Les épousailles de Windmill et St-Vincent

C’est à une fort belle soirée musicale que convie le Botanique vendredi prochain, avec un concert réunissant la chanteuse Saint-Vincent et Windmill. Elle d’abord, dont l’album “Marry Me” s’est offert une collection d’étoiles, notamment dans le MAD, où Thierry Coljon écrivait, en septembre dernier: “Même si elle s’est bien entourée (cordes, cuivres et chœurs et Mike Garson, au grand piano), Annie nous convainc aisément de son grand talent avec des chansons à la fois simples et biscornues. Son univers est personnel et ses mélodies, craquantes à souhait, grâce notamment à des arrangements d’une grande richesse sonore. Entre valses et cabaret pop. “. Un coup de coeur qui n’a cessé de se confirmer ces dernières semaines et qui tient autant à la personnalité de la jeune chanteuse Annie Clark que de ses chansons.
Windmill ensuite, qui promène aussi avec lui une réputation plutôt flatteuse outre-Manche, sur la foi de l’album “Puddle Racing City Lights”, encensé partout dans la patrie d’Albion pour ses qualités mélodiques et la profondeur de son inspiration. Matthew Thomas Dillon, chanteur et compositeur du groupe, y fait l’étalage d’un talent d’écriture qui n’est jamais dépareillé par la production de Tom Knott, échappé de The Earlies pour l’occasion. Y plane l’ombre des Beatles qui auraient croisé le fer avec Arcade Fire, quoi que la voix de Dillon soit quant à elle unique. On pense à Mercury Rev, mais en plus nasillard jusqu’à l’agacement, mais suffisamment claire pour ne pas faire écran à ses propres morceaux, principalement joués au piano.
On s’était imaginé vivre une session des plus sombres, avec un songwriter plutôt ombrageux. Prêt pour le grand frisson neurasthénique et les sanglots que Dillon ne manquerait pas de décrocher.
Tout faux: il y a la blondeur des deux choristes accompagnatrices et la clarté de leurs sourires. Et entre les membres du groupe, durant toute la session, une folie complice, à deux doigts de l’éclat de rire permanent. Des rires, il y en aura, d’ailleurs, en permanence même. L’alchimie du groupe ne semble même tenir qu’autour de ce goût pour la facétie qui habite leur interprétation de “Tokyo Moon”, premier morceau de leur album, aubaine pour les remixeurs de tous poils. Timide d’abord, Windmill se dévoile, comme ses morceaux, au fil de leur écoute répétée; bientôt les quatre murs de la loge paraissent bien trop étroits pour abriter ces fous chantants. Qui, d’initiative, indiqueront du doigt l’ascenseur, ou une cage d’escalier mal éclairée. Trop mal éclairée.
D’abord, on n’a pas trop compris pourquoi ils nous emportaient vers la première bouche de métro venue. Pas non plus ce qu’ils envisageaient de faire avec cet escalator. Puis aux premières mesures de “Boarding Lounges”, le déclic; c’était presque trop évident. Mais encore d’une féroce drôlerie quand le groupe se scinde en deux, laissant le chanteur et son accompagnateur aux prises avec eux-mêmes. Et ce refrain répété à l’infini, jusqu’à plus soif.
Matthew Thomas Dillon n’a pas totalement faux quand, premier spectateur de la session, il nous écrit “We acting silly”. Complètement.
Mais c’est aussi bien pour ça qu’on ira, vendredi prochain, se frotter à cette soirée pop


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2 commentaires

  1. Balou

    2 décembre 2007 à 10 h 49 min

    Sa voix, bon dieu, vraiment pas mon trip.
    Sinon, quelle joie de vivre. J’ai peine à imaginer que ce type fasse des chansons tristes.
    Mais si vous le dites…

  2. rococo

    6 décembre 2007 à 20 h 08 min

    Découverte sympa. Ca vaut pas Okkervil River. Mais on a envie de rire avec eux.
    Ils jouent quand au Bota?

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