Alex Chilton de Big Star est mort

chilton.JPGLa série noire continue. On vient d’apprendre la mort du songwriter Alex Chilton, plus connu comme leader de Big Star. Sa mort survient alors que le groupe reformé s’apprêtait à jouer au festival texan SxSW. Il avait 59 ans.

Les causes de sa mort sont encore inconnues, mais on suppose qu’il s’agit d’une crise cardiaque. Selon le journal de Memphis Commercial Appeal, Chilton, qui se trouvait à la Nouvelle Orléans, s’est plaint de douleurs dans la journée du 17 mars. Il a été amené aux urgences où il fut déclaré mort. Son collègue de Big Star Jody Stephens a confirmé la nouvelle hier soir: «Alex est mort ce soir. Je n’ai pas de détails mais les médecins supposent qu’il s’agit d’une crise cardiaque».

Alex Chilton a débuté sa carrière en 1966 comme chanteur des Box Tops alors qu’il n’avait que 16 ans. Dès le départ, le groupe dégote plusieurs hits internationaux comme ‘The Letter’, ‘Cry Like A Baby’ (1968) ou ‘Soul Deep’ (1969). Pourtant, c’est avec Big Star qu’Alex Chilton laissera son empreinte dans l’histoire du rock, et ce bien que le groupe ne connut jamais le succès de son vivant.

Chilton rejoint le guitariste Chris Bell en 1971 pour fonder Big Star. Le groupe sortira trois albums («#1 Record’s», le seul avec Chris Bell, «Radio City» et «Third/Sister Lovers») qui, s’ils furent tous des échecs commerciaux, sont une influence majeure pour de nombreux groupes de la scène pop-rock indé US des années 80 à nos jours. REM n’a jamais caché sa passion pour le groupe, tout comme The Posies, The Replacements, Afghan Whigs, Jeff Buckley qui reprenait ‘Kangaroo’ en live et même dEUS chez nous, qui a repris ‘Thirteen’ sur la face B du single ‘Sister Dew’.

Dix-neuf ans après la fin du groupe, Alex Chilton a reformé Big Star (avec le fidèle Jodie Stephens et deux membres des Posies ) en 1993, tout en continuant une carrière solo pléthorique. Le groupe a vu son catalogue réédité en début d’année et s’apprêtait à jouer au festival texan SxSW ce week-end. La mort subite d’Alex Chilton vient mettre fin à une carrière emblématique. Il laisse une femme et un fils.

On terminera avec ces paroles tirées de la chanson-hommage ‘Alex Chilton’, écrite par les Replacements de Paul Westerberg en 1987: «I never travel far, without a little Big Star».

Didier Zacharie

[youtube pte3Jg-2Ax4]


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5 commentaires

  1. pitchorneirda

    18 mars 2010 à 13 h 48 min

    J’apprends cette nouvelle alors que j’écoute…Big Star. Génération dorée, groupe d’exception. Tout disparait toujours trop vite.

  2. Denis

    18 mars 2010 à 13 h 56 min

    Chilton, en solo, était aussi l’auteur d’un des plus grands single de tous les temps: Bangkok. Et puis sublime album avec Alan Vega, Cubist Blues. Un tout grand disparaît dans l’indifférence quasi générale…

  3. lerock1976

    18 mars 2010 à 19 h 57 min

    Oui Big Star. Chilton solo un peu moins…

  4. bro phil

    19 mars 2010 à 23 h 16 min

    Et aussi un sacré producteur aussi, pour les Cramps et les Gories. Et bon Dieu, c’est vrai que Bangkok est énorme.

  5. Bruno

    21 mars 2010 à 8 h 45 min

    Alex était un compositeur, un musicien et un chanteur d’exception. Sur le coffret qui vient de sortir, les versions démo ou il chante et joue tout seul plusieurs chansons révèlent cet alignement exceptionnel des astres. Third est un LP mélangeant finesse et tourment d’une façon incroyable. Et d’accord avec Denis (salut Denis!): Bangkok, ce sont 2 minutes 1 seconde de quintescence de rock fêlé. Feudalist Tarts le mini-lp de retour dans les années 80 était aussi un travail d’exception. Bien que rassemblant des covers, c’était une démonstration comment un grand du rock peut passer de la soul, du blues, au jazz les doigts dans le nez.

    Alex est passé plusieurs fois en Belgique. Je l’ai vu à l’AB en 1989 (?). La veille ou le lendemain dans la meme salle jouait Jonathan Richman. Il avait donc 40, mais en faisait plus.
    A l’époque, il faisait l’impasse sur ses chansons de Big Star et s’amusait à reprendre les chansons des autres; même celles qu’on lui suggérait de la salle. Bcp d’humilité.

    Il existe un excellent livre sur la scène de Memphis dans les années 70. “It came from Memphis”.

    Bruno

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