Rendez-vous le 15 juin

Ghislenghien Faux départ pour le procès du drame à Tournai

Le procès de la catastrophe de Ghislenghien n’avait pas sitôt débuté qu’il a été suspendu : lundi, en fin de matinée, les avocats des personnes physiques et morales qui avaient récemment fait l’objet de citations directes ont obtenu du président Renaud Moulard qu’il leur accorde une remise de trois semaines. Ils mettront ce délai à profit pour étudier un dossier qu’ils n’ont, dirent-ils, pas eu le temps matériel d’éplucher – l’ensemble des cartons représente quelque 40.000 pages !

Le 12 mai, on s’en souvient, certaines parties civiles avaient cité directement la Ville d’Ath, la SA Bolckmans, la SA Colas Belgium et André Overlo – le directeur de production de la SA Husqvarna – que le parquet avait pour sa part renoncé à poursuivre. Lundi, les avocats des parties civiles ont annoncé leur souhait de renoncer à celles des citations qui concernaient le volet pénal – les citations sont maintenues au civil. Un désistement inspiré, dirent-ils, par leur souci de ne pas compromettre la bonne marche du procès dont les parties civiles souhaitent qu’il soit rondement mené. Or, les avocats des parties adverses avaient d’emblée annoncé qu’ils solliciteraient une remise de trois mois si d’aventure lesdites citations étaient maintenues au pénal. Ils ont obtenu, au bout du compte, un report de trois semaines qui leur permettra de préparer la défense de leurs clients sur le seul volet civil.

Cette concession du tribunal a fait tiquer le ministère public qui estimait qu’une remise d’une journée – « La partie du dossier qui concerne les personnes citées représente tout au plus un demi-carton », maugréa le substitut Cambier – eût suffi amplement.

Le président Moulard s’est agacé des applaudissements nourris que cette remarque avait suscités dans les rangs des parties civiles frileusement agglutinées dans une partie de l’immense salle quasi déserte : « Nous ne sommes pas au cirque ! », a-t-il tonné en prévenant qu’il ne tolérerait plus aucun débordement du genre. Sur un ton radouci, il a annoncé que cette remise serait sans incidence sur le calendrier théorique du procès qui reprendra le lundi 15 juin : à raison de sept audiences par semaine – deux demi-journées les lundis, mardis et jeudis, une le mercredi –, l’instruction d’audience devrait être terminée pour le 30 juin, comme prévu. Peut-être même, à cette date, aura-t-on déjà entendu le réquisitoire du ministère public.

DETAILLE,STEPHANE
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