Iggy à la française

Musique « Préliminaires », le nouvel album d’Iggy Pop, sort le 18 mai prochain

L’Iguane était à Paris pour un show télé et surtout
pour évoquer son futur album inspiré par Michel Houellebecq.

Paris

De notre envoyé spécial

Sacré Iggy ! Godfather du punk – les deux premiers albums des Stooges scellent les fondations d’un rock animal d’une sauvagerie inouïe – à la carrière inégale mais à la réputation qui forge et inspire le respect, James Osterberg (pour l’état civil) n’en finit pourtant pas de rebondir. Après avoir reformé ses séminaux Stooges en 2003 (avec le guitariste Ron Asheton récemment disparu), celui qui soufflera ses 62 bougies le 21 avril prochain était cette semaine dans la capitale française pour une double actualité.

L’enregistrement ces mardi et mercredi, dans un studio de la Plaine-Saint-Denis, de La Musicale, l’excellente émission de Canal + animée par la pétillante Emma de Caunes et une conférence de presse, ce jeudi, dans un luxueux hôtel non loin du Louvre.

Même si La Musicale ne sera malheureusement pas diffusée sur Be TV, on ne résiste pas au plaisir de vous faire partager les émotions ressenties mercredi soir entre 21 et 22 heures. Avec Geoffrey Burton (Arno, Bashung) à la guitare, Albin de la Simone (M, Vanessa Paradis) aux claviers et une délégation américaine (cuivres, contrebasse…), Iggy a interprété neuf chansons dont six morceaux de son futur Préliminaires. Attaquant par une jolie version des « Feuilles mortes », où la voix de crooner de l’« entertainer » fait des merveilles, mister Pop s’est offert un duo complètement habité du classique de Screamin’ Jay Hawkins « I put a spell on you » avec une Catherine Ringer complètement survoltée et littéralement en transe. Après tout, Iggy lui a jeté un sort pendant quelques minutes. Les deux autres grands moments forts furent une version big band du classique de Louis Amstrong « You rascal you » – repris par Serge Gainsbourg et Eddy Mitchell sous le titre « Vieille canaille » avec une Peaches délurée et une tonitruante et vicieuse « Gloria » empruntée aux Them avec Izia, la fille de Higelin, qui confirme le célèbre adage que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

Changement de décor, jeudi à 11 heures. Gilles Verlant, qui fait office de modérateur, lance une conférence de presse où l’animal s’est révélé, comme à son habitude, charmant, charmeur et bavard sur son Préliminaires de nouvel album dont le point de départ est La possibilité d’une île, le roman du controversé écrivain français Michel Houellebecq. Un seizième effort solo où Iggy Pop, comme dans Avenue B, signe des compositions dans la lignée des Frank Sinatra et des Lee Hazelwood. De là à parler de concept album, il n’y a qu’un pas que l’intéressé franchit prudemment.

« C’est devenu un concept album mais ce n’était pas le plan initial, concède Iggy Pop, drapé de noir, des pieds à la tête. J’essaie de me tenir au courant des sorties littéraires majeures et je suis tombé sur La possibilité d’une île en 2007. J’avais commandé une version anglaise et je l’ai lue dans un vieil hôtel du bord de mer en France. J’avais entendu parler de Houellebecq et j’avais déjà lu quelques poèmes de Michel et je me suis dit que ce « motherfucker » savait écrire. J’ai donc lu son livre et je me suis pas mal reconnu comme c’est le cas avec un bon bouquin. Comme vous vous retrouvez dans le livre, il vous parle encore plus. Et comme je suis intéressé par le sexe, la mort et la race humaine, je n’ai eu aucun mal à adhérer aux propos de l’auteur. »

Plus d’un an après avoir plié le Prix Interallié 2005, Iggy Pop reçoit un courriel d’un réalisateur qui prépare un documentaire sur Michel Houellebecq et demande à l’artiste de composer la musique sans consigne précise.

« J’ai pris ma guitare et j’ai composé quelques thèmes et j’ai chanté quelques phrases a cappella, poursuit Iggy. J’ai ensuite envoyé des bandes à des musiciens bien précis afin qu’ils habillent le morceau en donnant quelques consignes du genre : “Là, je veux quelque chose à la Louis Amstrong.” Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité chanter “Les feuilles mortes” (le classique de Kosma/Prévert ouvre Préliminaires – NDLR) et dans le même ordre d’idées, je me suis rappelé avoir enregistré « How sensitive » (un standard de la bossa signé Jobim – NDLR) à l’époque d’Avenue B. De fil en aiguille, c’est devenu un disque mais rien n’était originellement planifié pour que cela le devienne. »

Album Préliminaires (Virgin-Emi). Sortie le 18 mai 2009. Infos sur le site iggypoppreliminaires.com. La suite de la conférence de presse accompagnera la sortie du disque.

MANCHE,PHILIPPE


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1 commentaire

  1. Silver Red Flag

    27 mars 2009 à 14 h 55 min

    Je suis déjà en transe. Avenue B reste un chef-d’oeuvre. La reformation (partielle) des Stooges fut une bénédiction (Dave, Ron, RIP). Et la perspective d’un retour feutré (et lettré) d’Iggy m’aide à supporter le gâchi ambiant. Osterberg forever!
    PS: Tiens bon, Lemmy, tiens bon.

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