” Jaumet risque bien de se prendre les doigts dans l’ukulélé ;-)

  4. Chantal

    12 novembre 2007 à 16 h 30 min

    Hey, Vous saviez que Turner Cody avait sorti un album sur un label bruxellois?
    Ca s’appelle “60 seasons” et c’est chez b.y_records
    Voyez plutot.
    http://www.byrecords.com/fr/artists/turner-cody
    C’est vraiment pas mal du tout.
    Avec Les Herman Düne comme musiciens en plus.

  5. Pingback: 5×2 places à remporter pour Stanley Brinks | frontstage

  6. Davis Lohrey

    15 juillet 2011 à 16 h 51 min

    You are a very bright personal!

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