La pollution a atteint le Danube

Environnement Le retour à la normale pourrait prendre des années

Visitant le village de Kolantar, jeudi, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a qualifié d’une phrase l’ampleur du désastre qui frappe la région : « Il faudra probablement ouvrir un nouveau territoire pour les habitants du village et raser cette partie du village à tout jamais, car il est impossible de vivre ici. » Quatre jours après la rupture du réservoir de boues toxiques d’une usine d’aluminium, à Ajka (160 km à l’ouest de Budapest) faisant 4 morts et plus de 150 blessés, les premiers poissons morts ont été aperçus sur le Danube. Il n’a pas fallu longtemps avant que le flot hautement alcalin envahisse la rivière Marcal, transite par la rivière Raab et déboule dans le deuxième plus long fleuve d’Europe.

La pollution menace désormais les pays riverains du Danube : Croatie, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Ukraine et Moldavie.

La Marcal est désormais une rivière morte. Tout l’écosystème a été détruit par les boues rouges. Selon le directeur du WWF hongrois, Gabor Figecky, « il faudra du temps avant que la vie revienne, de trois à cinq ans ». Les efforts pour faire baisser le pH de l’eau (la mesure de son acidité ou de sa basicité) en y versant de l’acide acétique et du plâtre n’ont pas suffi. Le pH mesuré là où les boues ont rejoint le Danube s’élevait à 9,1 contre 8 (sur une échelle de 14) pour la normale. Des experts du gouvernement hongrois jugent que le fleuve échapperait à la « catastrophe écologique » si le ph de l’eau reste sous le chiffre de 10. Ils placent leur espoir dans le fait que le débit du grand fleuve permettra de diluer la pollution.

La Hongrie se débrouillera

Environ 1 million de mètres cubes de boues toxiques – hautement chargées en soude, qui sert à séparer la bauxite de l’alumine – se sont échappés du réservoir de 300 mètres sur 450. Selon l’organisation écologiste Greenpeace, il s’agit « d’un des trois plus graves désastres écologiques de ces 20 dernières années ». Outre l’impact immédiat sur la faune et la flore, la toxicité des boues posera des problèmes à long terme, contaminant les terres agricoles et risquant de polluer les eaux souterraines.

La Commission s’est dite prête à apporter son aide à la Hongrie et aux pays limitrophes. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a répondu que « la Hongrie est un pays assez fort pour pouvoir combattre les effets d’une telle catastrophe toute seule, par conséquent, nous n’avons pas besoin d’une aide financière provenant de l’étranger ». Le pays est toutefois ouvert à toute expertise permettant de lutter contre les effets de la pollution, a-t-il dit.

DE MUELENAERE,MICHEL,ASSOCIATED PRESS
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