Kendrick Lamar a fait le boulot

LIEGE. AUX ARDENTES.  KENDRICK LAMAR EN CONCERT.   Photo Michel Tonneau

Apothéose de cette première journée des Ardentes essentiellement hip-hop, Kendrick Lamar a assuré son statut de tête d’affiche incontestée en donnant un concert… rock.

On se demandait comment Lamar allait transposer sur scène les mille et un détails de son épique opus To Pimp A Butterfly. Les envolées free jazz, les break et changements de tempo, toutes ces couches de sons noirs qui font du disque un des plus impressionnants de l’année. Réponse : en resserrant le propos en formation rock, guitare-basse-batterie. Et si on y a forcément perdu en variété de sons, voire en subtilité, le bonhomme s’en est sorti comme un chef. En clair, ça a joué !

Une sorte de funk-rock hyper groovy rondement mené par le boss. On pense à un mélange de Parliament, des Stone Roses du deuxième album, de Stevie Wonder période « Supernatural » et du Red Hot de la grande époque, mais mené par un rappeur de premier ordre. Qui dégage clairement quelque chose, une assurance naturelle, le sourire sympa cachant un esprit à l’affût qui visualise chaque instant pour en tirer le meilleur. Bref, Kendrick Lamar est une star. Et ce soir, il fait le boulot. Sans cynisme, avec le plaisir d’offrir ce qu’il a à offrir. Et la volonté de conquérir.

LIEGE. AUX ARDENTES.  KENDRICK LAMAR EN CONCERT.   Photo Michel Tonneau

Niveau setlist, Lamar délaisse le nouvel album durant la première partie du set. L’occasion aussi d’envoyer « Swimming Pool » et « Bitch, Don’t Kill My Vibe » à la demi-heure. Puis, c’est l’enchaînement des derniers singles « i » (et un pont groovy en diable qui laisse apprécier le jeu en groupe et – on se répète – ça joue!), « King Kunta » (et son gros riff funky qui fait jumper l’assistance) et « Alright ». Il n’y a rien à dire. Les versions live ont beau être dénudées, on a beau voir l’os de ces morceaux, c’est du costaud.

De là à en faire le concert de l’été… Non. On reste même sur notre faim. Mais l’attente était telle qu’il ne pouvait sans doute en être autrement. Et puis, Kendrick Lamar en est encore au début de sa gloire. Il va encore grimper, car son talent est indéniable. En fin de compte, Liège a peut-être vécu un concert historique. Mais on ne s’en rendra compte que plus tard… Ou il s’agissait juste d’un concert comme un autre. Pour l’heure, on dira que Kendrick Lamar a fait le boulot. De fort belle manière.

Didier Zacharie
(Photos : Michel Tonneau)

 

 

Journaliste lesoir.be

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