Les germanophones volent au secours de la Belgique

Comme prévu, le parlement germanophone, réuni à Eupen, a voté, lundi à 21h20, le conflit d’intérêts (22 voix pour, 2 contre, 1 abstention). Le problème de BHV est donc entre les mains de Van Rompuy qui repense au comité des sages.

BHV : les présidents s’en inquiètent

Institutionnel.  Après le vote des germanophones, quatre mois pour négocier

Au frigo à nouveau pour 120 jours ouvrables, où il reposait déjà depuis près de deux ans, BHV reste un sujet chaud en permanence et, là, redevient brûlant : car ce délai, obtenu grâce au vote des parlementaires germanophones (lire ci-dessous) après trois autres procédures en conflit d’intérêts du même type déclenchées successivement par la Communauté française, la Cocof (le parlement francophone bruxellois) et le parlement wallon, ce délai germanophone, donc, est le dernier en principe (sauf astuce technico-juridique : on a déjà tout vu) et doit donc être mis à profit pour trouver une « solution ». Pour début mars 2010.

Il y a intérêt à ce que redémarre la machine à produire des compromis institutionnels. Sinon tout le monde y passera : le gouvernement fédéral probablement, peut-être le pays.

Pour éviter le pire, plus de temps à perdre. A Herman Van Rompuy de jouer. Fort des accords sur l’asile et les sans-papiers en juillet dernier, puis sur le budget 2010-2011 au début octobre, deux dossiers autrement « importants », le Premier ministre tente là paradoxalement le « gros » coup de son mandat au « seize », celui qui le ferait entrer dans l’histoire : régler BHV, c’est réaliser l’impossible rêve.

Le chrétien-démocrate verrait bien un « comité des sages », sur le modèle de 2007-2008 (Le Soir du 19 octobre) opérer en mission d’éclaireur, dans les prochaines semaines, avant que les négociations « politiques » ne débutent en janvier 2010. Avec les présidents de partis. Qui ont la clé. Les quatre francophones, apprend-on, ont l’intention de se voir rapidement. Didier Reynders (MR), Elio Di Rupo (PS), Joëlle Milquet (CDH) et Jean-Michel Javaux (Ecolo) ont prévu de se rencontrer cette semaine, pour un premier tour de table. Probablement autour des premières propositions, ou suggestions, émanant du « seize » en termes de méthode de travail.

Cela avant que les « sages » (les mêmes qu’en 2007-2008 ?, Moureaux, Vande Lanotte, Dehaene…) ne fassent tourner les thèses et hypothèses classiques désormais dans ce dossier : scinder l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (c’est l’exigence flamande) contre une série de garanties pour les francophones de la périphérie bruxelloise. Et, singulièrement, contre la création d’un « couloir » ou « corridor » reliant Bruxelles à la Wallonie. Il serait constitué au minimum d’une bande de territoire large de 2 à 3 km longeant la chaussée de Waterloo. Et au maximum par un lot de communes à facilités, qui intégreraient la Région bruxelloise : Rhode-Saint-Genèse, Crainhem, Wezembeek-Oppem, Linkebeek, Drogenbos, Wemmel.

Soupçons

L’art du compromis n’est pas tout. Il y a aussi la volonté politique – un peu l’esprit de sacrifice. Et là, pour ce qui concerne les francophones, on connaît la prévention généralement – de la part des adversaires politiques en tout cas – contre le FDF, très attendu au tournant. Partant, la « famille » MR, dont le FDF est une composante avec les libéraux et le MCC, est-elle à même de mener jusqu’à son terme une négociation aussi serrée et de signer un document relativement compromettant au bout du compte ?

Un petit rien fait repartir le soupçon. Exemple : lundi après-midi, à propos de la crise au MR, l’agence Belga écrivait que l’idée circulait d’organiser des présidentielles post-Reynders « après les prochaines élections et quel que soit le moment où celles-ci auront lieu »… Ce bout de phrase – « quel que soit le moment où elles auront lieu… » – a retenu l’attention de certains, croyant y voir un signe que le FDF et le MR imaginent bel et bien une crise gouvernementale au printemps 2010, sur BHV et le communautaire, sujet de prédilection.

Procès d’intention et plans sur la comète ? Quatre mois pour le dire.

Les germanophones volent au secours de la Belgique

Avec Karl-Heinz Lambertz, leur ministre-président, les parlementaires germanophones ont fait durer le suspense : après, successivement, leurs homologues de la Communauté française, de la Cocof (la commission communautaire francophone à Bruxelles) et le parlement wallon, allaient-ils voter à leur tour la procédure en conflit d’intérêts à même de bloquer la proposition de loi flamande de scission de BHV, toujours pendante à la Chambre ? Et la neutraliser pour une nouvelle période de 120 jours ouvrables ? Ce qui doit permettre à Herman Van Rompuy (lire ci-dessus) de tenter l’impossible : régler l’épineux problème Nord-Sud…

La réponse est tombée lundi à 21 h 20… Le parlement germanophone, réuni à Eupen, a voté le conflit d’intérêts. Avec la majorité requise : 22 voix pour, deux contre (les deux représentants de Vivant) et une abstention, celle du sénateur PFF (libéral) Bernd Collas.

Du côté d’Ecolo, Franziska Franzen a précisé que le groupe ne prenait pas position « pour les francophones et contre les flamands » et ne se positionnait donc pas sur le fond mais entendait donner un nouveau délai au fédéral. « L’important était de donner du temps et de l’espace de négociation pour trouver une solution négociée », a pour sa part mentionné Charles Servaty (SP).

Enseignement

Motions de défense en périphérie

Après celui de Drogenbos vendredi, le conseil communal de Linkebeek, dans la périphérie bruxelloise, avait lundi soir à son ordre du jour une motion qui, elle également, demande à la Communauté française d’organiser matériellement et financièrement l’enseignement francophone des six communes à facilités.

Cette motion fait suite au vote du parlement flamand, la semaine dernière, d’un décret attribuant à la Communauté flamande l’inspection pédagogique dans les écoles francophones situées dans les communes à facilités. Le bourgmestre (non nommé) de Linkebeek, Damien Thiéry, a plaidé la cause. Son parti, le FDF, est à la manœuvre. Olivier Maingain et les siens ont d’ailleurs convoqué une conférence de presse ce mardi, avec les échevins de l’enseignement des communes concernées.

BELGA,COPPI,DAVID
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