Citigroup lutte pour sa survie

Finance Le millier d’employés belges inquiets

Tout au long de ce week-end, Citigroup a lutté pour sa survie. Le géant bancaire américain qui pesait encore 290 milliards de dollars en Bourse voici un an, n’en vaut plus que 21 aujourd’hui. Sur la seule semaine dernière, le titre a plongé de 60 %.

Cession, reprise (mais qui a les reins assez solides ?), aide du Trésor, vente de pans entiers d’activité, toutes les options étaient examinées, même si Vikram Pandit, le patron de Citi, se refusait d’évoquer une dislocation et une vente par appartements de son groupe.

Citigroup, qui a été un moment la plus grande banque du monde, ne peut pas tomber en faillite sans provoquer un cataclysme : la banque emploie plus de 350.000 personnes, abrite 780 milliards de dépôts, compte 200 millions de clients dans une centaine de pays. Elle affiche au bilan des actifs de 2.000 milliards de dollars, plus 850 milliards d’actifs plus ou moins toxiques qui sont logés dans des sociétés liées au groupe.

Citigroup a été percuté de plein fouet par la crise : entre le dernier trimestre de 2007 et le troisième trimestre de cette année, le groupe a cumulé plus de 20 milliards de dollars de pertes. Certains analystes s’attendent à ce que le groupe doive encore acter 50 milliards de dollars supplémentaires de pertes sur son portefeuille de crédit ces prochains mois. Et désormais, Citigroup se trouve dans une situation similaire à celle de Fortis, avec sur papier un ratio de solvabilité qui n’est pas trop mauvais, mais avec des marchés qui ne lui accordent plus confiance.

53.000 pertes d’emplois

Au niveau de l’emploi, c’est déjà un désastre. Le groupe, qui employait 375.000 personnes en janvier dernier, avait supprimé 22.000 emplois, avant d’annoncer voici quelques jours, le 17 novembre, un plan drastique de suppression de 53.000 nouveaux jobs. Une partie de ces emplois ne devrait toutefois pas disparaître, mais être transférés, via la vente de certains départements. Mais pour l’autre partie, il s’agit de licenciements.

Chez Citigroup Belgique, qui emploie 950 personnes, sans compter 180 indépendants agissant comme agents délégués, on se pose des questions. La direction belge a eu contact avec la maison mère vendredi. « Mais il est trop tôt pour connaître l’impact en Belgique », dit le porte-parole de Citi en Belgique. « Les affaires en Belgique tournent bien, mais on peut craindre néanmoins des pertes d’emplois », note Johan Nelissenn du syndicat socialiste Setca.

Bank of New York : 40 emplois belges en moins

Inquiétude aussi chez Bank of New York, qui emploie 1.070 personnes en Belgique, où elle est active dans la conservation de titres et la compensation. Une quarantaine d’emplois doivent disparaître. Mais dans cette banque « où la rotation de personnel est élevée, note Miranda Ullens (Setca), quinze personnes sont déjà parties en septembre. Il ne devrait pas y avoir de licenciements secs », ajoute-t-elle. (P.-H.T.)

THOMAS,PIERRE-HENRI
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