« Fin de l’ère berlusconienne »

Italie Lourde défaite des amis du chef du gouvernement aux élections locales

à Milan, les partisans de Giuliano Pisapia, le nouveau maire de centre-gauche, sont vite descendus dans les rues pour fêter leur victoire. © ap.

Rome

De notre correspondante

Il était exactement 17 h 40, moins de trois heures après la fermeture des urnes, lundi, lorsque le nouveau maire de Milan, « l’avocat gentil » comme certains l’ont surnommé, le candidat de la gauche Giuliano Pisapia, a pris la parole, en direct, sur la troisième chaîne de la RAI – celle de l’opposition. Sa victoire ne faisait déjà plus aucun doute, même si on n’avait pas encore le score définitif, puisque l’écart entre ses résultats et ceux de Letizia Moratti du PDL (« Peuple des libertés ») était de plus de 10 points : 55,1 % contre 44,9 %. « Milan avait besoin d’un changement, l’issue des élections en est la preuve. Nous avons libéré Milan. Maintenant nous devons aller de l’avant », a-t-il déclaré, très ému, en remerciant ses électeurs et en affirmant qu’il sera le maire de tous les Milanais.

« Tsunami »

Quelques minutes plus tard, c’était au tour du nouveau maire de Naples, Luigi De Magistris, ancien magistrat, membre du parti créé par l’ex-juge Antonio Di Pietro, « L’Italie des Valeurs », d’annoncer le début d’une nouvelle ère pour Naples. Libérée elle aussi, de la Camorra, des ordures et de tant d’autres maux… A Naples, malgré un abstentionnisme particulièrement élevé, signe évident de malaise et de protestation contre la mauvaise administration de la gauche, pendant des années, De Magistris a battu son adversaire à plates coutures : 65 % contre 35 % pour l’entrepreneur du PDL Gianni Lettieri. Un véritable triomphe auquel personne ne s’attendait. Tout comme on ne s’attendait pas à une victoire de la gauche, ni à Trieste ni à Cagliari, où le jeune Massimo Zedda (35 ans) du SEL (le petit parti de Nichi Vendola, « Gauche, Ecologie et Liberté ») a obtenu 59,4 % des voix. Jusqu’ici, Cagliari avait toujours été administrée par le centre-droit.

Tandis qu’à Milan, sous un soleil doré, la Piazza Duomo se colorait d’orange, couleur de « la révolution » de Giuliano Pisapia, pour fêter la victoire, à Naples, on n’a même pas attendu la tombée de la nuit pour lancer les feux d’artifice ! A Rome, place du Panthéon, le plus important parti du centre gauche, le PD (Parti démocrate), fêtait toutes ces victoires de la gauche qui ont dépassé toutes les prévisions les plus optimistes même si, en réalité, ni Pisapia, ni De Magistris, ni Zedda ne sortent de ses rangs. Ce qui n’a pas empêché le secrétaire du PD, Pierluigi Bersani, de lancer un appel au gouvernement de Silvio Berlusconi pour qu’il démissionne, étant donné la nouvelle situation. « Il est évident que le centre droit n’a plus la majorité dans ce pays », a-t-il souligné. A gauche, on se souvient qu’il y a dix ans, le chef du gouvernement à l’époque, le leader de gauche Massimo D’alema, avait démissionné à la suite d’une défaite aux élections locales. Or, Silvio Berlusconi avait présenté ces élections, du moins au début, comme un référendum pour ou contre lui. Le président de la Chambre, Gianfranco Fini, le « dissident » qui a fondé un nouveau parti de centre droit et a certainement contribué à la défaite des candidats du PDL a, pour sa part, décrété « la fin de l’ère berlusconienne »

tandis que, dans les petits partis centristes, on a parlé de « tsunami ». Au PDL, on préfère minimiser et mettre l’accent sur la faiblesse des candidats. Seul le coordinateur du PDL, l’ex-ministre de la Culture Sandro Bondi, éternel bouc émissaire, a de nouveau démissionné.

LUKSIC,VANJA

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